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Mes loisirs, ou Journal d'événemens tels qu'ils parviennent à ma connoissance (1753-1789). Volume 3
Hardy Siméon-Prosper
HERMANN
67,30 €
Épuisé
EAN :9782705683986
Extrait de la présentationLa régénération impossible de la MonarchieL'actualité des années 1773 et 1774 permet à Siméon-Prosper Hardy d'alimenter sa chronique du «grand dérèglement de la monarchie». C'est tout un monde qui s'effondre à partir de 1753, avec le déclenchement du conflit entre Louis XV et les parlements dans le contexte de la querelle religieuse opposant les jansénistes aux partisans de l'orthodoxie représentée par la bulle Unigenitus. Le coup d'État de Maupeou de 1771 ouvre selon ses adversaires une période de tyrannie, face à laquelle le libraire janséniste parisien souhaite témoigner. C'est dans ce contexte qu'intervient la petite vérole de Louis XV. Cet événement prend la signification d'une catharsis. Point culminant de la dégradation de la monarchie mais aussi possibilité de régénération, il autorise l'avènement du nouveau roi Louis XVI, porteur de tous les espoirs de l'opinion. Cette séquence du Journal de Hardy est donc susceptible d'étayer une réflexion sur la culture politique de l'Ancien Régime, et en particulier sur le processus de déconstruction de l'image du roi, à l'oeuvre dès la seconde partie du règne de Louis XV mais qui s'accélère du fait des échecs répétés du règne de Louis XVI, et dont le déroulement contribue à rendre intelligible le fait révolutionnaire.Le journal du libraire parisien est une source majeure pour comprendre la formation de l'opinion publique. Par son minutieux travail de collecte des informations, Hardy donne à voir ce qui se pense et ce qui se dit sur les événements qui lui semblent les plus significatifs, dans une démarche de témoignage face aux dérèglements du temps. On peut donc considérer le journal comme l'écume d'une époque et y prélever ce qui semble significatif des points de vue des contemporains, du moins de ceux dont la parole est susceptible de s'être alors révélée. Le Journal de Hardy fournit aussi de façon plus ponctuelle une série d'appréciations personnelles qui permettent plus directement de mesurer l'évolution du positionnement politique d'un libraire janséniste, révélateur de l'opinion de la bourgeoisie parisienne dont il se veut un honorable représentant. On peut ainsi s'interroger sur la participation du jansénisme au processus complexe de formation de l'espace public.L'actualité politique de ces deux années incite à appréhender les évolutions intervenues dans le champ politique qui s'était élaboré depuis le début du XVIIe siècle. Hardy est le témoin d'une crise du système symbolique, qui affecte en particulier le roi comme clé de voûte du régime absolutiste. On peut évaluer dans son écriture les espoirs et les déceptions inhérents à la personne des deux rois qui se succèdent alors et, plus généralement, les conceptions politico-religieuses de ses contemporains. On peut aussi procéder de façon plus indirecte, en élargissant la réflexion à la perception du politique, de l'action des ministres, et même plus largement à l'évolution de la vision de l'événement, de façon à comprendre plus globalement l'évolution du système de représentations.
Publiés pour la première fois en Allemagne en 1961, Les Cahiers du comte Kessler débutent en 1918 et s?achèvent en 1937. Œuvre d?un diplomate et d?un grand amateur d?art, cet ouvrage constitue un document exceptionnel de l?histoire politique et intellectuelle de l?Allemagne de l?entre-deux guerres. Témoin des dernières heures de la guerre de 1914 et des balbutiements du Reich, fin commentateur politique, Kessler rend également compte de plusieurs de ses entretiens avec nombre d?artistes et de scientifiques célèbres. Ainsi rencontre-t-on Cocteau et Radiguet à Paris lors d?un déjeuner au B?uf sur le toit, Hofmannsthal à Weimar, Thomas Mann, André Gide et Albert Einstein à Berlin.A la faveur de ces Carnets, on assiste également aux confessions de Kessler lorsqu?il apprend le décès de la célèbre danseuse Isadora Duncan, ou encore après la mort de son vieil ami Hofmannsthal. Commentateur politique et artistique, Kessler se fait aussi le rapporteur d?anecdotes passionnantes qui ont le charme de l?intimité des grands hommes: Albert Einstein expliquant les raisons qui le poussent à croire en l?existence de dieu lors d?un diner chez Kessler, le désespoir de Stresemann face à la candidature de Hindenburg.Les Cahiers de celui dont Julien Green disait qu?il avait été cet « allemand d?autrefois, courtois et instruit » révèlent l?horreur et le merveilleux de cette période de l?Histoire où les pires brutes entreprennent la destruction de l?intelligence européenne.
