Née à Lingen (Basse-Saxe) en 1975, Anja Hilling compte parmi les auteurs dramatiques contemporains allemands les plus en vue outre-Rhin. Son oeuvre, déjà abondante, connaît un succès public et critique grandissant. Après des études littéraires et théâtrales à Munich et à Berlin, elle est admise à l'Académie des arts de la capitale allemande où elle poursuit, de 2002 à 2006, le cursus écriture scénique. Sa première pièce, Sterne (Etoiles) (2003), lui vaut une invitation au prestigieux Theatertreffen, les Rencontres théâtrales de Berlin, et le Prix du meilleur espoir de la Dresdner Bank. Auteur en résidence au Royal Court Theatre de Londres en 2003, son oeuvre s'est ensuite développée au rythme d'une à deux pièces par an: Mein junges idiotisches Herz (Mon coeur si jeune si fou) (2004), Monsun (Mousson) (2005), Protection (2005), Bulbus (2006, traduite dans le cadre de la manifestation Traits d'Union), Engel (Anges) (2006), Sinn (Sens) (2007), Schwarzes Tier Traurigkeit (Tristesse animal noir) (2007), Nostalgie 2175 (2008), Radio Rhapsodie (2009), Der Garten (2011), Was innen geht (pièce pour le jeune public, 2012), Wosh (commande du Théâtre de la Manufacture de Nancy, 2012). Elue révélation de l'année par le magazine Theater heute en 2005, Anja Hilling est régulièrement traduite en anglais. Sa pièce Sinn (Sens), fruit d'une coproduction de La Comédie de Saint-Etienne et du Thalia Theater de Hambourg, a été donnée simultanément en français et en allemand dans le courant de l'année 2007. Elle vit à Berlin.
Tout débute à la manière d'une sitcom. Trois couples pique-niquent autour d'un feu, dans une forêt où ils vont passer la nuit. Ils s'appellent Miranda, Paul, Martin, Jennifer, Oskar et Flynn. Ils sont amis, ont entre 30 et 45 ans, mènent la vie confortable de citadins "branchés". Ils boivent et les langues se délient. Derrière les platitudes échangées se font jour les inimitiés, les blessures mal refermées, les ambiguïtés. Soudain un incendie éclate, dévastateur, et la sitcom vire au film catastrophe. Dans le sauve-qui-peut général, la petite Gloria, endormie dans le minibus, meurt brûlée vive. Plus rien ne sera jamais comme avant...
Hilling Anja ; Christophe Henri ; Berutti-Ronelt S
Mousson: Bruno, scénariste de séries B, marié, un fils de huit ans, Zippo. En parallèle, Coco et Mélanie cherchent désespérément à avoir un enfant. Arrive l'accident: Mélanie, en voiture, renverse Zippo; il meurt. Ce drame va faire converger les lignes de vie des personnages. Incapable de faire face à ce qu'elle a vécu, elle part tourner un documentaire au Vietnam. Et c'est comme si l'on observait les personnages à travers l'objectif d'une caméra, ils révèlent une sensibilité qui, dans le temps authentique du théâtre, manifeste un funeste sentiment de manque.Tristesse animal noir: Dans l'idéal, les protagonistes seraient tous amis pour la vie. Mais leur barbecue dans la forêt, un soir d'été torride, révèle peu à peu ambiguïtés et rancoeurs. Pendant leur sommeil, une brindille propage un incendie, donnant lieu à l'une des scènes majeures du théâtre contemporain. Pris au piège, chacun vit seconde par seconde l'effroi absolu. Pour les survivants, plus rien ne sera jamais comme avant. Par l'entrelacs de différentes histoires, des structures en flash-back, mêlant fictions et songes, Anja Hilling écrit un théâtre nouveau et rare, stimulant et énigmatique.
Les habitants de Bulbus ne manifestent apparemment pas de signes particuliers. Le ton de leurs conversations est rude et pourtant affectueux, leurs querelles sont sans importance, leur curiosité limitée. Je les définirais comme des gens simples. Toute leur énergie tend vers l'accomplissement de leurs tâches quotidiennes. Dans ses "rapports rédactionnels", qui émaillent des dialogues plus directs mais s'échappant néanmoins du réel, manuel couche sur le papier ses observations de la vie du village, vue d'en dessous de la piste de curling. Anja Hilling use de cette image théâtrale forte pour ancrer une étude intime, presque ethnologique, des peurs, des relations, des secrets enfouis sous la glace, et aussi dans les mémoires. Le mystère, comme un brouillard, se dissipe peu à peu.
