Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les mots qui font peur. Vocables a bannir de la Toile en chine
Hsi Hsuan-Wou ; Reeve Charles
INSOMNIAQUE
7,10 €
Épuisé
EAN :9782915694550
On sait que, craignant la contagion des soulèvements arabes, la très active et très paranoïaque censure chinoise a interdit sur les moteurs de recherche locaux les mots "Tunisie", "Egypte" et même "jasmin", après "Tibet" et "droits de l'homme"... Comme tout finit par se savoir en ce cybermonde, nous avons eu accès en quelques clics à un document officiel chinois, aussi confidentiel qu'instructif : une liste établie par la police de l'Internet et répertoriant par avance les vocables à censurer dans l'espace électronique dès les premiers balbutiements d'une révolte redoutée. C'est un extrait de cet inventaire des mots faisant peur au pouvoir chinois que nous publions ici. Afin de dissiper quelque peu les ténèbres qui couvrent la situation sociale en Chine, nous avons simplement ajouté nos propres commentaires aux nébuleuses raisons alléguées par les cyberflics. Car, nul n'en peut plus douter, des troubles d'une ampleur inédite menacent le fameux "socialisme de marché" et pourraient avoir sur la marche de l'économie mondiale, déjà bien boiteuse, des effets d'une ampleur phénoménale.
On travaille trop et on gagne de moins en moins... Après les"réformes', les systèmes d'aide sociale et les primes ont disparu, les heures supplémentaires ne sont plus payées, la corruption a grandi. Nous avons fait grève il y a quelques mois. Les médias n'en ont pas dit mot. Nous n'avons rien obtenu. (...) De toute façon "les réformes" ne vont pas dans le bon sens! En haut, elles ont favorisé la corruption des fonctionnaires du parti; en bas, les inégalités se creusent et les difficultés des conditions de vie s'accroissent ". Mme Meng, ouvrière de Shanghai. Ce témoignage rappelle que la Chine d'aujourd'hui n'est pas un monde séparé, mais la caricature bureaucratique du modèle libéral présenté ici comme notre avenir indépassable. Outre Mme Meng, les auteurs ont rencontré sur place et à Paris une trentaine de Chinoises et de Chinois. Cette série d'entretiens sur le vif, réalisés à quelques mois des Jeux olympiques, brosse un tableau saisissant du nouvel" atelier du monde ". Elle montre le vrai visage de la" société harmonieuse "avec sa" croissance à deux chiffres ". On découvrira ainsi le pays de la répression concentrationnaire, des ONG pseudo-écologistes et de la surexploitation généralisée qui menace les millions de paysans déracinés, travailleurs précaires des zones franches et autres victimes de la pollution durable. Biographie: Charles Reeve, déserteur devenu électricien, est l'auteur de nombreux essais, dont Le tigre de papier. Sur le développement du capitalisme en Chine [1949-1971] (Spartacus, 1972). Hsi Hsuan-wou, ancien enseignant devenu traducteur et plombier, a collaboré à la rédaction du fameux Révo. cul. dans la Chine pop. Anthologie de la presse des gardes rouges (10/18, 1974). Reeve et Hsi ont écrit ensemble, il y a onze ans, un premier récit de voyage en Chine: Bureaucratie, bagnes et business (L'Insomniaque, 1997)."
Cette anthologie de nouvelles taïwanaises est une anthologie familiale. Les pièces recueillies sont l??uvre de Chu Hsi-Ning et de ses deux filles Chu T?Ien-Hsi et Chu T?Ien-Wen. Chu Hsi-Ning (1927-1998), « émigré » du continent, fut une figure marquante de la littérature taÏwanaise des années 50 et 60. Ses nouvelles, hautes en couleur, sont écrites dans un langage vivant et mettent en scène des personnages au tempérament fort, sur fond de campagnes chinoises traditionnelles. Ses filles, Chu T?Ien-Hsi et Chu T?Ien-Wen, ont à leur tour acquis une grande notoriété dans le milieu littéraire taïwanais. Leur situation de « continentales », sur une île où le sentiment indépendantiste s?est affirmé au fil des décennies, a été pour elles une source d?inconfort, mais aussi un poste d?observation privilégié. Luttant contre l?emprise des discours politiques, qu?ils soient nationalistes ou nativistes, elles écrivent de manière distanciée et ironique sur la société qui les entoure et sur le passage du temps. Le mémoire est du reste un des thèmes majeurs de l??uvre de Chu T?Ien-Hsin (née en 1958), laquelle, depuis une décennie, a abandonné la narration traditionnelle au profit de textes réflexifs, où elle engage un dialogue directe avec le lecteur. Chu T?Ien-Wen (née en 1956) ? à qui l?on doit par ailleurs la plupart des scénarios des films de Hou Hsia-Hsien ?, s?exprime, quant à elle, dans un style sensualiste et raffiné. Ce recueil comprend neuf nouvelles: - de Chu Hsi-Ning: Le fer en fusion (1961), La Nouvelle tombe (1957) et Sur la charrette (1957) - de Chu T?Ien-Hsin: Le dernier train pour Tamsui (1984), Je me souviens (1987) et Le chevalier de la Mancha (1994) - de Chu T?Ien-Wen: Plus de paradis (1982), La cité de l?été brûlant (1987) et Le bouddha incarné (1990).
