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De Lothaire à Innocent III. L'ascension d'un clerc au XIIe siècle
Hanne Olivier
PU PROVENCE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782853999168
Innocent III (1198-1216) fut l'un des papes les plus marquants du Moyen Age. Mais l'importance de son action à la tête de l'Eglise a longtemps occulté le passé de celui que l'on surnomma "la stupeur du monde". Or, avant son pontificat, il connut une brillante et rapide ascension que les sources permettent de retracer. Lothaire de Segni était un fils de l'aristocratie du sud du Latium, implantée à Rome. Esprit rigoureux, formé par les meilleurs maîtres de son temps à Rome, Bologne et surtout à Paris où il fréquenta les écoles de Saint-Victor et du Cloître Notre-Dame, il devint un théologien réputé à la curie, auteur de trois ouvrages majeurs, expert en exégèse et en liturgie, instruit en dialectique. Dès l'enfance, il entra au service de l'Eglise romaine et fut soutenu au long de son cursus par un groupe de clercs et de cardinaux influents. Promu lui-même cardinal des Saints-Serge-et-Bacchus à vingt-neuf ans, il fut élu pape dix ans plus tard, le 8janvier 1198, porté par l'espoir d'une réforme de l'Eglise, espoir que semblait incarner sa jeunesse. L'étude de cette carrière exceptionnelle illustre les chemins qui, au XIIe siècle, mènent au pontificat, et les critères plus ou moins implicites de l'élection : la personnalité du candidat - tributaire des archétypes moraux de l'époque -, ses compétences intellectuelles, le poids du contexte politique et des réseaux d'influence, tout en laissant sa part au hasard, ou à la Providence comme l'affirment les sources.
L'Europe découvre l'islam avec la conquête de l'Espagne au VIIIe siècle, mais c'est avec les croisades que s'améliore la connaissance de la culture arabe au XIIe siècle. Des moines et des clercs recherchent la science grecque dans le monde musulman, apprennent la langue arabe et procèdent aux premières traductions du Coran, que l'on appelle à l'époque l'Alcoran. Le commerce et la diplomatie en Méditerranée exigent de comprendre l'adversaire dans sa langue pour mieux échanger. Des Européens polyglottes se risquent en Orient. Les traductions se multiplient, accompagnées de dossiers polémiques. Pourtant, malgré les préjugés, la connaissance du Coran se répand, enrichissant les réflexions des savants de la Renaissance et des Lumières. L'arabe entre dans la culture classique européenne, jusqu'à susciter une véritable fascination au XIXe siècle à travers l'orientalisme. Comment les Européens ont-ils appris l'existence du Coran et ont-ils pu se le procurer ? Comment traduisait-on ce texte dont la religion paraissait si étrangère ? Qui parlait l'arabe en Europe avant le XXe siècle ? Cet ouvrage retrace quatorze siècles d'étude de la langue arabe et du Coran en Europe, montre comment la civilisation occidentale a construit son rapport à l'islam, et pourquoi la question culturelle l'emporte finalement sur la différence religieuse.
En 1412, Jeanne d'Arc naît à Domrémy dans une famille de paysans aisés. A l'adolescence, des voix l'exhortent à libérer la France du joug anglais. Elle est présentée au roi Charles VII, qu'elle convainc de sa mission divine. Son triomphe est sans égal. En quelques mois à peine, elle délivre Orléans des troupes ennemies et le roi est sacré à Reims. Mais le succès est de courte durée : l'héroïne est controversée, jugée pour hérésie et condamnée au bûcher à l'âge de 19 ans. Son élan, à la fois politique et religieux, en a fait une chef de guerre et une sainte de l'Eglise catholique. Dans cette biographie enrichie de nombreuses références d'époque, c'est toute la personnalité de Jeanne d'Arc que l'on perçoit, des mystères de sa vie intime à ses exploits militaires. C'est le "surgissement de l'impossible" par une "Pucelle" devenue figure majeure de l'histoire de France.