Voici trois histoires d'Anges qui s'entrelacent: celle d'Asta la barmaid qui s'est fait tatouer la scène d'un meurtre par le possible auteur du crime; celle de Hanno, tombant amoureux de son ex-femme déclarée morte d'un cancer trois ans plus tôt; celle d'Axel, retrouvant, vingt ans après, son grand amour qui ne se souvient plus de rien... De quelle étoffe sont faits nos souvenirs? Quelles images le présent retient-il de notre existence passée? Ce constat tout subjectif d'abandon aux incohérences de la perception est ici mené par Asta, tout à la fois personnage et narratrice. Avec cette nouvelle pièce, la jeune et talentueuse dramaturge allemande Anja Hilling propose une oeuvre brillante sur les chemins obscurs de la mémoire. Sa structure, faisant fi de la chronologie dramatique classique, interroge avec brio et suspense les mystères de la perception du présent et du souvenir. Une langue rapide et dense pour une oeuvre théâtrale envoûtante.
Ce n'est pas une pièce de théâtre ; ce sont des textes, des monologues, des histoires, des confrontations, des petites scènes dialoguées à deux, des fragments à dire, à jouer. Un peu comme les rifts d'une partition musicale... Des états, des attitudes, des émotions. Chacun peut se les approprier et le nombre d'acteurs n'est pas limité. Pas de suite logique dans les textes, pas de noms de personnages. C'est là dans une forme brute pour que chacun puisse mettre son univers dessus. Véritables écritures contemporaines, ces Chroniques 2 font suite aux Chroniques des jours entiers, des nuits entières. Elles se répondent et constituent une matière vive pour de nouvelles formes théâtrales.
Karl Valentin est un grand enfant faussement naïf qui jette un regard féroce sur le monde des adultes. Chez ce malicieux, la vie quotidienne devient une bataille avec les mots et les choses, que l'on cherche ses lunettes, achète un médicament au nom imprononçable ou fasse cuire un rôti. Ce volume propose un choix de sketches courts du grand comique munichois : un grand éclat de rire sur les petites sottises de l'existence, un vrai plaisir de jeu.
Maxime a hérité de son père, le Renard du Nord, l'habitude de cavaler sous les étoiles, harcelé par sa mère, tandis que se rejouent les intrigues de famille entre mari, femme et amant. La pièce interroge le statut de la parole; une parole triomphante qui séduit et qui tue. À tous ceux qui! scandent successivement, comme des toasts collectifs, les trois générations d'une même famille réunies en ce dimanche d'été. Ils ont tourné le dos au gouffre et guettent la vie qui vient. Une forme d'oratorio macabre. Dans La Comédie de Saint-Étienne, dix figures questionnent le corps de l'acteur. Au bout d'un chassé-croisé agité, elles assistent désemparées à la prise de pouvoir de ceux que l'on peut nommer « les personnages ». Question de théâtre Des humains piégés dans leurs tics de langage, des marionnettes en morceaux, un humour glacé. Trois pièces vives à l'écriture ciselée. Un des auteurs les plus novateurs de ce siècle. À lire, à jouer, à rire!
Jojo est un solo boy urbain. Dans une rue déserte, il traîne avec un ballon de foot crevé pendant que ses parents sont partis au soleil. Surgissent deux fées un peu déglinguées, Anita et sa vieille mère Jilette. Des fées comme dans les contes, mais désoeuvrées, au RMI (Revenu Magique d'Insertion). Anita confie au garçon la mémé qui perd la boule, mais cette dernière disparaît. Commence alors pour Jojo, parti à sa recherche, un parcours initiatique qui l'emmène de la grande forêt aux séances de désintoxication d'une clinique pour superhéros paumés (Batman, Billy Juan Poucet dit le P'tit...). Ces rencontres étonnantes le conduiront à la recherche de son identité.Avec une langue vive, un style d'aujourd'hui détournant le langage des jeunes, Stéphane Jaubertie aborde le thème de la connaissance de soi, du rapport aux autres et à la réalité. C'est touchant, drôle: un bonheur à lire et à jouer.