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Critique N° 709-710, Juin-Juillet 2006 : Mutants
Hoquet Thierry ; Ruse Michael ; Huneman Philippe ;
MINUIT
15,00 €
Épuisé
EAN :9782707319616
Dans l'imaginaire collectif, les monstres ont disparu, les (super) héros sont fatigués, mais les mutants prolifèrent : en témoignent le retour des X-Men et l'adaptation récente de leurs tribulations dans deux films à succès. Le mutant, l'individu affecté d'une différence spéciale qui le rend unique, est devenu une valeur positive de notre culture. Mais avant d'envahir la bande dessinée et les blockbusters, le mutant renvoie à un concept biologique précis : il désigne une altération du code génétique. Le processus d'évolution, l'adaptation des organismes à leur environnement et leur perpétuel perfectionnement, se comprennent à partir de l'accumulation de mutations favorables conservées par la sélection naturelle. C'est par là aussi que le mutant devient une figure dangereuse : il annonce une forme mieux adaptée, voire plus douée que l'homme. Il manifeste moins un écart par rapport à la norme de l'espèce que son essentielle mutabilité ; il nous rappelle enfin la possibilité qu'elle perde un jour sa position dominante dans la nature, frayant ainsi la voie à ce que certains ont voulu décrire comme le " posthumain ". Ce numéro tente d'articuler ces différents domaines. Au croisement du biologique et du fictionnel, de la science et de l'imaginaire, le mutant s'impose comme une figure symptomatique, sinon prophétique, du monde contemporain. Philosophes, biologistes, spécialistes de la science-fiction, de la " cyberculture " ou de l'art contemporain en décryptent les signes avant-coureurs et les effets de retour parfois inattendus. La mutation est en marche.
Que désigne-t-on en biologie par le mot "sexe" ? Partant de la pluralité des acceptions du mot "sexe", cette anthologie s'intéresse à la manière dont la biologie explique l'origine, l'évolution et la détermination du sexe. Comment le mode de reproduction sexué est-il apparu et se maintient-il par opposition à d'autres modes de reproduction (asexués) ? Comment l'histoire évolutive explique-t-elle l'existence dans une même espèce d'individus de sexes différents, reconnaissables par leurs caractères secondaires distincts ? Comment la génétique tente-t-elle d'expliquer les différences entre les individus ? Ces questions - apparition et maintien du sexe dans l'histoire des vivants, évolution par sélection de caractères distinguant les individus d'une même espèce, facteurs déterminant la différenciation sexuelle des individus - seront traitées successivement dans l'ouvrage. Confrontant des textes historiques, des travaux de biologistes contemporains et des analyses historiques et critiques issues notamment de la tradition féministe, cette anthologie est un outil indispensable pour se demander ce qu'il en est de la différence des sexes, et en particulier de la distinction mâle/femelle, chez les vivants.
« Bodybuilding »: ce titre surprendra, en tête d?un numéro de Critique. Il faut l?entendre avec unepointe d?humour. Mais il recouvre une très sérieuse et très actuelle réflexion sur la construction descorps. Réflexion sur les pratiques, du sport à la chirurgie. Réflexion sur le « souci de soi » au sensfoucaldien, authentique ou abâtardi, dont ces pratiques témoignent. Mais aussi et plus généralement, réflexion sur la nature des corps qui sont les nôtres, au croisement de la biologie et de la société.Nos corps sont construits, tout le monde en convient. Mais jusqu'où s?étend la construction descorps? Et qu?est-ce qu?un corps « naturel »? La philosophe américaine Judith Butler a été l?une des premières à proposer une critique radicale du discours biologique: selon elle, nous ne pouvons faire de distinction entre sexe et genre, entre le biologique et le social; ce que la biologie traite comme le corps « naturel » serait en réalité, de toutes parts, informé de représentations sociales. Nous reprenons ici l?enquête et le débat, avec elle et avec treize autres spécialistes, dans différentsdomaines, de ce bodybuilding que l?on traduirait volontiers: « prise de forme ».
Fécondations in vitro, greffes, clonage, modifications génétiques : le temps est venu de la manipulation de la vie et de l'hybridation du vivant et de la machine. Mais que cache ce mot, "vie", qui dit le plus intime et le plus mystérieux ? Et qui a autorité pour en parler ? Relevant à la fois du champ de l'éthique, du droit, de la science et de la métaphysique, la vie est tantôt décrite par les biologistes comme une somme de phénomènes quantifiables, tantôt assimilée par les métaphysiciens à l'âme, à l'esprit, au souffle. Suis-je en vie parce que mon coeur bat ou parce que j'exerce ma pensée, libre et autonome ? La vie se manifeste d'abord parce qu'il y a des êtres qui se forment, croissent et dépérissent. Est-elle donc toujours la durée qui s'écoule entre la naissance et la mort ? Finalement, faudrait-il se taire sur la vie car elle est un concept si général qu'elle en devient vide de sens, en cela rebelle à toute tentative de définition ? Mieux comprendre la vie, est-ce mieux vivre ?
Cet ouvrage interroge l'histoire naturelle de Buffon comme une philosophie. Par là, nous entendons le corps complet des sciences de la Nature. L'Histoire naturelle présente certes la description d'une collection ou rassemble les témoignages divers rapportés par les voyageurs, mais si elle traite de la terre ou des animaux, c'est d'abord en vue d'élaborer, à partir de ces matières, un système général de la Nature. Par là, elle trouve son coeur dans la physique, ce qui transforme profondément la physionomie du système de philosophie (divisé classiquement selon une logique, une physique, une morale et une métaphysique). Ainsi compris, Buffon défait sa défroque de littérateur, vulgarisateur mondain et populaire pour apparaître indissociablement savant et philosophe : c'est cette figure que nous avons choisi d'analyser.
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Un des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "