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La littérature embarquée
Huppe Justine ; Hamel Jean-François
AMSTERDAM
19,00 €
Épuisé
EAN :9782354802714
Qu?est-ce que la littérature à l?époque néolibérale ?Il est devenu presque impossible de dire que la littérature est inutile ou sans effet sur le monde social. Plus question de valoriser sa distance au réel sans prendre le risque de conforter les pensées les plus utilitaristes ou poujadistes. Aussi les tentatives de politisation de la littérature se multiplient-elles depuis le début du siècle, en s?attachant tantôt aux textes comme terrain d?exploration éthique, tantôt à leur capacité d?ouvrir les yeux aux lecteurs et lectrices sur des réalités cachées, tantôt à leur façon de construire des contre-récits au storytelling ambiant. Chacun à sa manière, ces paradigmes entendent rappeler que la littérature est une question foncièrement politique. Mais qu?est-ce à dire ?Tel est le problème que voudrait clarifier cet essai. S?appuyant sur des ?uvres récentes et prenant pour prétexte le mot de Pascal (« Cela n?est pas volontaire, vous êtes embarqué »), il arrime tout texte littéraire aux situations et aux rapports de force dans lesquels il est pris jusqu?au cou : c?est la littérature embarquée. Il s?emploie à décrire les conditions économiques et sociales qui stimulent et contraignent la littérature française contemporaine, entre sentiment d?impuissance et récupérations néolibérales. Enfin, il esquisse une proposition théorique fondée sur la condition des auteurs en tant que producteurs ? suivant l?adage emprunté à une banderole du mouvement Art en grève : « artistes 2 merde, politisez-vous. »
Demoulin Laurent ; Huppe Justine ; Provenzano Fran
Je voudrais également terminer en disant qu'il y a certes pour moi dans cette question de l'influence de l'intérêt intellectuel, littéraire, philosophique, vous l'aurez deviné. Mais il y a peut-être aussi de l'intéressement psychologique, affectif, social aussi (comprenne qui pourra) : c'est que l'influence - et la littérature nous l'enseigne au mieux - touche à notre identité, à ce dont nous sommes faits, à ce qui nous constitue au : cours d'une existence, à savoir ce mixte et cette pluralité de voix qui parlent en nous, d'images qui nous façonnent, de conduites qui nous construisent, de modèles qui nous habitent. Occasion pour moi de saluer quelques-uns parmi vous ici présents qui ont immanquablement joué ces rôles d'influenceurs, qu'ils soient parents, amis, professeurs, collègues." C'est par ces mots que, le 7 mars 2019, Jean-Pierre Bertrand terminait sa leçon inaugurale à la Chaire Francqui décernée par l'université de Namur, et consacrée à "l'influence en littérature", le grand chantier de recherche qu'il ouvrait alors. Son décès inopiné, en mars 2022,a laissé ce projet inachevé et nous a plongés dans un état de tristesse et de sidération. Ce volume voudrait rendre hommage à Jean-Pierre Bertrand et poursuivre ses réflexions, en reprenant avec lui les idées et les manières de faire auxquelles il nous a fait tenir. Les contributions ici rassemblées proviennent de collègues et d'amies qui l'ont connu, et ont voulu cultiver son influence. Sous forme d'influx, en s'inspirant de ses hypothèses de travail pour les mettre à l'épreuve de nouveaux terrains. Sous forme de reprises, en essayant de prolonger des pistes qu'il a ouvertes. Sous forme d'échos, en renouant les liens humains, toujours vivants, qui rendent son travail si personnel, et si attachant.
Quand une sainte ne saigne pas, elle écrit." Et parfois aussi elle : triomphe dans un procès, tient tête (et yeux et dents), se bat en armure, prend la pose, parle avec les animaux, emporte nos superstitions, donne du courage aux malades, protège les putes, fume le cigare, expose sa pilosité, trouve de l'or dans le fumier du...
Avec Etats d'âme, premier recueil de poèmes sans rimes, Iocasta Huppen aborde une palette large de thématiques dont l'enfance, l'amour, la philosophie, la poésie engagée, les saisons. La dernière partie est consacrée aux phrases poétiques dont Félix Boulé, dans sa préface, explique que " ce sont des formes brèves, certaines ayant la rythmique du haïku, mais n'en sont pas (...). Et de ces "presque haïkus", l'auteure fonde un genre nouveau (...) ". Ce recueil, fruit d'une grande vigilance aux détails du quotidien, non moins qu'aux mouvements de la vie des natures humaines, animales et végétales, est d'une qualité certaine conduite simplement mais eficacement et selon une belle vision en ce monde. " Philippe Tancelin
Ce livre est un atelier, un guide d'écriture de la poésie brève d'influence japonaise. Il s'inspire des différents ateliers que Iocasta Huppen anime. A la lumière de son expérience, elle s'est rendue à l'évidence que, malgré la profusion d'informations à ce sujet, il existe bel et bien une façon incorrecte d'écrire. La ligne directrice de cet ouvrage est de rendre son contenu accessible à un large public à travers des fiches techniques, des textes personnels analysés, des conseils et astuces. En dehors de la qualité certaine de ces courts poèmes, le grand intérêt de l'ouvrage réside dans la dimension didactique qui est sienne et est très importante compte tenu des plus grandes confusions faites à propos du Haïku en particulier et par celles et ceux qui voudraient s'en inspirer.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.