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FRENCH STUDIES N° 30 : GEORGE SAND : INTERSEXUALITE ET POLYPHONIE I. PALIMPSESTES, ECHANGES, REECRIT
Harkness Nigel ; Wright Jacinta
PETER LANG LTD
81,30 €
Épuisé
EAN :9783039119875
L'oeuvre littéraire de George Sand entretient un dialogue multiple, manifeste et soutenu avec d'autres auteurs et d'autres textes. Ce dialogue, engagé surtout avec des prédécesseurs et des contemporains tels que Rousseau, Shakespeare, Goethe, Mme de Genlis, Balzac et Haubert, n'est pas uniquement textuel ; il est aussi idéologique. Comme le soulignent les études réunies dans ce volume, la pratique sandienne d'une intertextualité littéraire suggère une conception démocratique du champ littéraire, dans laquelle les hiérarchies verticales sont abolies, et des concepts tels que l'imitation et l'influence sont marginalisés dans une pratique de l'écriture qui intègre une pluralité de voix et dans laquelle les ouvrages de ses prédécesseurs et de ses contemporains sont remémorés, absorbés, cités, contestés, retravaillés, transformés ou parodiés. Intégrer les voix d'autrui dans le tissu du roman émerge ainsi comme un principe fondamental de l'écriture sandienne.
A travers la biographie de John Patrick Leonard transparaît une histoire des relations franco-irlandaises au XIXe siècle. Professeur d'anglais dans un collège parisien, il mène une vie honorable et conforme aux normes de la société française. Il utilise habilement les réseaux qu'il s'est constitué dans différents milieux, au sein de l'aristocratie et de la bourgeoisie françaises, du clergé catholique, et des cercles politiques et économiques, pour construire des projets tels que la colonie irlandaise d'Algérie (1869), l'ambulance irlandaise durant le conflit franco-prussien (1870–1871), et la promotion des industries irlandaises dans les Expositions universelles. Parallèlement et dans le plus grand secret, Leonard se lie à de nombreux nationalistes irlandais comme William Smith O'Brien, James Stephens et John O'Leary. Basé sur de nombreuses sources inédites, cet ouvrage offre une nouvelle perspective sur l'histoire irlandaise. Il souligne l'internationalisation de la question irlandaise durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ce livre révèle également les liens tissés entre les élites françaises et irlandaises, les activités et les projets de Leonard reposant sur les réseaux sociaux qu'il construit sa vie durant dans différents milieux, en France et en Irlande.
Ce livre est centré sur un projet de traduction spécifique, celui de rendre en français le roman Southern Steel (1953), de l'Australienne Dymphna Cusack. Grande amie de Miles Franklin, elle se fit le chantre d'une littérature véritablement australienne par ses thèmes et par sa langue. Ce roman, situé à Newcastle en 1942 et peuplé de personnages truculents qui parlent la langue colorée des ouvriers ou des marins, est aussi une peinture acerbe des effets de la guerre sur la ville. A partir d'un tel texte, quelle était la meilleure façon de mener à bien le transfert de langue et de culture ? Comment pouvait-on traduire les spécificités de l'anglais australien et rendre en français les désignateurs de référents culturels ? Ce livre propose une analyse de plusieurs approches de traductologues, en particulier de ceux qui se sont intéressés à la problématique du transfert du culturel, pour tenter de trouver des solutions concrètes qui, loin d'être toujours entièrement satisfaisantes, ont l'avantage de montrer que le traducteur, confronté à l'obligation de choix, doit parfois savoir se distancier de la théorie pour rester au plus près du texte.
Toujours en cheminement ("comme frères mineurs vont leur chemin faisant") vers un insaisissable point, "éternel tiers" ou "ici-loin" , Beckett ne cesse de nous prévenir, comme Pascal en son temps, de deux erreurs fatales : "1 prendre tout littéralement. 2 prendre tout spirituellement" . En acceptant l'inconnaissable, l'écrivain a su convertir l'esprit trivial irlandais - cette lande ironique, quoique parfois mystique - en chair spirituelle, en langue (a-)visuelle. Le travail beckettien - pas seulement textuel, lorsqu'il est théâtral, radiophonique, télévisuel... - oeuvre à la "transsubstantiation" de la matière en lumière, relie le concret à l'abstrait, bien que la lumière puisse encore être de l'ordre du phénomène, en tant que vestige d'un big-bang esthétique inédit. Pour Beckett, face à la mise en doute de "l'être-là" comme de "l'au-delà" , l'auteur a préféré employer la notion d' "autre-là" . Car "il n'y a rien ailleurs" , tout est dans "l'autre-là" d'un passage luminescent, d'une trace, d'un mirage, ou d'une réelle lucidité. La solution paradoxale d'un réalisme mystique, d'une spiritualité sans dieu, sans religion, sans évidences, ouvre au "dépaysement" , à la glissade - ou à l'élan - "vers l'inconnu en soi" , ce "hors-sujet" indiscernable, encore une fois cet "autre-là" , à la fourche des voies.
A la recherche du temps perdu s'enracine dans le XIXe siècle et son ombre touffue tend à éclipser les premiers textes plus ou moins achevés qui ont nourri le roman de la maturité. Quel est le statut de ces oeuvres de jeunesse, Les Plaisirs et les jours et Jean Santeuil ? Le choix d'un genre littéraire est crucial ainsi que l'hésitation entre prose et poésie. Proust explore déjà les ressorts de la comédie mondaine, l'oscillation entre enfer et paradis dans une perspective initialement réaliste. Le poids de l'intertextualité est indéniable mais l'héritage du XIXe siècle n'entrave pas l'amorce de renouvellement et d'innovation. Un premier recueil composite (Les Plaisirs et les jours) et un roman inachevé (Jean Santeuil) nous permettront d'entrevoir les promesses et les prémices de l'oeuvre à venir, dans ce premier mouvement inspiré reposant sur l'imitation avec ses maladresses, mais aussi ses intuitions et son originalité.