Hardy Siméon-Prosper ; Bastien Pascal ; Juratic Sa
Homme du livre très certainement, Siméon-Prosper Hardy (1726-1806) fut aussi un homme de la rue. Marcheur infatigable au regard acéré et à l'oreille attentive, il observait, écoutait, lisait, annotait et échangeait : au final, cette plume compulsive produisit un immense journal autographe rapportant tout à la fois les grandes préoccupations politiques du siècle et les soubresauts les plus singuliers du quotidien - à un moment où, du reste, le quotidien constituait aussi une grande préoccupation politique. Publié pour la première fois dans son intégralité, le Journal de Hardy peut désormais être compris dans la cohérence d'un véritable projet d'écriture. Consulté par fragments, le Journal révèle des bruits et des rumeurs ; embrassé dans son ensemble, il révèle avec une extraordinaire acuité une ville en crise, bouillonnante et inquiète, prise entre la banalité des jours qui se suivent et la fragilité des vies qui passent. Chaque volume présente une analyse thématique du manuscrit capable de rendre compte de la richesse du Journal en croisant constamment l'événement avec le siècle, et la nouvelle avec l'Histoire. Après avoir exploré le projet d'écriture de Hardy (volume 1), sa sensibilité et ses sociabilités jansénistes (volume 2), sa conscience politique (volume 3), sa conception de l'ordre urbain (volume 4), sa position de libraire et d'homme du livre (volume 5) et son appréhension de l'espace parisien (volume 6), le présent volume interroge la façon dont ce petit notable parisien consomma la rumeur et le bruit public pour fonder un système d'informations complexe et cohérent.
Dans le fauteuil de son cabinet de travail, lunettes sur le nez, il dévore les imprimés du jour. Dans la rue, il observe ses compatriotes et sent l'agitation qui les traverse. Chez Edé son boulanger, il capte et partage les inquiétudes provoquées par l'augmentation effrénée du prix du pain. Nourri par ce faisceau d'informations, Siméon-Prosper Hardy poursuit la rédaction de son "histoire du temps présent" et noircit ses grands registres des faits et des rumeurs d'une société qui s'engorge. Sous sa plume, 1788 multiplie les drames. Les désaccords s'avivent entre les parlements et la Cour. L'orage de juillet est dévastateur et aura des conséquences durables et dramatiques sur les récoltes. De la journée des Tuiles à Grenoble, aux émeutes du pont Neuf et de la place Dauphine à Paris, le peuple ne retient plus sa colère. Présentés comme une évidence dans toutes les brochures qui circulent dans le royaume, les Etats généraux, enfin, sont convoqués pour 1789.
