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La poursuite
Henne William
5EME COUCHE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782930356976
Quand les sentiments sont pris dans les spirales infinies de l'administration ou quand, pour se suicider, on a besoin d'une licence sans laquelle on est passible de la peine capitale... Un personnage, victime de ses démons, se rend compte, un peu tard, que la machine administrative ne revient jamais en arrière. Deux trames s'alternent : dans la première, le personnage court vers la mort en entamant les démarches en vue de l'obtention d'un permis de se suicider, dans la seconde il tente d'échapper à un tueur. Les deux trames finissent par se rejoindre. Une première version de La poursuite a été publiée en 2001 : réalisée dans l'urgence, avec un trait enlevé, elle ne rendait pas l'ambition graphique initiale qui consistait à restituer la stature boursouflée de la justice et le rythme trépidant de la poursuite. C'est à présent chose faite.
Les protagonistes de cette histoire attendent un train qui n'arrive pas. Pour certains d'entre eux, cela fait des années. Il s'agit donc d'une variation sur un thème connu, puisque le thème de l'attente a déjà fait l'objet d'adaptations diverses. Une galerie de personnages divers s'entrecroisent dans ce hall de gare monumental aux allures de cathédrale ferroviaire : le chef-contrôleur qui s'arroge un pouvoir tyrannique sur les voyageurs, le bagagiste indiscret, le journaliste et rédacteur en chef de "La gazette de la Station", le courtier en assurance, le clown, le contrôleur retraité, le barman, la prostituée, le contrôleur stagiaire, le peintre, etc. Certains d'entre eux échafaudent des théories sur cet état des choses et ces spéculations font écho aux différentes grilles de lecture possibles du récit (métaphorique, poétique, mystique, existentielle, tragi-comique, ...). Le fil conducteur prend la forme d'une idylle, sentimentale en apparence, entre Jan, un jeune marin, et Mona, la fille du chef-contrôleur.
La mécanique du récit abolit lentement la liberté des personnages, qui se débattent mollement dans les apories et les questionnements, déployant leurs gesticulations comme chorégraphie de cette méditation graphique inédite.
Les haïkus dessinés de Matton interrogent, à la première personne, notre relation au monde. Ils forment une chronique de la pensée, ancrée dans le quotidien.
L'univers de François Burland est à l'image d'un grand bazar. On y trouve toutes sortes d'oeuvres : papiers recyclés, collés, peints ou gravés, broderies qui s'affichent comme des dessins colorés, sculptures ou jouets bricolés aux échelles brouillées. Le tout s'affranchissant des contraintes esthétiques pour permettre le jeu libre des formes et la magie du désordre. Ces authentiques créations ont de quoi surprendre. Elles mêlent des représentations vernaculaires à des images plus universelles qui s'associent au verbe, selon une propre logique. Ces oeuvres possèdent donc un mot d'ordre : le slogan ou mieux une parole qui attrape. A l'origine, dans l'ancienne Ecosse, le slogan signifiait le cri de guerre d'un clan. Aujourd'hui il est devenu une forme privilégiée de la communication de masse tant publicitaire que politique ou culturelle et fait partie intégrante de notre environnement. Chez François Burland, le slogan est tout cela à la fois, un alliage qui réunit le proverbe, la devise, la sentence et le cri de la foule. Il accroche, il rallie, il dicte. Il est certes un acte verbal mais sa lecture reste inséparable de sa forme plastique. Aussi pour comprendre l'esprit libertaire de cet artiste et sa capacité à être dans une attitude active et non soumise, il faut envisager la lecture de son oeuvre sous le signe de la résistance. "Créer c'est résister" pense Gilles Deleuze, qui établit "une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance" . Il précise : "résiste à la mort soit sous la forme d'une oeuvre d'art, soit sous la forme d'une lutte des hommes". François Burland l'artiste est-il un rescapé ? Son histoire, ses années en marge de la société, sa rencontre avec le Sahara et son itinéraire artistique le font tout simplement naître. "J'ai commencé à faire de la peinture pour échapper à la vie. Au bout du compte c'est elle qui m'a ramené à la vie... " Il peut prétendre à l'art.