Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Paysages territoires. L'Ile-de-France comme métaphore
Chevrier Jean-François ; Hayon William
PARENTHESES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782863641132
La région d'Ile-de-France, avec sa ville phare, Paris, est une des plus riches et des plus actives d'Europe. Mais que signifie cette richesse? Faut-il la mesurer exclusivement en revenu moyen par habitant? D'autres données statistiques font apparaître une réalité plus ambiguë. Les activités économiques d'une région métropolitaine produisent des inégalités sociales et culturelles, mais aussi une destruction du patrimoine paysager à leur mesure. C'est pourquoi l'action de classement et de protection menée par la Direction régionale de l'environnement (Diren) est dans cette région particulièrement nécessaire et significative. Ce livre en rend compte. Parmi les cinq cents sites "classés et protégés" que gère aujourd'hui la Diren, douze ont été retenus, dont la superficie et la définition patrimoniale varient très largement, depuis un jardin du XVIIIe siècle jusqu'à une vallée agricole, depuis une carrière de craie jusqu'à l'emprise d'un domaine de chasse royale, en passant par la réserve naturelle d'une zone inondable, le cours enfoui d'une rivière ou les parages d'une institution psychiatrique. Douze monographies, construites chaque fois différemment, à partir d'une enquête photographique, traduisent cette diversité de territoires habités, parlés, racontés et imaginés. Dans chaque cas, le parcours du photographe, orienté par un savoir géographique, constitue la trame d'un récit descriptif, nourri de témoignages contemporains et de documents historiques ou poétiques. L'information et sa mise en forme passent ici par l'image et sa mise en page mais aussi par l'écoute et le montage. La complexité et l'ambiguïté des situations décrites sont prises en compte, comme l'épaisseur ou l'opacité propres à la création artistique. L'Ile-de-France comme métaphore est un album photographique, documentaire et monumental. Et un essai à plusieurs voix de défense et illustration de l'environnement.
Papiers choisis", "reliquaires", "dessins de spirales", "traces graphiques"... l'oeuvre de Bernard Réquichot (1929-1961) dessine une trajectoire singulière entre Part informel et la poésie concrète, le Nouveau Réalisme et le Pop Art. De 1954, quand une voie personnelle se dégage de ses recherches, son suicide en décembre 1961, à la veille de sa deuxième exposition dans la galerie Daniel Cordier, il ne cessa d'expérimenter. Il fut l'un des protagonistes du renouveau du collage. Privilégiant explicitement l'étude du "monde intérieur ", il lia hallucination et énigme dans une imagerie aux tonalités contrastées, grinçante, pleine d'humour, allusive et hybride, biomorphique et fantastique. Cet ouvrage entend donner à son oeuvre la place qu'elle mérite dans l'histoire de l'art récent.
À partir de ces deux termes, « trame » et « hasard », Jean-François Chevrier entreprend dans l'essai principal du livre un récit de l'art moderne (Ernst, Arp et Taeuber, Cage) et contemporain (Kelly, Polke) qui croise la littérature (Mallarmé, Nietzsche, Musil, Walser) et l art issus du surréalisme (collage, improvisation, combinaison aléatoire, hallucination, etc.). La seconde partie du recueil rassemble quatre textes qui portent respectivement sur un écrivain, deux artistes femmes et un tandem d'architectes. Des énoncés éclatés de Cobble Stone Gardens de William Burroughs, aux projets de l'agence suisse Herzog et de Meuron qui associent structure et ornement, en passant par les grilles graphiques et chorégraphiques de Sophie Tauber-Arp et la redécouverte par Anni Albers des miniatures mexicaines du Mexique, Jean-François Chevrier file la métaphore de la trame et du hasard par-delà les disciplines et le temps.
En cinq textes, dont deux inédits, Jean-François Chevrier propose une nouvelle approche de l uvre de Walker Evans (1903-1975). Le premier est une étude image par image d American Photographs, le livre d Evans paru en 1938 à l occasion de sa première rétrospective au Museum of Modern art. Le texte suivant commente un reportage réalisé par Evans sur le parti communiste américain pour le magazine Fortune en 1934. L auteur analyse ensuite le faux vrai dialogue entre Evans et Henri Cartier-Bresson autour de leurs images d Amérique, puis la réception de l oeuvre d Evans par les artistes américains des années 1960, et ses échos dans les travaux photographiques de Dan Graham. Dans le dernier texte, il met en relation Many Are Called (1966), le livre constitué de portraits anonymes pris dans le métro new-yorkais à la fin des années 1930, et les portraits dramatiques, « anti-pop », d Andy Warhol.
