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Hindiyya. Mystique et criminelle, 1720-1798
Heyberger Bernard
AUBIER
24,40 €
Épuisé
EAN :9782700723229
Si La Religieuse de Diderot avait eu pour cadre le Liban, l'héroïne en aurait été Hindiyya. Née à Alep en 1720, cette chrétienne maronite manifeste très tôt les signes d'une vocation exceptionnelle : visions et miracles suscitent l'émoi de ses proches et de ses confesseurs, qui l'incitent à entrer dans une communauté religieuse. Hindiyya oppose à ce projet une conviction inébranlable. Elle se sent appelée à fonder son propre ordre, voué au Sacré-C?ur de Jésus, et y parvient en 1750, lorsqu'elle devient la supérieure du couvent de Bkerké, dans la montagne libanaise. Alors que les théologiens romains condamnent la " sainteté " de Hindiyya, un véritable culte se développe autour d'elle. Mais, à l'extérieur du couvent, rien ou presque ne filtre des incidents étranges qui s'y produisent : rumeurs d'empoisonnement et accusations de sorcellerie se multiplient... Un véritable théâtre de l'horreur s'orchestre autour de Hindiyya, qui culmine, en 1777, avec le meurtre d'une religieuse longuement torturée. Un envoyé du Vatican découvre les faits et mène l'enquête. Après plusieurs rebondissements, l'ordre du Sacré-C?ur est aboli et Hindiyya exilée ; elle meurt, captive, vingt ans plus tard. Ce livre rouvre enfin " l'affaire Hindiyya ", refoulée par la mémoire collective depuis deux siècles. Tout en écrivant un chapitre inédit de l'histoire du Liban, il offre un éclairage inattendu sur le catholicisme du XVIIIe siècle.
La question des identités en situation coloniale, aujourd'hui largement interrogées, renvoie à d'évidents enjeux démographiques, paradoxalement beaucoup moins étudiés. Pour l'Algérie du XIXe siècle, ce constat s'explique par le caractère lacunaire et incertain de la connaissance des faits démographiques, et par le manque de sources fiables. Le bilan de la catastrophe démographique de 1867-1868 reste en partie à dresser, aussi bien pour la population indigène qu'européenne. De plus, l'état économique du pays avant 1830, le nombre d'habitants que compte l'Algérie à l'arrivée des Français, l'impact des maladies sur les populations, ou encore les conséquences démographiques de la guerre d'invasion font encore débat. En mobilisant les abondantes — et en grande partie inexploitées — archives du personnel militaire de la seconde armée coloniale du monde, cet ouvrage pro pose pour la première fois une histoire anthropométrique de l'Algérie sur la longue durée (1800-1880) qui apporte des éléments de réponse à ces questions. La stature adulte des soldats indigènes et européens, considérée comme indice biologique des niveaux de vie, est confrontée aux autres données économiques, démographiques et climatiques. L'ouvrage situe ainsi la trajectoire démographique des populations entre scénario d'Ancien Régime — prima des facteurs naturels — et scénario critique — prima des facteurs humains — et, enjeu majeur, réévalue le nombre d'habitants à l'aube de la colonisation. Il propose une lecture critique de l'histoire économique et sociale de l'Algérie, contribue à replacer les indigènes ruraux au coeur de l'histoire algérienne et offre une mise en perspective internationale et impériale du cas algérien.
En combinant une histoire sociale de la région à une anthropologie historique du christianisme moderne, cet ouvrage constitue une introduction à l'histoire des chrétiens du Proche-Orient à partir du XVIIe siècle. Il offre des clés pour saisir leur situation concrète et légale dans l'islam et dans le régime politique ottoman. Il met en lumière la proximité structurelle des chrétiens avec leur entourage musulman, mais il démontre aussi la nécessité d'une réflexion sur l'organisation interne des Eglises et des communautés. L'ouvrage porte également sur les conditions de la rencontre et de l'interaction entre les chrétiens locaux et le catholicisme moderne. Terre Sainte, Croisade et Réforme de l'Eglise forment le cadre idéologique et spirituel dans lequel se déploie l'activité missionnaire sur le terrain, selon des méthodes qui s'apparentent à celles des missions en direction des catholiques européens, et s'adaptent mieux aux dissidents de l'islam qu'aux sunnites. A travers le développement de l'enseignement et de l'alphabétisation, ou la constitution de confréries, émerge progressivement un catholicisme oriental, différencié de l'orthodoxie et de l'islam, et caractérisé par une mentalité dévote, une mort "christianisée", un nouveau culte des saints, une pratique matrimoniale transformée.
L'opinion et les médias occidentaux s'intéressent aujourd'hui de plus en plus aux chrétiens du Proche-Orient. Mais c'est en général sur le mode de la complainte face à leur prochaine disparition. Sans nier les difficultés à être chrétien à l'heure actuelle, dans la région, cet ouvrage place les événements récents dans une perspective du temps long et du contexte politique global. L'histoire des chrétiens en Orient ne se réduit pas à celle d'une lente dégénérescence imputable aux musulmans. Malgré les discriminations qui leur étaient imposées, ils partageaient avec l'environnement islamique dominant des modes de vie, des croyances et des pratiques religieuses, dont l'introduction des formes modernes d'éducation les a progressivement éloignés à partir du XVIIe siècle. La montée des nationalismes a rendu difficile l'adaptation des institutions communautaires et des Eglises aux nouveaux Etats et aux nouvelles frontières, et, à plusieurs reprises, a conduit à des massacres et des expulsions. Les chrétiens ne sont pas des victimes passives de la persécution. Ils agissent et s'adaptent aux changements politiques et culturels de la région et du monde, à travers leurs institutions. Ce livre ne prédit pas la disparition des chrétiens du Proche-Orient, mais il invite à réfléchir sur les nouvelles conditions de leur présence dans des pays majoritairement musulmans.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.