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Le sang de l'obéissance
Hatubou Salim
L'HARMATTAN
12,00 €
Épuisé
EAN :9782738441997
- Moi, dit Moustarab, Si j'avais une fille, je ne commettrais pas la même bêtise que M'zé Hadji... - Quelle bêtise? s'écrie le vieillard à s'arracher les poumons, M'zé Hadji n'a commis aucune bêtise. Il a choisi un mari pour sa fille mais Allah en a décidé autrement! - Moi en tous cas, soutient Moustarab mordicus, je ne donnerais pas ma fille de dix-sept ans à un homme de... Le patriarche se lève brusquement et brandit sa canne: - Attention à ce que tu vas dire, fils d'excréments! Attention! D'ailleurs, qui es-tu, toi, pour parler en public? Hein? Fais ton anda d'abord avant d'ouvrir ta bouche qui sent le boeuf mort! Vous êtes une génération perdue! Tu m'entends, espèce de charogne? Tu appartiens à une génération qui pousse sans respect, ni morale!" Le anda, mariage traditionnel, régit la société comorienne. S'il fait le bonheur des uns - les hommes qui acquièrent un noble statut social et la famille qui voit son honneur agrandi - il engendre des victimes: ces jeunes filles contraintes d'accepter un mariage imposé par leur famille. Dans Le Sang de l'obéissance, dialoguent la désolation et la réclusion de Fatma, dix-sept ans, forcée d'épouser Toufik âgé de soixante ans. Le Sang de l'obéissance est écrit pour que parle le silence.
Résumé : J'ai dit comme ça : - Jellounah, vraiment, t'es compliquée ! Tu sais comme moi que les Comores, c'est crise, sauf pour politichiens qui ont ventres comme volcan Karthala, grosses voitures et belles maisons. Moi, mon père n'a pas travail et ma mère vend bidons essence. Ils n'ont pas argent ! - Hé, Issou, arrête de pleurer comme chèvre qui accouche ! Vraiment là, tu es comme Râpe-Cocos, tu manges en pleurant ! Tu te plains, tu te plains, mais si tu fais pas efforts, à quoi bon la vie ? C'est vrai, école publique c'est mort. Normal, enseignants pas payés depuis des mois. Vas-y à école privée ! - Tsifude ! que j'ai fait. Comment payer école privée ? - Aide-toi et ciel t'aidera même ! a répondu Jellounah. Mais ciel n'est pas bailleur de fonds de mon pays, alors il veut pas aider. Donc, je suis devenu vendeur d'unités. C'est quoi même vendeur d'unités ? Lis livre, tu sauras. Nous, on était des enfants mais comme hommes politiques ont mangé tout pays, nous sommes devenus démons. Alors faut pas s'étonner que si tu plantes orties, tu récoltes grattage de fesses ! Obligé ! C'est moi Issou, âgé de douze ans de misère qui dis ça. Mon histoire là, c'est à se cogner la tête contre baobab même !
Je suis l'enfant d'une contrée de sagesse et de folie. Bercé par le son des tam-tams, je viens, les pieds nus, vous transmettre les mots de mes ancêtres bantus. Sachez que Conte n'aurait pas existé si la vieille femme ne s'était pas perdue à Allahalélé; si le vieux Gombé ne lui avait pas donné la petite marmite en terre qui contenait de belles histoires; si Soleil, jaloux et aigri, ne l'avait pas cassée. Depuis, chaque pays détient des contes, mais prenez garde de ne jamais les raconter en présence de Soleil. Quand je vous dirai: "Allahalélé", répondez: "Gombé". Ainsi, ensemble, nous scellerons le pacte des origines du Verbe
Nous restions pendus aux lèvres de grand-mère, conteuse aux charmes d'argent. Elle contait telle histoire comme si elle était l'héroïne ou un témoin. Les Comores, îles de l'Océan indien, sont riches de contes et de légendes. Jadis, tout le monde se retrouvait la nuit et une voix s'élevait pour faire voyager l'assistance dans un monde imaginaire...
Après un cyclone et contraints par un politicien aux ordres d'un homme d'affaires véreux, les habitants de Hamouro, village côtier du Rocher Hippocampe, abandonnent cases et terres pour s'installer à M'piyani-Ville-Nouvelle. Seule kanamagno-l'Edentée, une vieille folle, résiste et croit encore en la résurrection des lieux. Avec l'arrivée de Bubu, un enfant muet mystérieusement venu des eaux, la vie reprend... Mais Hamouro restera-t-il longtemps ce havre de paix où se sont réfugiés les damnés d'une indépendance inachevée ?
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.