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L'AME ATOMIQUE
HOCQUENGHEM GUY
SANDRE
26,00 €
Épuisé
EAN :9782358210881
L'âme en question est une " âme charnelle ", comme disait Péguy ; " l'infini du corps " selon Artaud ; elle voltige et se disperse en atomes, à la manière de celle de Lucrèce. " Nous nous croyons modernes en bannissant ce mot de notre vocabulaire ", écrivent Hocquenghem et Schérer dans cet essai fondateur, paru pour la première fois en 1986 et réédité aujourd'hui. Pour les auteurs, il s'agit de réhabiliter la sensibilité baroque et plus précisément la question de l'âme, enjeu d'une " esthétique d'ère nucléaire " qui puise aux sources du baroque et de ce qu'il y a de meilleur, de révolutionnaire, dans le romantisme à ses débuts. Si l'idée d'âme assure la continuité des dimensions esthétique, poétique et utopique du réel, et le lien de l'individu et du tout, comment rendre une âme à une modernité désenchantée sans verser dans la mythologie ? Comment restituer une âme à un quotidien des plus prosaïque, sans pour autant sombrer dans le sentimentalisme ou le kitsch ? Car l'âme n'a pas succombé sous les coups d'une raison instrumentale triomphante ; elle n'a pas été remplacée par la machine ni par l'électronique : " Elle s'y cache, au contraire, comme dans les jouets et les poupées des enfants - elle est partout où elle n'est pas obligée d'être. "
Guiguet Françoise ; Hocquenghem Guy ; Hornig Diete
Les guides Autrement changent. Ils recentrent et développent les aspects les plus forts de la première édition: aller à la rencontre de la ville à travers ses gens, leurs rituels, leur culture, leurs mots et leurs amours; ils améliorent ce qui était trop faible: l'accent a donc été mis sur la facilité d'utilisation, la clarté de composition, la fidélisation à l'objet. Titres courants, grisés, constitution d'un carnet pratique autonome, précisions cartographiques concourent à faire de ce livre un outil complet et singulier. En bref, il s'agissait d'en faire un compagnon fiable et poétique de marche et de rêveries.
La france, avec un f minuscule comme Guy Hocquenghem l'écrit dans son essai à charge, c'est celle des Français persuadés qu'elle est ou a été la meilleure en tout ; dans sa langue, ses institutions, sa littérature, sa cuisine, etc. Pour mieux rejeter cette france-là, l'auteur, en se livrant à un véritable jeu de massacre intellectuel, choisit l'éloge de l'autre, du métis, de l'étranger. Il se transforme, à la manière d'un Genet, en "ennemi intérieur", reniant en bloc la france et sa francité pour devenir le métis dont il affectionne la liberté d'être et de penser. A mille lieues des contempteurs nostalgiques d'aujourd'hui, Guy Hocquenghem dynamite le système, souvent avec une certaine injustice, pour faire l'éloge d'un métissage qu'il affirme être une chance pour le vieux pays qui est le sien.
Je descendais une rue perdue à la recherche d'une pissotière mal famée. Sous un pont, deux loubards attendaient, adossés à leurs motos. Et quand je suis passé, ils m'ont crié : "Race D'Ep ! " Race d'Ep, pour pédéraste. Ce cri, je l'avais moins senti comme une insulte que comme l'évidence résumée de mon appartenance à une autre Histoire. Une histoire pas si vieille : née il y a un siècle. Une conscience d'être autre qui n'est pas éternelle, qui a eu il y a un demi-siècle son âge d'or, continent perdu effacé par le bain de sang totalitaire C'est cette histoire inconnue que ce livre, écrit en 1979, veut rendre visible au travers des images qu'elle a créées. L'histoire de la Race d'Ep.
On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)
Cet essai pose la question de notre condition géographique à la faveur de la redécouverte de deux figures de l'Angleterre du premier XIXe siècle : William Gilpin (1724-1804) et John Thelwall (1764-1834). Le premier, qui, avec sa théorie de la beauté pittoresque, cherche à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua la sensibilité romantique anglaise, notamment ses compagnons Coleridge et Wordsworth. Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama — l'émotion naît du contact physique avec la nature et non plus seulement de sa représentation artistique —, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire : ses observations, à la fois sensibles à la nature et attentives à ceux qui l'habitent, conduisent ce poète-paysan excentrique à développer une perception où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables.
Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)