Cette somme rassemble un choix de textes partis et inédits, fruit de trente années de recherche sur l'art du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle propose un récit foisonnant, vivant, lacunaire, érudit. L'art moderne a renouvelé les modes de perception, les définitions et les hiérarchies, le vocabulaire et la syntaxe des formes; depuis l'invention de la photographie, premier procédé d'enregistrement, il n'a cessé de se réinventer, entre oeuvre et activité. Jean-François Chevrier écarte les périodisations convenues (modernisme, postmodernisme) et les labels. Il fait apparaître des mécanismes de création, des réseaux de figures et des territoires qui participent de l'histoire autant que de la poésie. II retrace des situations spécifiques dans lesquelles une pensée et un geste ont fait surgir une forme, ici et maintenant, au-delà d'une conception étroite de l'actuel. Une phrase de Mallarmé pourrait servir d'épigraphe aux sept livres: "Mal informé celui qui se crierait son propre contemporain."
Rafael Moneo a consacré une grande partie de son activité professionnelle à l'enseignement et à la critique. Dans cet ouvrage, il a réuni les cours délivrés dans les années quatre-vingt-dix à la Harvard Graduate School of Design dans lesquels il analyse les oeuvres de huit architectes contemporains: Stirling, Venturi & Scott Brown, Rossi, Eisenman, Siza, Gehry, Koolhaas et Herzog & De Meuron. Le terme d'"intranquillité", introduit dans le titre, fait référence à la manière dont certains architectes abordent leur discipline, mêlant réflexion et pratique, et produisant des essais critiques plus dictés par la recherche que par l'élaboration d'une théorie systématique qui nourrit véritablement leur oeuvre. Le terme "stratégie" peut être interprété ici comme une série de mécanismes, de procédés, de paradigmes et de stratagèmes formels qui apparaissent dans l'oeuvre des architectes contemporains: ce sont eux qui permettent de configurer leurs projets. Ce livre constitue également le témoignage précieux, direct et immédiat d'un praticien qui a lui-même grandement contribué à l'évolution de l'architecture contemporaine.
Longtemps vu comme un artiste de prestige, appelé par la vocation et protégé par le "Prince", l'architecte est aujourd'hui amené à évoluer dans un contexte fortement dominé par le néolibéralisme mondialisé. Au cours des dernières décennies, la créativité personnelle, le travail immodéré, le "colloque singulier" avec la clientèle qui caractérisaient sa pratique ont progressivement cédé le pas à une logique comptable calquée sur les méthodes de l'entreprise. En matière de construction, privée comme publique, la priorité est désormais à la rationalisation des processus de production, aux démarches qualité, au New Public Management, et au recours aux contrats globaux (partenariats public-privé et contrats de conception-réalisation) qui sécurisent les commanditaires. Si quelques figures charismatiques de l'architecture font durer l'illusion, la profession, viscéralement attachée à son statut d'acteur culturel, traverse une véritable crise d'identité. Comment ne pas "perdre son âme" dans cette nouvelle donne ? A quels outils, compétences, stratégies recourir pour s'adapter ? Et, in fine, la voie néolibérale est-elle la seule possible ?
Résumé : " Un bon architecte n'est point un homme ordinaire, puisqu'indépendamment des règles fondamentales de son art, il est important qu'il soit muni de la théorie de ceux qui y ont relation, tels que les mathématiques, la perspective, la sculpture, la peinture, l'art du jardinage, la coupe des pierres, la menuiserie, la charpenterie, etc. tout est de son ressort. Il lui est également essentiel d'être homme de lettres, d'avoir reçu une éducation cultivée, et d'être d'une probité à toute épreuve ; Vitruve exigeait même que nous eussions des connaissances de la philosophie, de la physique expérimentale, de la médecine et de la musique. Qu'on juge donc par là de l'importance de cette profession, " Jacques-François Blondel, Discours sur la nécessité de l'étude de l'architecture, 1754. " Un sous-ingénieur doit avoir été doué d'un génie vaste et pénétrant, capable de découvrir les rapports, de saisir les objets les plus éloignés, d'atteindre les choses les plus abstraites, et d'en faire les applications les plus heureuses. Son esprit doit être cultivé pour soutenir par la force et la solidité de ses raisonnements, la profondeur et l'étendue de ses recherches : il doit avoir aussi reçu de la nature une âme sensible et patriotique pour hâter les projets qui lui paraîtront utiles à l'Etat et à ses compatriotes, et du goût pour distinguer les plus utiles et les moins dispendieux. " De Bourges, Dissertation d'élève de l'Ecole des ponts et chaussées, 1779.
Dans l'univers sans fin des cartes, les cartes d'îles possèdent un charme tout particulier. Les deux mondes, des cartes et des îles, s'y croisent, laissant émerger des formes riches et colorées. Cinq artistes, collectionneurs, chercheurs ont formé le collectif Stevenson pour en explorer et en célébrer les beautés, les incongruités, les fantaisies autant que la précision et la finesse. De la mise en commun de leurs trésors cartographiques chinés, dénichés, inhumés et patiemment amassés, est né Mappa insulae. Les îles s'y montrent parfois dans leur isolement absolu, cerclées d'une épaisseur bleue qui les sépare du reste du monde ; parfois en archipel, éparpillées "comme autant de pépins crachés dans l'eau" ; parfois encore simplement suggérées, récifs tapis sous des noms calligraphiés sur les flots. De carte en carte, d'île en île, de pensées en poèmes, nous voilà embarqués pour une traversée érudite et insolite.