Le 21 mars 2014, la république de Guinée confirmait l'existence d'une épidémie de maladie à virus Ebola, l'OMS faisant état par la suite d'une extension en Sierra Leone et au Libéria principalement puis au Nigéria. L'épidémie très rapidement s'est caractérisée par le taux de mortalité élevé (40%) et par la transmission au personnel soignant (881 professionnels de santé infectés dont 513 décédés). En août 2014, l'OMS décrétait finalement l'état d'urgence sanitaire. En réponse à la menace, la France mettait en place plusieurs mesures : l'alerte nationale pour freiner l'introduction du virus, la prise en charge des patients et informer les professionnels et le public, avec renforcement de l'organisation du maillage territorial, la mise en place de Task force interministérielle, pour organiser la riposte aux situations d'urgence sanitaire de portée internationale. Quelles leçons tirer de la prise en charge de cette épidémie par les Etats touchés et par les instances internationales ?
A l'occasion du centième numéro d'Adsp, nous avons souhaité avoir une approche rétrospective sur les thématiques abordées dans les dossiers. Des auteurs sont revenus sur ces sujets avec un regard diagnostique et ils proposent une analyse de ce qui a été fait depuis ? : le problème a-t-il évolué? ? Quelles réponses ont été apportées ?? Quelles en sont les perspectives ?? Ce numéro anniversaire reprend quelques grands enjeux de santé publique d'hier à aujourd'hui.
Le changement climatique a des impacts directs sur notre santé. Au-delà d'une température extérieure optimale comprise entre 20 et 25 °C, la morbi-mortalité augmente partout en France. Cela concerne particulièrement les populations vulnérables, sujets précaires ou personnes âgées, durant les phénomènes climatiques extrêmes, dont les vagues de chaleur sont parmi les plus marquants. Le nombre de régions affectées par les sécheresses augmente, la hausse des températures s'accompagne aussi d'un risque accru d'incendie et d'un déplacement des vecteurs pathogènes. Or le changement climatique a aussi des effets sanitaires indirects, en modifiant la biodiversité, la végétation ou la production agricole. Les récentes canicules en France, en Russie ou aux Etats-Unis ont à chaque fois entraîné une chute importante des productions céréalières, provoquant de sérieux problèmes d'approvisionnement et de fortes hausses des cours mondiaux. Afin de nous préparer à ces bouleversements et d'atténuer les effets du changement climatique, la réflexion doit intégrer deux paramètres : le long terme et la complexité. Il est essentiel désormais d'interpréter les interactions climat-énergie-économie-biodiversité-santé dans le cadre d'une écologie globale de la santé afin de mieux anticiper nos marges d'adaptation en situation de contraintes croissantes. L'enjeu est clair : si les températures de surface augmentent de 4 à 6 °C d'ici à la fin du siècle, il se peut que l'enchaînement des événements ne soit plus contrôlable.
L'objectif des articles de ce numéro est de faire le point sur l'effet sur la santé des politiques en temps de crise. Le "modèle social français" a-t-il permis d'amortir les effets de la crise ? Et, surtout, quelles composantes les diverses politiques publiques ont eu un impact, positif ou aggravant ? L'objectif est aussi de réfléchir à l'effet de la crise et des politiques qu'elle suscite pour les Français dans quelques décennies.
En France, plus de 15 millions de personnes sont atteintes de maladies chroniques, responsables de difficultés personnelles, familiales et socio-professionnelles importantes et d'altération de la qualité de la vie. Que faut-il proposer aujourd'hui à une personne qui présente les premiers signes d'une maladie chronique, pour éviter toute perte de chances dans l'évolution ultérieure : doit-on agir précocement ? Pour répondre à cette question, le HCSP a dressé l'état des lieux des carences de diagnostic et de prise en charge précoces des personnes atteintes de maladies chroniques. Les conséquences mesurables de ces carences pour la personne, l'entourage et la société (errances diagnostiques, constitution évitable au début de la maladie de lésions ensuite irréversibles, de complications?), ont été analysées, ainsi que les mécanismes en cause. La prise en compte des leviers conduisant à un retard dans le diagnostic et/ou la prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques, lorsque le bénéfice de la précocité est prouvé, constitue aujourd'hui un objectif à la fois important et réaliste, dans le but in fine d'améliorer l'état de santé global de la population concernée, ainsi que sa qualité de vie et celle des proches.
Ce rapport de la Cour des comptes vise à identifier les principaux axes de la réforme de gestion de l'Institut de France constitué de cinq académies. La loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006 a érigé l'Institut et les Académies en personnes morales de droit public à statut particulier placées sous la protection du Président de la République. La Cour a de nouveau examiné la gestion des institutions du quai de Conti et l'utilisation de leur patrimoine pendant les années 2014 à 2020. Ces institutions se trouvent aujourd'hui confrontées à une situation financière déséquilibrée en raison de négligences de longue date, auxquelles elles n'ont pas remédié depuis le dernier rapport de la Cour, et d'une succession d'évènements récents, parmi lesquels la crise sanitaire et le retrait anticipé de l'Aga Khan du domaine de Chantilly. Le soutien exceptionnel de l'Etat met en évidence l'impérieuse nécessité où se trouvent l'Institut et les académies de réformer leur gestion.