Les technologies visant à augmenter les capacités physiques et psychologiques des soldats ont toujours fait partie intégrante de l'histoire militaire. Toutefois, les recherches actuelles n'ont plus rien à voir avec les expériences du passé, à tel point qu'il est désormais possible de parler d'une révolution de la condition humaine qui mènera à plus ou moins brève échéance à une situation où les guerres du futur seront menées par des "super soldats". Cette possibilité, qui est de plus en plus réelle et inévitable, mais qui demeure étonnamment négligée par les éthiciens, ouvre la porte à une série de questions fondamentales : ces technologies sont-elles moralement problématiques ? Si elles sont permises, en vertu de quels critères est-il possible de distinguer celles qui sont acceptables de celles qui ne devraient pas être tolérées ? Ces innovations vont-elles enfreindre les principes moraux de la "guerre juste" ? Quels devraient être les paramètres éthiques du développement de ces technologies ? Ce premier ouvrage en langue française sur le soldat augmenté cherche à répondre à ces questions. Refusant d'adopter un point de vue manichéen sur cette question, Jean-François Caron explique que les nouvelles technologies d'augmentation entraînent un dilemme moral important. D'un côté, elles peuvent être interprétées comme une obligation morale de la part de l'armée à l'égard des soldats. De l'autre, elles peuvent également entraîner des violations des règles de la guerre. A la lumière de cette tension, l'auteur propose une vision nuancée des tenants et aboutissants de ces technologies militaires et suggère un cadre éthique original permettant de délimiter leur développement et leur utilisation.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
La monarchie française se devait, par tradition, d'être accessible à ses sujets. Cet usage créait des situations que les étrangers trouvaient fort surprenantes. Ainsi, le courtisan italien Primi Visconti, présent à la cour de France de 1673 à 1681, écrivait-il dans ses Mémoires qu'"en Espagne les princes ne peuvent être abordés que par des bouffons alors qu'en France ils le sont par tout le monde". Cette tradition se poursuivit au XVIIIe siècle et Louis XV, puis Louis XVI, certes dans une bien moindre mesure, continuèrent cette pratique de vie en public. On a donc bien du mal à imaginer une quelconque vie privée du souverain... Celle-ci s'organisait surtout pendant les "heures rompues", c'est-à-dire dans les "trous" laissés par l'emploi du temps de sa journée ritualisée qui, depuis Louis XII, connaissait une régularité plus ou moins affirmée. En raison de son caractère, précisément "privé", il est bien difficile d'envisager la vie des souverains hors de leur représentation publique. C'est la raison pour laquelle il convient toujours de considérer, et la vie publique, et la vie privée pour appréhender cette dialectique complexe que représentaient les "deux corps du roi", pour reprendre l'expression d'Ernst Kantorowicz.
Elle croyait à la destinée et elle avait raison ". Mme de Pompadour, cette bourgeoise, promue au rang de maîtresse royale par Louis XV, tient une place très particulière dans l'histoire des grandes favorites : c'est tout à la fois une amoureuse et une femme de pouvoir, dont "le règne" a duré vingt ans. Belle, intelligente, cultivée, douée d'une rare énergie, en dépit d'une santé chancelante, imprégnée de philosophie, amie des encyclopédistes, elle séduit un monarque profondément dépressif. Elle l'entoure d'une chaude tendresse, prévient le moindre de ses désirs et parvient toujours à l'arracher à sa mélancolie. Mais elle comprend très vite que, pour durer, son ascendant doit s'exercer sur l'esprit du monarque plutôt que sur ses sens. A mesure que s'éteint le désir, son influence politique ne cesse de grandir. Moins elle est traitée en amante, plus elle agit en souveraine : elle fait et défait les ministres, conseille les ambassadeurs, s'engage dans les tractations diplomatiques, correspond avec les généraux, exerce son discernement comme protectrice des arts, où elle tient, avant la lettre, le rôle de ministre de la Culture. En ce milieu de siècle où la prééminence mondiale de la France est en jeu, Mme de Pompadour, " l'amie nécessaire " de Louis XV, connaît le destin extraordinaire d'une maîtresse qui ferait office d'épouse, de ministre et de thérapeute.
L'honneur, qui veut toujours régner, se révolte, et il ne reconnaît point de loi. " Cette phrase de Montesquieu semble avoir été lue par les protagonistes des trois histoires qui composent la trame de cette étude : un marquis trop sûr de son droit, au point d'envisager de traîner le roi en justice ; un modeste affairiste entraîné dans une affaire dont les intérêts le dépassent ; un jeune officier d'un régiment colonial, envoyé dans la lointaine Ceylan par sa famille. Si les fils de ces récits sont par trop éloignés pour se croiser, ils n'en forment pas moins un saisissant tableau de ce que pouvait être la France des dernières décennies de l'Ancien régime : un monde régi par un droit non pas rigide, mais pluriel, une société où l'initiative individuelle reste suspecte, mais nécessaire. Il fallait, pour raconter dans leur globalité ces trois destins d'Ancien régime, tour à tour surprenants, tragiques et terriblement humains, imaginer une approche différente de l'histoire et de son récit.