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Histoire et cinéma
Vezyroglou
ED SORBONNE
3,00 €
Épuisé
EAN :9791035108366
En 1958, dix ans avant Marc Ferro, Robert Mandrou publie, lui aussi dans les Annales, le premier texte d'un historien français sur le cinéma. Le prétexte en est le compte rendu du livre d'Edgar Morin, Le Cinéma ou l'homme imaginaire ; mais le titre de ce texte, "Histoire et cinéma" , signale d'emblée la portée programmatique que lui donne son auteur. Disciple de Lucien Febvre, spécialiste des cultures populaires à l'époque moderne et pionnier de l'histoire des mentalités, Mandrou fait mine de s'étonner qu'aucun de ses collègues n'ait encore considéré cet objet comme digne d'intérêt pour l'historien. Sourd aux préventions des universitaires à l'encontre d'un objet encore illégitime, mais indifférent au regard cinéphile, il avoue toutefois que l'approche sociologique le laisse sur sa faim : s'il rejoint Edgar Morin sur la reconnaissance du cinéma comme fait culturel majeur de la civilisation contemporaine et puissante fabrique des mentalités, c'est pour en proposer, pour sa part, " une histoire au sens plein du mot ". Malgré sa force et sa pertinence, cet article de Mandrou est tombé dans l'oubli jusqu'à la fin du xxe siècle. Redécouvert dans les années 1990, il a acquis un statut de manifeste pour celles et ceux qui, notamment dans le giron de l'histoire culturelle, travaillent à une histoire du fait cinématographique et à son inscription dans une histoire sociale des représentations.
1928: le cinéma muet est à son apogée. Luis Buñuel triomphe avec Un chien andalou, le public s?enthousiasme pour Les Deux timides de René Clair, tandis qu?Abel Gance s?impose comme un réalisateur de génie avec Napoléon. Le muet vit pourtant ses dernières heures. L?année suivante, la déferlante du parlant le relèguera dans les limbes. C?est ce « moment 1928 » qu?étudie, à travers le cinéma, Dimitri Vezyroglou, dans un essai pionnier à la croisée de l?histoire culturelle et de l?histoire des mentalités. Car les thèmes abordés par le septième art, en cette année charnière, tendent à la société française son propre miroir: vision idéalisée et passéiste des communautés villageoises, optimisme scientiste, condamnation des moeurs « déviantes » et dénonciation du « vice », figure récurrente de l?escroc et de l?aventurier sans scrupule, hantise de la maladie, stéréotype de l?Américain riche et de l?Allemand retors, rêve d?héroïsme guerrier? Tandis que s?achèvent les années folles, le cinéma reflète les attentes, les désirs et les peurs d?un pays déchiré entre passé et avenir, tradition et modernité, peur du changement et foi dans le progrès. L?industrie du cinéma fait preuve, par là même, d?une extraordinaire créativité: la France compte alors plus de cent sociétés de production, déjà dominées par Pathé et Gaumont? Un regard nouveau et une étude ambitieuse sur la « fin de la mauvaise coupe après-guerre » à travers le cinéma.
Traitant du programme de Cinéma des agrégations internes de Lettres classiques et de Lettres modernes, l'ouvrage propose tous les éléments nécessaires à la réussite du candidat. Comme tous les Clefs-concours Cinéma, l'ouvrage est structuré en trois parties : Repères et analyses : le contexte historique et artistique de l'oeuvre ; Grandes thématiques : comprendre les enjeux du programme ; Outils : les éléments factuels et techniques indispensables.
Résumé : Le comité d?histoire du ministère de la Culture et de la Communication a souhaité travailler sur le moment où, lors de la création du ministère des Affaires culturelles en 1959, le Centre national de la cinématographie (CNC) lui est rattaché. A cette date est mis en place un nouveau régime de soutien sélectif à la production de films, l?avance sur recettes, innovation qui a largement contribué à développer le cinéma français. L?ouvrage Autour de la politique du cinéma en France, 1945-1970, fruit des travaux de plusieurs chercheurs, s?attache à retracer l?histoire de la création du CNC en 1946 et les premiers pas d?une politique de la qualité pour le cinéma français avant 1959. Il aborde également d?autres aspects de l?élaboration d?une politique culturelle du cinéma à cette époque : le développement de l?Art et essai, la place du cinéma dans les maisons de la culture, les relations entre les pouvoirs publics et le mouvement des ciné-clubs et les initiatives concernant la conservation du patrimoine cinématographique. D?autres éclairages enrichissent la réflexion et permettent de rendre compte des relations entre les grands enjeux de la place du cinéma dans la société française des années 1950-1960 et la mise en oeuvre d?une politique du cinéma par les pouvoirs publics, notamment la place de la censure, l?attitude du parti communiste français, le rôle de l?Église catholique, les relations entre l?institution militaire et le cinéma.
