Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent
Hugrée Cédric ; Penissat Etienne ; Spire Alexis
AGONE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782748903331
Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l'expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n'ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s'est accompagnée d'une occultation de la déstabilisation des classes populaires. Alors que la crise économique et les politiques néolibérales incitent les peuples des pays européens à se replier sur leurs frontières, cet ouvrage pose la question de ce qui rapproche ou distingue celles et ceux qui travaillent sur le vieux continent. A partir de données statistiques et d'enquêtes inédites, il prend le parti de penser l'Europe en termes de classes sociales, rendant visibles les rapports de domination. Une étape nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d'un mouvement social européen.
« Démunis », « exclus », « nouveaux pauvres »? À l?heure où les conséquences économiques et sociales de la crise financière fragilisent ceux qu?un ministre avait un temps désignés comme « La France d?en bas », Philippe Alonzo et Cédric Hugrée reviennent sur les travaux et enquêtes sociologiques qui ont forgé la catégorie de « classes populaires » et en ont fait un outil pour décrire et comprendre le monde social. Cet ouvrage retrace tout d?abord les débats sociologiques liés à la définition du « populaire ». Il revient ensuite sur les approches et les enquêtes qui ont analysé les transformations et permanences de ces milieux sociaux: depuis leurs rapports au politique, en passant par le travail et l?emploi, sans oublier leurs styles de vie et l?école.
Les usages sont omniprésents. Chaque jour, il en naît et il en meurt. Leur prise en compte est, de ce fait, une nécessité, souvent implicite. L'ouvrage poursuit donc deux objectifs. Il s'agit d'une part de formaliser l'emploi des usages en une méthode de diagnostic et, d'autre part, d'analyser les conditions d'utilisation de la méthode ainsi créée. Cette analyse embrasse aussi bien ses possibilités opérationnelles, en particulier en matière de concertation, que son positionnement vis-à-vis des aides à la décision multicritère ou dans une démarche de projet. Pour ce faire, le contexte général de la gestion des problèmes environnementaux à l'échelle locale est abordé, les processus de décision et la comparaison avec les analyses multicritères sont exposés et quelques éléments relatifs, pour l'essentiel, aux points de vue des acteurs, sont pris en compte. Enfin, l'ouvrage présente un exposé détaillé de la méthode, et son insertion dans un projet. Complétant ainsi les méthodes déjà disponibles, cet ouvrage s'adresse aux étudiants et aux professionnels intéressés par la prise en considération de l'environnement au plan local ainsi que par les problèmes de management environnemental. Sommaire - ENJEUX. - Contexte évolutif sur un temps long. - Acteurs et gouvernance. - Synthèse. - DIAGNOSTIC ET PRISE DE DECISION. - Diagnostic environnemental. - Elaboration du projet et aide à la décision. - Diagnostic et analyse multicritère : les étapes d'une démarche. - DES IDEES A L'ACTION. - société, nature et technique : questions de principe. - Société, nature et technique : questions de contexte. - Société, nature et technique : questions de représentation. - Avis d'experts : trois exemples. - DIAGNOSTIC PAR LES USAGES. - Procédure de diagnostic par les usages. - Communication et règles du jeu.
Résumé : La crise sanitaire et sa gestion au sein des universités françaises ont révélé et renforcé un nouveau régime de sélection scolaire. Jamais la France et son système scolaire n'ont autant diplômé et pourtant jamais les savoirs n'ont été aussi inégalement transmis. D'un côté, les études universitaires se sont banalisées parmi les enfants issus des classes populaires, en premier lieu les jeunes femmes. De l'autre, les dispositifs adoptés pour lutter contre l'échec en licence ont échoué, au point de laisser de nombreux étudiants seuls face à leurs difficultés scolaires. Comment conduire 50 % d'une classe d'âge au niveau de la licence quand le budget par étudiant chute depuis 15 ans à l'université ? Le néolibéralisme scolaire n'envisage que la sélection, la hausse des frais d'inscription, la concurrence entre établissements et la professionnalisation des formations. Face à la détérioration des conditions d'enseignement, la suppression de Parcoursup ne suffit pas. Cet ouvrage replace la transmission des savoirs universitaires au coeur du débat ; il montre l'urgence et la nécessité de lutter contre la différenciation des filières scolaires, à commencer par l'instauration d'un baccalauréat de culture commune, à la fois littéraire, scientifique et technologique.
Résumé : Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement et méthodiquement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué. Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines, qui font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation pour Apple, Sony, Google, Microsoft, Amazon, etc. En 2010, elles ont été le théâtre d'une série de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production, une taylorisation extrême, l'absence totale de protection sociale et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs où vivent les ouvriers. Ce livre propose quelques éléments d'analyse du système Foxconn à partir du portrait que fait la sociologue Jenny Chan d'une ouvrière qui a survécu à sa tentative de suicide en 2010. Complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, il retrace également le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans "L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan".
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.