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Katrina, 2005 . L'ouragan, l'Etat et les pauvres aux Etats-Unis
Huret Romain
EHESS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782713222689
En 2005, l'ouragan Katrina transforme La Nouvelle-Orléans en ville sinistrée. Pourtant rompus à ce type de désastre, les habitants désemparés s'attendent à une réponse humanitaire de la part de l'administration de George W. Bush. Mais celle-ci diffère son intervention, préférant assurer une sécurité militaire totale avant d'accepter le déploiement des aides. La polémique enfle, dénonçant la désorganisation étatique, le racisme, le mépris des pauvres et la morgue des élites. Inertie programmée ou raté bureaucratique? Au-delà du scandale civique, Romain Huret démontre que Katrina est le résultat de la politique sociale de l'Etat contractuel, mis en place depuis les années 1980 par les conservateurs au pouvoir. En déployant la longue chaîne des choix politiques à l'origine de la catastrophe, en particulier la privatisation des services publics, il rappelle les coûts sociaux de politiques privilégiant la sécurité militaire au détriment de la sécurité sociale.
Résumé : Une démocratie modèle ou l'histoire d'un rêve à bout de souffle ? Depuis une vingtaine d'années, aux Etats-Unis, les résultats des élections présidentielles sont systématiquement contestés. Chaque camp considère aujourd'hui que l'autre est un danger pour la démocratie, quitte à marcher sur le Capitole ou à assassiner un candidat pour la sauver. Prise en otage par les démagogues de tout poil, la démocratie américaine fait face à des défis inédits. Elle n'a jamais semblé si fragile. Risque-t-elle de s'effondrer ? Que reste-t-il de cet idéal ? Peut-elle, une fois encore, se réinventer ? En 30 questions-réponses, Thomas Snégaroff et Romain Huret remontent aux fondements de la démocratie américaine et nous donnent les clés pour comprendre la situation actuelle. Un ouvrage clair et accessible, avec des cartes, des infographies et des textes de référence.
Est-il possible de supprimer définitivement la pauvreté aux États-Unis? Telle est la question que se posent les experts dans l'Amérique prospère de l'après-Seconde Guerre mondiale. Avant de chercher des solutions concrètes, il leur faut mettre en forme le problème en définissant à l'aide d'outils statistiques et économiques la pauvreté comme relative et involontaire. La fixation de seuils de pauvreté et le ciblage de catégories spécifiques permettent de mieux appréhender la nature de la pauvreté aux Etats-Unis. Longtemps souterrain et secret, ce travail scientifique trouve un relais politique dans les années 1960 lorsque les administrations démocrates de John Kennedy (1960-1963) et Lyndon Johnson (1963-1968) adoptent le principe d'une guerre contre la pauvreté. Mais la prise de décision politique n'entraîne pas l'adoption des formes fiscales et monétaires de redistribution des revenus prônés par les experts. Cet échec annonce la permanence de la pauvreté dans le pays, une réalité de plus en plus visible dans l'espace public de l'Amérique contemporaine Biographie de l'auteur Historien des Etats-Unis à l'époque contemporaine, Romain Huret est conférencier à l'université de Lyon II et est membre de Centre d'Etudes nord-américaines de l'EHESS
Résumé : Le 1er avril 1935, dans une salle bondée d'un austère bâtiment administratif de la ville de Pittsburgh, débute un étonnant procès qui fait la couverture des journaux pendant plusieurs mois. Agé de quatre-vingts ans, Andrew W. Mellon, richissime banquier et ministre des Finances pendant toutes les années 1920, est accusé par l'administration du président Roosevelt d'avoir fraudé le fisc en détournant à son profit les lois qu'il avait lui-même contribué à instaurer. Si une résolution du contentieux aurait été possible dans la discrétion des bureaux de Washington, au lendemain de la crise de 1929 et en plein New Deal, il a été décidé d'aller au bout de la procédure et d'exposer les malversations fiscales de l'un des hommes les plus puissants du monde. Au fil du procès, le capitalisme états-unien se déploie, révélant les conditions d'enrichissement de quelques-uns au détriment du plus grand nombre. A l'opposé des discours d'autocélébration des grands financiers et capitaines d'industrie, ceux-ci doivent leur fortune beaucoup plus à des lois qu'à leur génie ou leur flair des affaires. Ces débats, contradictoires et passionnés, fascinent la population car ils ébranlent le contrat social républicain. A la manière d'un thriller juridico-financier, Romain Huret retrace cette histoire oubliée qui a conduit des millions d'Américains à interroger le rôle de l'Etat, la responsabilité sociale des élites et la perpétuation des inégalités. Sa résonance avec la situation contemporaine donne à comprendre la manière dont le capitalisme met à l'épreuve les principes mêmes de la démocratie.
Richard Nixon, 37e président des États-Unis, continue de susciter des sentiments passionnés. Homme d'État visionnaire pour certains, individu sans charisme et malhonnête pour d'autres, il a donné naissance à des interprétations différentes et antagonistes de la part des historiens. Romain Huret détaille le parcours de ce fils de petits commerçants californiens, et permet au lecteur de découvrir un homme à part, à la trajectoire non pas météorique comme celle d'un Kennedy mais laborieuse et obstinée, exemplaire par sa capacité à s'insérer dans le fonctionnement de la démocratie américaine... pour le meilleur et pour le pire. Cette biographie analytique révèle les mutations politiques, sociales et culturelles des États-Unis. Au fil des pages, la carrière nixonienne met au jour les transformations de la sociologie de l'électorat, la permanence des pratiques secrètes au c?ur même de l'État et la violence des représentations au sein du débat politique. Richard Nixon n'est en rien " un cas " au sens où l'entendent les psychiatres et les psychohistoriens ; bien au contraire, il nous permet de " penser par cas " l'Amérique du XXe siècle.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".