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SUR LES OBJETS INTENTIONNELS (1893-1901)
HUSSERL / TWARDOWSKI
VRIN
53,00 €
Épuisé
EAN :9782711611737
Ce recueil de traductions voudrait rappeler au public français que la phénoménologie transcendantale de Husserl est sortie tout entière de l'Ecole de Brentano, non seulement dans la délimitation de sa problématique originaire, mais jusque dans le choix des moyens techniques auxquels elle a dû recourir pour les résoudre. En 1894, paraît à Vienne un bref opuscule d'un autre jeune élève de Brentano, Kasimir Twardowski, qui soulevait une difficulté centrale dans la théorie de l'intentionnalité, puisqu'il s'interrogeait sur le statut précis des "contenus" que les "actes" psychiques peuvent se représenter, en dehors de toutes correspondance avec les "objets" qui, eux, existant véritablement. La lecture extrêmement attentive que Husserl fit aussitôt de ce petit livre eut sur toute la suite de son évolution une importance capitale, puisqu'après avoir rejeté, dans un long fragment inédit intitulé Objets intentionnels, la fameuse "triade" introduite par Twardowski, il devait la réintroduire en 1913 dans les Idées I, avec la notion de noème, pour finir même, dans la Crise de 1936, par attribuer une fonction initiatique primordiale au non moins fameux " paradoxe des représentations sans objets ". Le lecteur trouvera donc dans ce recueil toutes les pièces du dossier majeur de la confronatation Husserl-Twardowski, au moment où elle s'est amorcée, de 1893 à 1901.
Les textes rassemblés dans ce recueil, parmi les tout derniers écrits par Husserl, constituent le véritable testament du fondateur de la phénoménologie. Ils présentent une analyse originale et radicale des spécificités de l'activité philosophique. A partir d'une méditation sur le sens de l'" institution originaire " de la philosophie dans la Grèce antique, ils nous découvrent l'unité téléologique de l'ensemble de l'histoire de la philosophie. Ils réaffirment la dimension éthique de cette " tâche " inachevée que représente la philosophie et soulignent son importance cruciale pour notre rapport à l'Histoire.
«L'analyse de la logique, comprise au sens large de doctrine de la science (Wissenschaftslehre), vise à en fixer les limites et à clarifier ses rapports avec la psychologie, la mathématique et la métaphysique. Par là se dégage tout d'abord le concept de logique formelle ou mathesis universalis.Mais la question logique se radicalise ensuite et s'élargit de plus en plus, au point d'impliquer l'ensemble de la recherche phénoménologique (notamment l'analyse du temps, de la conscience) dans le projet fondamental d'une critique de la raison exigeant de passer de la connaissance naturelle à la philosophie phénoménologico-transcendantale. La méthode de réduction qui permet ce passage est requise pour répondre à une interrogation métaphysique sur le sens et la possibilité d'une connaissance absolue, d'une connaissance qui atteigne effectivement un être transcendant.
Le passage du réalisme des Recherches logiques de 1901 à l'idéalisme des Idées de 1913 a été le plus souvent très mal compris à l'époque et interprété à tort comme un reniement par Husserl de ses prises de position antérieures. La publication des Leçons sur le temps de 1905 et celle des Leçons sur l'espace de 1907 avaient dèjà montré qu'il ne s'était agi là que de l'approfondissement de la même problématique, celle des "vécus intentionnels", mais qui ne pouvait plus désormais rester en l'état, parce que les problèmes de constitution qu'elle traitait exigeraient l'emploi d'une méthode rigoureuse. Ces Leçons sur la théorie de la signification de 1908 confirment cette certitude, puisqu'en reprenant de façon systématique l'étude du langage, Husserl y a été conduit à donner à sa théorie de la réduction sa formulation la plus radicale, avec une opposition entre ce qui est "phénologique" du côté des "apparitions" et ce qui est "phénoménologique" du côté des "apparaissants".
Le texte de Husserl dont nous proposons la traduction française a été publié une première fois en 1962 puis une seconde fois en 1968 par Walter Biemel dans le tome IX des Husserliana sous le titre : Phänomenologische Psychologie, Vorlesungen Sommersemester 1925. La présente traduction comprend donc les leçons éponymes du volume qui remontent au semestre d'été 1925, ainsi que différents textes non traduits jusqu'alors dont, en particulier, la quatrième version de l'article pour l'Encyclopedia Britannica et les Conférences d'Amsterdam, textes qui nous ont paru pouvoir illustrer les rapports complexes de la psychologie et de la phénoménologie. En effet, le statut de la psychologie dans l'économie de la démarche phénoménologique apparaît au premier abord extrêmement embrouillé, et il semble difficile de conférer un sens univoque à l'idée de "psychologie phénoménologique". Aussi l'un des mérites des leçons de 1925 réside-t-il sans doute dans la présentation systématique de cette psychologie dont Brentano et Dilthey sont pour Husserl les précurseurs. A quels traits distinctifs reconnaît-on la psychologie phénoménologique ? Celle-ci repose-t-elle sur la seule analyse eidétique des vécus intentionnels ? Si le déploiement de la phénoménologie transcendantale est inséparable de la réduction, la psychologie phénoménologique n'exige-t-elle pas à son tour une attitude spécifique distincte des attitudes naturelle et transcendantale ? Telles sont les questions que cet ouvrage permet de poser, sans peut-être toujours y répondre. On ne saurait sous-estimer leur importance, s'il est vrai que le projet husserlien d'une psychologie phénoménologique ouvre un champ de recherches fertile comme l'ont montré les travaux de Sartre, de Merleau-Ponty ou encore de Binswanger.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.