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Savoirs en récits. Tome 1, Flaubert : la politique, l'art, l'histoire
Herschberg Pierrot Anne
PU VINCENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782842922429
Le dix-neuvième siècle a connu une ambition encyclopédique nouvelle, il a rêvé d'un rapport assuré au monde et à la connaissance, mais il a connu aussi bien - ce faisant - un rapport déroutant à la fragmentation, à la pluralité, aux contradictions, aux illusions. Comment les "récits" érudits de ce temps travaillent-ils les représentations anciennes et les savoirs contemporains? Comment font-ils jouer ensemble croyances, doutes et désir de savoir? Savoirs en récits, I et II, explorent les tensions entre les savoirs positifs et la puissance des croyances et des mythes. Ce premier volume est consacré à Flaubert, fondamental dans ce dispositif. Des critiques littéraires et des historiens interrogent les relations entre son oeuvre, l'histoire de la pensée économique et politique, et les enjeux des disciplines qui se forment ou se transforment au XIXe siècle: l'histoire, l'histoire littéraire, l'histoire de l'art et ces lieux nouveaux de diffusion des savoirs que sont les musées.
Barthes Roland ; Marty Eric ; Herschberg Pierrot A
Ce temps qui est nécessaire au mouvement de la dialectique peut être celui de toute une vie: il a commencé, adolescent, par subir toute la Doxa littéraire, qui faisait de la vie d'un auteur la matière originelle de son oeuvre, puis, il lui a fallu élaborer, pratiquer le Paradoxe de cette Doxa, liquider la Biographie; et ce n'est qu'ensuite qu'il a pu faire revenir l'auteur à une autre place, sous forme de traits discontinus, de biographèmes: on tourne, en spirale, avec le même objet." (La Spirale) R. B.
Ce livre est une initiation à l'approche stylistique des textes en prose. Il propose une forme d'attention au langage des textes qui renouvelle le plaisir littéraire. On y trouvera un exposé des notions mises en ?uvre (avec des définitions, des aperçus historiques, des indications bibliographiques), et l'analyse d'exemples littéraires. On y trouvera aussi ce qui reste le plus souvent implicite: un mode d'emploi du commentaire de style tel qu'il se pratique du DEUG au CAPES et à l'agrégation. Cet ouvrage invite à ne pas séparer les remarques formelles de leur portée sémantique et interprétative. Il donne des outils, des éclaircissements, des pistes, des commentaires stylistiques fondés sur des morceaux choisis dans des textes littéraires du XVIIe au XXe siècle. Il ouvre sur l'étude du style des ?uvres. Cette nouvelle édition propose des bibliographies mises à jour
Et si Flaubert, dont on fête en 2021 le bicentenaire, n'était né, en réalité, qu'il y a une cinquantaine d'années ? Entre 1960 et 1980, la France traverse une période d'intense effervescence intellectuelle : ce que l'on appellera le moment théorique. Les sciences de l'homme sont mises à contribution pour repenser la littérature selon les normes d'une axiologie formelle - le structuralisme - où prévalent les exigences de systématicité et de radicalité. C'est dans ce contexte que Flaubert acquiert une notoriété de premier plan. En moins d'une décennie, il s'impose comme une référence dominante pour la nouvelle critique, l'Université et les jeunes romanciers qui découvrent sa flamboyante Correspondance à travers une anthologie, centrée sur sa poétique : Préface à la vie de I écrivain de Geneviève Bollème, où il apparaît comme un véritable précurseur du roman contemporain et de l'esthétique conceptuelle. De Roland Barthes à Michel Foucault, de Jean-Paul Sartre à Pierre Bourdieu ou à Jacques Rancière, de Michel Butor, Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet à Pierre Bergounioux ou Pierre Michon, de Jean-Pierre Richard à Gérard Genette, c'est toute une génération qui reconnaît en Flaubert la figure souveraine de l'écrivain, au sens absolu du terme, à la fois prophète du minimalisme, théoricien du style et du travail sur la prose, penseur du processus créatif et inventeur du roman moderne. Sans chercher à être exhaustif, cet ouvrage suit l'ordre alphabétique pour explorer, à travers quelques grands acteurs du moment théorique, ce fascinant processus de réception créatrice dont nous continuons tous aujourd'hui à être les héritiers.
A George Sand, Flaubert écrit le 6 février 1876 ne pas se reconnaître le droit de donner à voir ce qu'il pense des gens qu'il met en scène: "Si le lecteur ne tire pas d'un livre la moralité qui doit s'y trouver, c'est que le lecteur est un imbécile ou que le livre est faux au point de vue de l'exactitude. Car, du moment qu'une chose est Vraie, elle est bonne. Et notez que j'exècre ce qu'on est convenu d'appeler le réalisme, bien qu'on m'en fasse un des pontifes". A l'écart des compromis qui assujettissent l'écriture littéraire à la toute-puissance de la presse de son temps, Flaubert construit ainsi l'image neuve d'une éthique de l'écriture fondée sur un travail intransigeant de la prose, qui instaure un rapport inédit avec la langue commune. Explorant quelques aspects de cette relation nouvelle entre éthique et esthétique, le présent ouvrage confronte aussi le point de vue de Flaubert à celui d'autres penseurs de la modernité, de Baudelaire à Nietzsche, et s'interroge sur la force et la complexité des liens multiples qui unissent Flaubert à Sade.