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LE PELERIN ET LE CONVERTI. La religion en mouvement
Hervieu-Léger Danièle
FLAMMARION
18,60 €
Épuisé
EAN :9782080674807
Etes-vous religieux ? A cette question, qui pourrait passer pour provocatrice, la plupart d'entre nous répondraient non. Et pourtant la religion, loin de disparaître, tient toujours dans nos sociétés une place importante. Certes, les églises sont désertées et la réunion dominicale se fait plus souvent autour de la télévision que de l'autel. Mais les sectes se multiplient et les discours sur Dieu et l'au-delà nous fascinent. C'est sur l'explication de ce paradoxe que se penche Danièle Hervieu-Léger. Comment, dans une France laïque et républicaine, d'immenses manifestations ont-elles pu mobiliser les citoyens pour la défense de l'enseignement privé ou unir les jeunes lors des Journées mondiales de la jeunesse autour du pape ? La religion qui nous séduit aujourd'hui n'a que peu de traits communs avec celle dans laquelle ont été élevés nos parents. Chacun de nous " bricole " sa propre religion, empruntant au christianisme, judaïsme, islam, mais aussi bouddhisme ou taoïsme. Les figures mobiles du pèlerin et du converti l'emportent sur celle, classique, du pratiquant. L'individu isolé se fabrique une communauté selon son c?ur qu'il substitue à celle dont il héritait de sa tradition familiale. Chacun s'invente sa lignée croyante. En France, la question religieuse est aussi politique. La République a organisé la cohabitation des différentes confessions selon le modèle catholique. Confronté à la prolifération des croyances et des communautés, l'Etat est privé de ses interlocuteurs institutionnels habituels. La laïcité se grippe, le débat sur les sectes s'enlise, la question du voile empoisonne la vie publique. Peut-on imaginer un modèle de laïcité médiatrice, capable de mobiliser les " familles spirituelles " au service de la refondation du lien social ?
Ce numéro, qui marque le vingtième anniversaire d' "Histoire & Mesure ", est fidèle aux deux grandes orientations de la revue : la réflexion sur les conditions d'élaboration des mesures et l'histoire des catégories statistiques, d'une part ; la présentation d'outils de traitement et d'usages du chiffre, dans la mesure où ils offrent des résultats historiques inédits, d'autre part. Dans la continuité du numéro thématique " Mesurer le travail " de décembre 2005, R. Boulat et N. Hatzfeld envisagent les mesures de la productivité, à l'échelle de l'usine ou du pays, et celles des maladies professionnelles : à chaque fois, les conflits d'expertises se mêlent aux difficultés d'observation. Sur un terrain bien différent, M. Thébaud-Sorger évoque également la construction sociale d'une mesure, celle de l'altitude - qui implique aussi bien l'opinion publique que les savants du XVIIIe siècle. G. Minaud, lui, rappelle que les chiffres ont également une signification symbolique, qui peut passer par des modes d'expression variés. Les articles d'E. Buyst et al. Et de V. Loonis proposent, avec une grande rigueur méthodologique, des applications de méthodes économétriques à l'histoire, sans pour autant réduire la réalité (économique ou politique) à leurs modèles, et en faisant l'effort d'y intégrer nombre d'effets de contexte, spatial, social ou temporel. B. Moreno Claverias, elle, propose une appréciation critique tant des théories de la " consumer revolution " que de la source que constituent les inventaires après décès.
Danièle Hervieu-Léger explore depuis cinquante ans le devenir des religions dans les sociétés occidentales contemporaines. Faisant de la scène catholique son principal terrain de réflexion, elle s'éloigne du prisme classique de la sécularisation du monde moderne pour traiter le "? croire ? " comme un rapport au temps, à l'espace et au monde. Dans cet entretien avec Pierre Antoine Fabre, elle restitue son parcours personnel, spirituel, politique et professionnel, en accordant une large part aux rencontres, mais aussi à l'engagement institutionnel qui fut le sien comme présidente de l'Ecole des hautes études en sciences sociales, dont elle a contribué à inventer l'avenir dans un paysage universitaire en plein bouleversement. Elle nous donne ainsi à voir la recherche scientifique dans ce qu'elle a de plus théorique, mais aussi de plus quotidien.
L'ABCdaire de Matisse nous transporte dans l'univers d'un des peintres majeurs du XXe siècle. Il nous plonge dans l?oeuvre d'un artiste, pour qui la peinture est avant tout un plaisir visuel et mental. A travers trois grandes thématiques, on découvre sa famille (Émile, Amélie, Anna Matisse) et ses amis (Pierre Bonnard, Picasso, Moreau) on explore le contexte socio-culturel qui permit son épanouissement (fauvisme, impressionnisme, les salons, ses voyages); enfin, on ouvre les portes du langage plastique et des grandes thématiques qui parcourent son oeuvre Enfin, on nous apprend à regarder la beauté des couleurs de ses oeuvres, la pureté du trait et l'élégance de la ligne à travers les techniques et les thèmes récurrents du peintre (la musique, l'atelier rouge, la danse). Inventeur d?un langage pictural, Matisse se sert des couleurs pour traduire, non la matière des choses, mais l'émotion qu'elles suscitent C'est pourquoi ses oeuvres nous parlent et restent toujours aussi vivantes.