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Le gouvernement du ciel. Histoire globale des bombardements aériens
Hippler Thomas
AMSTERDAM
18,00 €
Épuisé
EAN :9782350960821
L'aviation incarne, dès son invention, le rêve cosmopolitique d'une paix perpétuelle entre les nations de la terre, dont le revers n'est autre que le cauchemar d'une puissance meurtrière sans précédent. Puissance qui s'exerce d'abord à l'encontre de populations jugées un peu trop remuantes par les colonisateurs, dans le cadre d'opération de maintien de l'ordre, avant de s'abattre sur les villes européennes et japonaises, durant le second conflit mondial. Mais surtout, la guerre aérienne brouille définitivement les frontières entre guerre et paix. Ce brouillage constitue un symptôme de la "démocratisation" de la guerre. Car c'est désormais le peuple que l'on prend directement pour cible, le peuple soutien de l'effort de guerre, et le peuple souverain, identifié à l'Etat. Ainsi s'enclenche un mouvement politique qui nous conduit aujourd'hui à une gouvernance mondiale sous hégémonie étatsunienne, définie par une "guerre perpétuelle de basse intensité", qui frappe pour l'instant des régions comme le Yémen ou le Pakistan mais pourrait s'étendre demain à l'ensemble de la population mondiale. La guerre aérienne croise ainsi les grands thèmes du siècle passé : la nationalisation des sociétés et de la guerre, la démocratie et les totalitarismes, le colonialisme et la décolonisation, le tiers-mondisme et la globalisation, l'Etat social et son déclin face au néolibéralisme. L'histoire des bombardements aériens constitue un point de vue privilégié pour écrire une histoire globale du XXe siècle.
Les polices européennes vouées à "l'art de gouverner les hommes" sous l'Ancien Régime, deviennent à la fin du XVIIIe siècle des institutions sécuritaires. Leur domaine d'intervention se resserre autour de la préservation de l'ordre public. Elles détiennent le monopole de l'exercice de la violence légitime. Mais lorsque les épisodes révolutionnaires enflamment le corps social, quel que soit le périmètre de la police, la légitimité des pouvoirs et des forces censées défendre l'ordre public est brutalement remise en question. Les polices ont alors à affronter la concurrence des projets politiques et sont ébranlées par des situations de double pouvoir qui multiplient les instances d'un ordre nouveau en devenir. Comment résistent-elles et défendent-elles l'ordre établi dont elles sont garantes ? Comment parviennent-elles, au contraire, à s'adapter ou à se révolutionner dans une nouvelle configuration politique qu'il importe de protéger et policer à son tour ? Situé au carrefour de deux chantiers historiographiques profondément renouvelés - l'histoire des révolutions, l'histoire des polices -, l'ouvrage explore de manière comparatiste, par-delà les frontières et la multiplicité des relations entre polices et mouvements révolutionnaires, les révolutions atlantiques des années 1780 jusqu'à la fin du XXe siècle.
Des pionniers anglais du ski alpin dans l'Oberland bernois aux touristes avant-gardistes arpentant les routes d'Europe à bicyclette ; des premiers téléphériques sur les sommets d'Engadine aux débuts des politiques de loisirs sportifs et d'aménagement du territoire à des fins touristiques ; des collines québécoises aux bords de mer du Finistère : pratiqués à pied, à ski, à vélo ou en automobile, sport et tourisme se croisent et se rencontrent au fil de deux siècles d'histoire. A partir des années 1850, ces deux phénomènes sociaux, culturels et économiques connaissent un essor significatif sous l'action d'acteurs individuels et collectifs : du sportsman à l'hôtelier, ce livre relate leur histoire, sans négliger le rôle d'autres types de promoteurs qui prennent pour habitude de se réunir en association afin de fédérer leurs intérêts. Regroupant des contributions issues d'un panel international de chercheuses et de chercheurs, parmi lesquel·le·s figurent les plus grand·e·s spécialistes de l'histoire du tourisme en Suisse et en Europe, cet ouvrage vise à mettre en perspective la complexité et le caractère souvent paradoxal du couple "sport et tourisme" , à l'heure où l'urgence climatique appelle à repenser leurs modèles traditionnels de fonctionnement. Les réflexions développées au fil des pages cherchent ainsi à répondre aux questions suivantes : historiquement, qu'est-ce que le sport apporte au développement du tourisme ? Quelle est la place des milieux touristiques dans les processus d'institutionnalisation et de sportivisation des exercices physiques ? Comment le sport et le tourisme revendiquent-ils leur autonomie propre au sein d'un système où la réciprocité et la superposition des enjeux politiques, socioéconomiques et environnementaux deviennent rapidement la norme ?
Cet ouvrage porte sur les débuts du service militaire pendant la Révolution française et au début du XIXème siècle en France et en Prusse. Il analyse historiquement un problème théorique contemporain, à savoir le double caractère des institutions de l'Etat moderne, qui impliquent à la fois une participation démocratique des citoyens et leur soumission à un appareil disciplinaire. Pour mener à bien cette importante enquête historique, l'auteur a analysé trois types de sources : discours officiels (mémoires, discours parlementaires, lois, ordonnances), des documents "subjectifs" (autobiographies, lettres, chansons, sermons...) et des textes théoriques et philosophiques. L'intérêt de cette étude historique est qu'elle se rapporte aux débats contemporains centrés sur le "service civique".
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.