Gauthier Christophe ; Kerlan Anne ; Vezyroglou Dim
Cet ouvrage explore quatre cinématographies nationales (française, allemande, soviétique et chinoise) dans leur rapport au modèle américain de production durant la décennie décisive qui vit l'avènement du cinéma sonore (1925-1935). Les années 1925-1935 sont encore parfois considérées comme des "années obscures", traversées par des tensions contradictoires, des tâtonnements ; ce serait une "période d'essai" s'opposant à celle qui vit s'élaborer les cinémas classiques dominés par la standardisation. Réévaluant ce stéréotype, le propos de cet ouvrage est aussi de souligner comment, par-delà les bouleversements, les innovations et les tentatives d'adaptation que connurent diverses cinématographies mondiales, se dessinent des permanences et la réaffirmation de certaines normes. En abordant des questions aussi centrales que celles des transferts culturels, du "modèle" et de ses modalités d'appropriation, de l'acculturation, cet ensemble d'articles ouvre des perspectives importantes sur le plan méthodologique mais aussi épistémologique. Il nous montre surtout que, dès l'entre-deux-guerres, et particulièrement durant cette phase critique de transition, la cinématographie "loin d'Hollywood", de l'Europe à l'Asie, n'a pu faire autrement que de se situer face à Hollywood.
Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Eléonore Challine partage ici, dans une courte présentation, son expérience de traduction et de lecture de : "Reconsidérer la photographie érotique. Notes pour un projet de sauvetage historique" de Abigail Solomon-Godeau.
La ville piétonne est-elle un sujet d'histoire ? Elle semble plutôt relever des projets pour la ville du XXe siècle et tourner la page d'un XXe siècle "automobile". Le thème n'est pourtant pas nouveau. Qui se souvient qu'il y a cinquante ans, au début des années 1970, la proposition était sur toutes les lèvres et que les plus grandes métropoles au monde rivalisaient déjà de projets ambitieux ? Une révolution urbaine a-t-elle alors été manquée ? Explorant le sujet des années 1930 aux années 1980, Cédric Feriel démontre que la ville piétonne constitue depuis bientôt cent ans l'un des héritages méconnus de la ville contemporaine. Au mème titre que les grands ensembles ou les villes nouvelles, elle est un terrain pour évaluer la manière dont les pouvoirs et les sociétés ont façonné l'urbain. Pourquoi dès lors ne tient-elle quasiment aucune place dans l'histoire de la formidable transformation de la ville après 1945 ? C'est qu'elle rentre mal dans un récit souvent pensé autour des Etats aménageurs, des avant-gardes architecturales et du destin des géantes que sont New York, Paris, Londres ou encore Tokyo. L'ouvrage déplace la focale sur le réseau des "métropoles ordinaires" (Cologne, Copenhague, Amsterdam, Munich, Rouen, Norwich, Minneapolis). A cet échelon se joue une autre réalité de l'urbanisation des années de croissance. Elites urbaines et pouvoirs municipaux tentent d'y tracer une trajectoire alternative sur les voies de la modernisation : celle d'une urbanisation à visage humain. Croisant les échelles d'analyse locale, nationale, transnationale, les sources archivistiques et les écrits théoriques sur la ville, La ville piétonne propose une relecture inédite de la relation des sociétés urbaines à la ville au XXe siècle, loin de la détestation supposée de la ville contemporaine.
Ce volume des Cahiers du CAP se propose d'interroger les circulations des objets et des pratiques artistiques à travers différents espaces géographiques, cadres culturels, milieux sociaux et médiums. Il s'agit de mener une réflexion sur les enjeux de ces mobilités dans une perspective pluridisciplinaire (histoire de l'art, du cinéma, de l'architecture, sociologie des institutions culturelles, du théâtre, material studies, etc.). La première partie, "? Jeux d'échelles et mécanismes de la mobilité artistique ? ", questionne la circulation à travers ses différentes échelles ainsi que les agents impliqués dans les échanges, qu'ils soient institutionnels, humains ou matériels. Les articles mettent en lumière, par l'étude de situations propres à un contexte socioculturel précis, la complexité des mécanismes de déplacement des artistes et de diffusion des formes et des discours. La deuxième partie, "? Imaginaires et sociétés ? ", est consacrée aux deuxièmes vies des productions artistiques ou plus généralement culturelles. Elles voyagent, sont redécouvertes, recréées, réinventées, bricolées, revendiquées, voire détournées. Artistes, médiateurs et publics s'en emparent et les font résonner dans des contextes parfois éloignés de celui de leur création.
Dernier volume de l'"Histoire de la sexualité", fruit de près de huit ans de travail sur le christianisme ancien, "Les Aveux de la chair" est le livre auquel Foucault aura consacré le plus de temps, sans parvenir à l'achever complètement. Le détour par les Pères de l'Eglise (Tertullien, Augustin, Cassien, etc.) devait contribuer à éclairer le rapport que l'Occident entretient au corps et à ses plaisirs, au croisement de la subjectivité et de la vérité. Publiés posthumément en 2018, déjà traduits en plusieurs langues, Les Aveux de la chair révèlent l'étendue des recherches conduites par Foucault sur les premiers siècles chrétiens, que les textes et cours jusqu'ici connus laissaient à peine deviner. Le présent ouvrage organise une rencontre inédite : les lectures " chrétiennes " de Foucault sont ici interrogées par dix-huit historiens, philosophes et théologiens internationaux, spécialistes de cette période ainsi que de la pensée de Foucault. En quoi l'approche de Foucault renouvelle-t-elle la manière de lire les Pères ? Permet-elle d'aborder autrement la question de la nouveauté apportée par le christianisme dans la culture antique ? Et comment cette nouveauté peut-elle faire sens en philosophie aujourd'hui ? Questions cruciales, non seulement pour l'histoire des idées, mais d'abord et avant tout pour la compréhension de notre actualité.