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Ecrivains au micro. Les entretiens-feuilletons à la radio française dans les années cinquante
Héron Pierre-Marie
PU RENNES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782753511736
A l'automne 1949, les entretiens de Gide avec Jean Amrouche inaugurent un genre nouveau. Malgré un premier accueil en demi-teinte, celui-ci va vite se frayer un chemin dans les programmes de la radio d'Etat et s'y installer durablement. Après une éclosion foudroyante en 1950-1951, stimulée par le grand succès de presse et d'audience des entretiens de Léautaud et de Claudel, le nombre et le caractère inégal des réalisations entraînent un fléchissement d'intérêt début 1953. A partir de 1955, le genre entre dans une phase plus routinière de son existence, avec ses hauts et ses bas, que les décennies suivantes vont continuer d'alimenter de nombreux noms comme Prévert, Queneau, Audiberti, Aragon, Adamov, Ponge, Butor, Leiris dans les années 1960, Claude Simon, G.-E. Clancier, Kessel, Pieyre de Mandiargues, Césaire, Robbe-Grillet, Soupault dans les années 1970. Centré sur la première décennie du genre, Ecrivains au micro passe en revue une douzaine de séries, dans l'ordre de leur diffusion. Chacune fait l'objet d'un chapitre séparé, confié à un spécialiste de l'écrivain interrogé : Colette, Cendrars, Léautaud, Cocteau, Ghelderode, Duhamel, Breton, Montherlant, Paulhan, Paul Fort, André Chamson. Deux chapitres généraux décrivent, au début de l'ouvrage, la poétique de l'entretien-feuilleton à la radio et la réception des séries de la décennie dans la presse.
En mer, je ne suis nulle part, sauf dans le monde entier. Au gré de la navigation, surgit la grande et banale question : "Qui suis-je ?". Et je réponds : "Quel est ce qui, sinon un autre, qui chaque matin, loin de recommencer, commence ?". "Que la vie demande à être considérée comme une traversée en mer, de périples en parages, Frédéric Jacques Temple en porte témoignage dans Une longue vague porteuse. Comme ce récit, toute son oeuvre s'inscrit dans la lignée immémoriale de l'homo viator pour lequel la vie est un voyage avec son lot d'apprentissages et de révélations, ses étapes et ses tournants, ses instants décisifs et, parfois, la merveille d'une rencontre capitale. Poète est celui qui relève le défi des grands navigateurs pour se lancer à son tour dans une aventure où la découverte de l'autre ne se sépare plus de la volonté, chaque matin, de s'éprouver soi-même. L'amour des départs est alors, indissolublement, cosa mentale. Faire voyage de tout aura sans doute été le plus secret désir du poète de La Chasse infinie.
Cocteau est, au XXe siècle, l'incarnation la plus talentueuse et ta plus complète, dans presque tous les domaines de l'art et toujours à la pointe de l'époque, de ce que signifie un classicisme vivant, entretenu par une tradition orale et vécue. Avec lui s'impose une individualité littéraire fortement marquée par l'esprit de la conversation "à la française", en raison de sa fréquentation des salons parisiens et de son propre don de parole. Il propose un exemple intéressant de la manière dont cet esprit se mêle aux racines profondes de la création, en l'accommodant au désir de coïncider avec son époque. Son caractère emblématique vient de ses réflexions et publications sur le sujet, du rôle de leader qu'il s'est efforcé de jouer dans les années 1920 au service d'un rappel à "l'ordre considéré comme une anarchie" (un peu en marge de la puissante machine de La NRF), de ses attaches simultanément mondaines et avant-gardistes, de sa sensibilité sans logomachie à la réalité de la poésie. Prenant comme fil directeur l'influence de la conversation "à la française" et de ses trois valeurs directrices (clarté, esprit, naturel), cet ouvrage examine comment elle opère dans l'oeuvre littéraire de Cocteau, déployée dans toute la variété des petits et grands genres qu'elle investit: essais, causeries et conférences, émissions de radio, articles de presse, théâtre, fiction en prose, poèmes.
Tenté par le journalisme comme la grande majorité des écrivains de son temps, Cocteau l'a pratiqué en poète à qui aucun art d'écrire n'est étranger, affirmant que "le poète ne peut employer un seul langage, ou plutôt un seul degré de cuisson". Cette attraction connaît des étapes et inflexions diverses, dont les contributions réunies dans cet ouvrage envisagent les principaux aspects. D'abord partagé entre la revue d'art et le dessin de presse, dont "l'hebdomadaire illustré" Le Mot réalise durant la guerre de 1914 une heureuse synthèse, le poète est gagné au début des années Vingt par les vertus stratégiques et publicitaires du média : dopé par le sentiment d'être un persécuté des Lettres, un publiciste prend alors la suite du journaliste pour travailler à la promotion de sa figure d'artiste. Vers le milieu des années Trente, Cocteau revient à l'esprit du journalisme professionnel, pratiquant le reportage, l'écriture en série, la chronique. L'idylle prend fin au début des années Cinquante : les collaborations continuent, mais le poète n'a plus de "programme de journalisme" et, dans le secret du Passé défini (1951-1963), les sorties contre la presse s'exagèrent jusqu'au divorce.
Conçu sous la forme d'un dossier, ce Cahier dédié à la radio " de " Jean Cocteau cherche à couvrir de façon cohérente les idées et réalisations du poète dans ce domaine, mais s'adresse aussi à toutes les personnes curieuses d'en apprendre davantage sur les relations des écrivains français au média au cours du XXe siècle. Outre ses activités artistiques plus connues, Cocteau a en effet abondamment écrit pour la radio, produit des émissions (causeries, reportages, imitations), s'est livré à des interviews, des entretiens prolongés, des tables rondes. Il lui a confié de nombreux hommages saluant le talent d'artistes mêlés à sa carrière ou à sa vie. En acteur de son oeuvre, il a aussi interprété sur les ondes des rôles de ses pièces, ainsi que des poèmes. Signalons pour finir que la radio lui a inspiré également des dessins (voir le Cahier). Fournissant de très nombreux documents inédits, ce dossier rassemble des textes et propos dispersés dans lesquels le poète s'exprime sur la radio comme moyen de création et de communication et sur ce qu'il écoute (sections I à III) ; une série de quatre entretiens, dont deux avec Georges Ribemont-Dessaignes (section IV) ; des textes écrits pour la radio : hommages, entre autres à Apollinaire, Giraudoux, Dullin, Éluard, Proust, Cendrars... (section V) ; préfaces parlées et présentations d'émissions (section VI) ; causeries et déclarations, mais aussi des textes pouvant être qualifiés d'oeuvres à part entière : le sketch Dîner de têtes, l'adaptation des Enfants terribles par Agathe Mella, l'impromptu Miracle en quatre morceaux et le reportage Voyage de l'Orphée II (section VII). La dernière section complète l'ensemble en proposant des réactions d'écoute glanées dans la presse et ailleurs.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.