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Le malentendu. Race, classe et identité
Haider Asad ; Leÿs Valentine
AMSTERDAM
17,00 €
Épuisé
EAN :9782354802561
Quels sont les écueils auxquels les militants antiracistes se trouvent confrontés lorsqu'ils mobilisent la notion de "race" ? Et comment peuvent-ils s'en prémunir ? Asad Haider trace dans cet ouvrage une généalogie des politiques de l'identité, dont il met en relief le passage d'une inscription dans la tradition révolutionnaire à l'affirmation d'une position libérale. Revenant sur sa trajectoire personnelle au sein des luttes antiracistes menées aux Etats-Unis ces deux dernières décennies, il éclaire les multiples controverses suscitées en leur sein par l'héritage du Mouvement des droits civiques. Il montre ainsi que les luttes comme Black Lives Matter ont donné lieu à la confrontation de conceptions antagoniques de l'identité : tandis que l'une, abstraite et consolatrice, en fait le support d'une demande individuelle de reconnaissance qui naturalise les inégalités sociales, l'autre insiste au contraire sur la dimension construite des identités et la fonction de justification des structures sociales qu'elles remplissent. Il résulte de cette démarche une série de mises au point à la fois historiques et théoriques sur certains des débats les plus vifs qui animent les espaces publics étatsunien et, désormais, français - qu'ils portent sur la perspective "séparatiste" théorisée par les penseurs afropessimistes, sur la rhétorique des identités offensées, ou encore sur les traits constitutifs de la blanchité.
Sur la scène artistique internationale, Sayed Haider Raza occupe depuis longtemps une place très singulière : par son enfance et sa première formation, ce grand peintre indien qui a exposé dans le monde entier appartient indéniablement à son pays d'origine ; par ses cinquante années passées à Paris, ses amitiés, son mariage avec une artiste française, il est de France, de l'école dite de Paris, laquelle a su accueillir des créateurs venus de tous horizons. L'?uvre de Raza est proche, sous certains aspects, de l'art abstrait occidental, mais elle renvoie aussi bien aux couleurs et aux signes fondamentaux de la culture indienne. Les combinaisons de formes géométriques qui organisent ses toiles depuis les années quatre-vingt constituent la métamorphose contemporaine d'une très ancienne tradition indienne, celle des mandalas, dont la symbolique s'est répandue avec le bouddhisme dans toute l'Asie. Ces architectures colorées d'une rare puissance sont autant d'invitations à la méditation, et à l'éveil de l'énergie secrète qui anime tout être.Les mandalas de Raza, figures picturales tout imprégnéesde spiritualité, sont ici accompagnés de textes issus de l'Inde antique ou moderne, mis parfois en écho avec des pensées venues de l'Occident. Olivier Germain-Thomas, écrivain familier depuis toujours de l'univers indien, présente cette ?uvre magistrale et le parcours artistique de son auteur.
Biographie de l'auteur Fille d'universitaires anglais, Mo Hayder est née à Londres. A 16 ans, en 1978, elle quitte brutalement sa famille et exerce divers petits emplois avant de partir au Japon, à l'âge de 25 ans, où elle réside pendant deux ans. Attirée par le cinéma d'animation, elle s'installe à Los Angeles pour y entreprendre des études de cinéma. De retour en Grande-Bretagne, Mo Hayder décide alors de se consacrer à l'écriture. Elle fréquente les milieux policiers, les médecins légistes, et met deux ans à écrire Birdman à partir de notes prises sur le terrain. Avec ce premier roman, elle fait une entrée très remarquée dans le monde du thriller. Suivra L'homme du soir (2002), mettant également en scène l'inspecteur Jack Caffery. Plus récemment, Tokyo, publié aux Presses de la Cité, a été le lauréat du Prix SNCF du Polar européen, ainsi que du Prix des lectrices de Elle. Pig Island, le nouveau roman de Mo Hayder, vient de paraître aux Presses de la Cité.
Cette anthologie réunit les reportages graphiques et carnets de voyage réalisés depuis dix-huit ans par Jens Harder (Alpha, Beta, Gilgamesh...) dans 14 villes : Berlin, Le Caire, Bâle, Naples, Lucerne, Jérusalem, Montréal, Beijing, Novosibirsk, Edimbourg et Lima, mais également Marseille, Nantes et Lyon. Un voyage autour du monde porté par un regard qui capte l'insolite.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.