Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le consul d'Islande
Hocquard Emmanuel
POL
10,05 €
Épuisé
EAN :9782867447631
Ce pourrait être un roman d'espionnage, ou d'aventures, avec implications financières, commerciales et politiques. Tous les ingrédients y sont, héroïnes et héros, situations et lieux, y compris ceux qui ne devraient pas être là. Mais peut-être ne s'agit-il que d'un récit très décousu de maigres aventures ? Voire. L'approche est, certes, négative. En tout cas pour ce qui concerne métaphores et adjectifs (impossibles, les adjectifs), bientôt les mots et aussi les phrases que l'on compose avec. La faute en est au consul d'Islande dont le nom cache une machine ou une grammaire, conçue pour défaire et se dérégler à son heure. Nous devons apprendre à supporter l'inquiétude quand nous lisons puisque, aussi bien, les livres ne contiennent que des phrases et toutes les phrases se ressemblent.
Ce livre est tout à la fois un recueil de poèmes (des sonnets, selon l'auteur), une déclaration d'amour, un livre de grammaire et un essai philosophique. C'est que pour Emmanuel Hocquard la poésie ne saurait se contenter d'être belle, agréable et sensible : au contraire même, il s'agit là d'une dérive tout à fait condamnable. Non, d'autres choses s'y jouent autrement plus cruciales comme le devenir de la langue et de la pensée, notre perception. Et tout est matière à nourrir cette réflexion active, cette réflexion dont les avancées coïncident parfaitement avec le texte qui les énonce.
Théorie des Tables est un (un seul) poème, qui comporte 51 séquences (Emmanuel Hocquard venait d'avoir 51 ans quand il a fini d'écrire ce livre). Ce poème autobiographique est aussi un poème grammatical qui fait jouer simultanément l'interrogation (les questions n'appelant pas nécessairement de réponse) et la négation (qui inclut toujours l'affirmation). Saisis par ce double objectif (la photographie est omniprésente), les petits morceaux très signifiants d'un quotidien ordinaire se trouvent connectés autrement que par la grammaire normative. Ces connections jettent un jour différent sur un certain nombre d'énigmes, ou de secrets en rapport avec les problèmes de la représentation, de l'identité et de la fiction.
L'élégie n'est pas dans les mots de la plainte. Elle est dans la répétition des mots de la langue. Elle est cette répétition. La langue tout entière est élégie.
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.