Wobblies: militants syndicaux des Industrial Workers Of TheWorld (IWW) qui sillonnaient, au début du XXe siècle, lecontinent nord-américain pour organiser les luttes destravailleurs non qualifiés: immigrés de fraîche date et Noirs,ouvrières du textile et journaliers de l'agriculture, mineurs defond et bûcherons... Ils pratiquaient la grève sauvage et lesabotage, prônaient l'unité de tous les pauvres et rêvaient detransformer, par la grève générale et l'abolition du salariat,l'enfer industriel et marchand en une terre de cocagne, deliberté et de dignité. Ils furent sans répit pourchassés, passés àtabac, emprisonnés, expulsés, flingués par les forces alliées dupatronat et de l'Etat. Hobos: vagabonds du rail américains quiallaient de ville en ville vendre leur force de travail. Ilsvoyageaient en passagers clandestins dans des wagons demarchandises et se regroupaient, le soir venu, à l'extérieur desvilles dans des campements sauvages, communautésautonomes temporaires où régnait la plus stricte égalité. Leurspérégrinations se confondirent bien souvent avec celles desWobblies - et ces chevaliers errants en guenilles, méprisés parles repus comme par les résignés, harcelés par toutes lespolices, constituèrent pour les IWW un précieux vivierd'aventuriers épris de liberté et assoiffés de justice sociale.
En 1821 eut lieu dans la campagne anglaise un combat épique entre le Boucher de Bristol et le Gazier, deux pugilistes qui différaient tant par le style que par la stature. Plus de 20 000 amateurs y assistèrent, plus de 150 000 livres sterling changèrent de mains. Il fallut dix-sept rounds, âpres et sanglants, pour les départager. A l'époque, les matchs se disputaient sans gants et duraient parfois plusieurs heures, les rounds ne se terminaient que lorsqu'un des combattants tombait à terre et ne pouvait se relever, et les k. -o. se comptaient en trente secondes. Le pugilat était encore un spectacle héroïque et sanglant C'est à ce spectacle qu'accourt avec enthousiasme William Hazlitt, féru de boxe, de vaillance et de truculence populaire. La narration pleine d'esprit qu'il en fait, aussi subjectifve qu'instructive, demeure l'un des plus beaux textes jamais écrits sur l'art pugilistique. William Hazlitt (1778-1830) a laissé le souvenir d'un polémiste acerbe doublé d'un esthète érudit et éclectique, s'opposant aux castes qui gouvernaient alors le Royaume-Uni et y étouffaient l'esprit critique. Ses Propos de table et ses essais philosophiques révèlent une perspicacité psychologique singulière à l'aune des littérateurs de son temps. C'est ce discernement teinté d'ironie que l'on retrouve dans ses chroniques de la société anglaise au temps du romantisme et de la révolution industrielle, telles que Le Pugilat (1822). Cet ouvrage en quadrichromie est en outre assez richement illustré de gravures d'époque et précédé d'un avant-propos qui dresse un tableau de la boxe anglaise avant l'adoption des règles dites du marquis de Queensbury, lesquelles prévalent encore largement de nos jours. Ce petit récit malicieux intéressera autant les amateurs de littérature que les aficionados du noble art.
Machiavel Nicolas ; Guiraudet Toussaint ; Della Bo
Florence, été 1378 : les ouvriers de la laine s'insurgent contre l'oligarchie qui gouverne la république toscane. Ils réclament une répartition plus équitable des revenus de l'industrie textile et une démocratisation du système corporatif qui régit la cité. Ils s'emparent de la ville et imposent de nouvelles institutions plus égalitaires. Trahis par leurs alliés au sein de la bourgeoisie ascendante, ils perdront, après une répression féroce, tout ce qu'ils ont conquis. Puis les anciens maîtres reviendront, chassant les démagogues qui ont manipulé et dupé le petit peuple. "Qu'on se garde d'exciter une sédition dans une ville en se flattant de pouvoir l'arrêter ou la diriger à sa volonté". Telle est la célèbre maxime qu'illustre Machiavel dans le récit de cette première révolte ouvrière majeure de l'histoire. Ce récit prenant et magistral vient comme une évidence côtoyer les autres titres de la collection Petites Insomnies, vouée aux petits classiques de la subversion à travers les âges. Il contient notamment la célèbre harangue aux Ciompi, diatribe très incendiaire dans laquelle Machiavel se drape dans les haillons d'un tribun du peuple pour mettre en garde les puissants contre les nouveaux dangers qui menacent leur domination et tout l'ordre social. C'est un toute autre Machiavel que celui du Prince qui se révèle dans ces lignes, tirées des Histoires florentines : ici la plèbe des villes n'est plus seulement une masse que l'on trompe et manipule, c'est l'acteur majeur de l'histoire, comme aux temps des Gracques ou des révolutions populaires de siècles plus récents.