Extrait Extrait de l'introduction Mahomet est le seigneur des deux mondes, des deux races et des deux nations : les Arabes et les non-Arabes. C'est lui notre prophète : il a ordonné le bien et défendu le mal. Nul ne fut plus véridique que lui dans ses négations et ses affirmations. Al-Bûçîrî (mort en 1294), Poème du manteau. C'est le début de la matinée à Médine. Le calendrier traditionnel a retenu la date du 13 du troisième mois lunaire, c'est-à-dire le lundi 8 juin 632. Abu Bakr, ami et beau-père de Mahomet, dirige la prière rituelle des croyants. Soudain, une main écarte la tenture séparant la demeure du prophète de la salle de prière. Un homme vieilli apparaît, la tête enveloppée d'un bandeau. Un témoin affirme qu'il semblait en bonne forme ce jour-là et qu'il souriait. On crut même qu'il était guéri. Abu Bakr se recule afin de laisser à son gendre la première place, mais celui-ci l'invite à poursuivre : «Conduis la prière.» Une fois le rite achevé, Mahomet prend la parole devant les musulmans : «Ô hommes ! Le feu est attisé, les séditions approchent comme les ténèbres de la nuit obscure. Je le jure par Dieu, vous ne pouvez rien dire à ma charge. Je n'ai déclaré licite que ce que le Coran a déclaré licite, et je n'ai déclaré illicite que ce que le Coran a déclaré illicite.» Ce sont ses dernières paroles publiques. La mort du prophète L'homme rentre alors dans sa chambre et se couche, son épouse 'Âisha à côté de lui. Le prophète agonise, parvenu au bout de son destin à soixante-trois ans - ou soixante-cinq selon d'autres traditions - homme de prière, seigneur de tribus, législateur, guerrier. À quoi attribuer sa mort ? A l'empoisonnement dont il a été victime quelques années plus tôt ? Au paludisme de la région médinoise ? Peut-être plus simplement à l'épuisement d'une vie qui a tout connu, tout traversé : l'angoisse, l'extase, la persécution, l'amour, le pouvoir et la guerre. Épuisé, Mahomet appuie sa tête sur le sein de 'Âisha. Les deux époux restent ainsi jusque vers onze heures. La jeune femme lui propose de se nettoyer les dents. «Veux-tu que je te donne ce cure-dents ?» 'Âisha mâche un petit morceau de bois avant de le tendre à son époux. Celui-ci gratte lentement ses dents, comme il avait coutume de le faire, mais ses forces l'abandonnent. Sentant le corps de son homme de plus en plus pesant et une sueur abondante, 'Âisha regarde le visage du mourant. La bouche entrouverte et les yeux vers le ciel, Mahomet bredouille une dernière parole, mystérieuse : «Mais la plus haute compagnie dans le Paradis...» La jeune femme cherche à le rassurer : «On t'a donné à choisir, et tu as choisi, je le jure par celui qui t'a envoyé avec la vérité.» Puis Mahomet s'éteint. 'Âisha dépose alors sa tête sur un coussin, sort de la pièce pour annoncer le décès du prophète et appelle les autres femmes à se battre la poitrine et le visage en signe de deuil. La nouvelle se répand rapidement et un trouble immense envahit la ville de Médine, si bien qu'on en oublie presque d'enterrer le corps de Mahomet, resté dans la maison avec les femmes. Les hommes se rassemblent mais déjà des divisions surgissent entre eux, notamment entre les Médinois et les fiers Mecquois qui ont accompagné le prophète dix ans plus tôt. Qui pourra désormais être le Prince des Croyants ? Certains proposent de nommer deux chefs, issus des deux villes de l'islam. Mais 'Omar, cousin de Mahomet, prend la parole devant tous les autres et s'adresse au beau-père du défunt : «Étends ta main, ô Abu Bakr !» L'autre s'exécute et 'Omar le reconnaît comme calife, le khalifa, bientôt imité par l'ensemble des croyants. Les partisans de 'Alî, gendre et cousin de Mahomet, dénonceront par la suite un coup d'État visant à écarter du pouvoir le plus proche parent du prophète.
L'islamologue français se trouve dans un champ de mines. D'un côté (grincement de dents) : pas de doute, le Coran fait bien partie de notre histoire et il faut inclure ses savoirs historiques dans une réflexion commune. De l'autre (indignation) : encore faut-il que les musulmans intégristes mais aussi traditionalistes acceptent de se soumettre à la loi commune de la république. Olivier Hanne raconte sans détour sa spécialité et son métier. Il évoque ses débuts en Egypte, son immersion dans une école coranique de la banlieue parisienne tenue par les Frères musulmans et son expérience de conseiller en entreprise ou auprès des "services". Sans oublier les moments possibles d'amitiés spirituelle et citoyenne avec la communauté musulmane. Ce récit très personnel est l'occasion d'aborder des questions au coeur des débats depuis plusieurs années : le voile, les femmes, la religion au travail, la modernisation de la théologie, le salafisme, la radicalisation et le terrorisme.