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Humains, non humains. Comment repeupler les sciences sociales
Houdart Sophie ; Thiéry Odile
LA DECOUVERTE
27,40 €
Épuisé
EAN :9782707165190
Objets techniques, procédures, règlements, animaux, végétaux, oeuvres d'art, divinités, matériaux, molécules, nanoparticules, architectures... Comment enquêter sur la pluralité des rôles que jouent pour les humains ces divers "non-humains"? Comment explorer et décrire le vaste registre des relations que les individus et les collectifs humains entretiennent avec cette foule hétéroclite? Ces individus et ces collectifs ne se font-ils pas notamment au travers de ces relations, ne sont-ils pas constitués, pour une part, par ces relations elles-mêmes? Plus de quarante auteurs appartenant à des générations, des disciplines et des courants théoriques variés proposent dans ce livre de montrer comment il est empiriquement possible de "repeupler" les sciences humaines et sociales en explorant la gamme des relations entre humains et non-humains par les moyens de l'enquête ethnographique de terrain. L'ensemble offre au grand public, aux étudiants et aux chercheurs un panorama inédit du résultat de certains renouvellements intervenus dans le paysage des sciences humaines et sociales francophones depuis une trentaine d'années.
Beltrame Tiziana Nicoletta ; Houdart Sophie ; Jung
Microbes, radionucléides, poussières, virus, particules fines, nano-particules... : au fur et à mesure du développement de techniques pour voir et agir à des échelles de plus en plus petites, de nouvelles entités peuplent l'expérience humaine du monde. Peu, voire non visibles, proliférantes, incertaines ou instables, elles émerveillent, elles inquiètent. Elles appellent aussi, parce qu'elles sont trop petites pour être immédiatement ou facilement saisissables à l'échelle du corps humain, à des manières spécifiques de faire avec. Ce numéro fait l'hypothèse qu'en raison de leur taille, les toutes petites entités ont des propriétés, des qualités ou des régimes d'action propres, soit qu'elles forment des mondes singuliers, qui engagent des formes de contact particulières. Comment, et avec quelles prises, fait-on coexister le petit avec l'échelle de perception et de manipulation humaine ? Quelle est la mise au point ou l'alignement nécessaire pour contrôler, contenir, mais aussi pour cohabiter, voire compagnonner avec le petit ? Comment l'émergence de ces mondes infimes remodèle-t-elle en continu nos manières de considérer et traiter ce qui nous entoure ? En choisissant l'échelle du petit comme clef d'entrée pour examiner la gestion de la relation des humains à l'environnement, ce numéro entend interroger les différentes formes d'"existants" qui peuplent désormais notre expérience sociale et cognitive du monde.
Héritière de la tradition des voyages, des découvertes et des explorations - des conquêtes aussi -, l'ethnologie est une discipline jeune mais qui n'a cessé de redessiner les frontières de son territoire d'étude. Si son champ d'analyse s'est longtemps limité aux sociétés dites "primitives", laissant à d'autres disciplines le soin d'élaborer une connaissance du monde occidental moderne, les transformations politiques et sociales radicales du XXe siècle l'ont conduite à une profonde remise en cause de son approche, au point que fut parfois claironnée la "fin de l'ethnologie"... Aujourd'hui pourtant, le regard de l'ethnologue, en se portant sur de nouvelles thématiques, n'a rien perdu de son acuité car il interroge le "vivre-ensemble" : comment se construisent et se disent des manières d'être ensemble ? Comment des individus se reconnaissent-ils en des collectifs distincts les uns des autres ?
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.