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Le plus pur nominalisme. L'énigme de Goodman, "vleu" et usages de "vleu"
Hacking Ian ; Pouivet Roger
ECLAT
18,00 €
Épuisé
EAN :9782905372826
Nelson Goodman, publiait en 1953 un texte intitulé "La nouvelle énigme de l'induction" (Faits, fictions et prédictions, Minuit, 1984) dans lequel il avait recours au terme vleu (grue) pour définir la couleur d'une émeraude à une date donnée. Des dizaines d'articles ont été publiés depuis sur cette énigme good-manienne. L'ouvrage de lan Hacking (inédit en anglais) montre quel en est l'enjeu philosophique. Vleu appartient certainement à cette tradition des fictions philosophiques qui permettent, par un décalage brusque avec nos usages obvies, de découvrir leur caractère à la fois naturel et conventionnel. Savoir pourquoi nous n'employons pas un prédicat comme vleu, c'est poser le problème, beaucoup plus vaste, de notre ontologie spontanée, de l'étiquetage et du classement quotidiens des choses qui nous entourent. Mais Hacking ne place pas seulement l'intention de Goodman dans une perspective philosophiquement plus large, il la situe aussi dans la tradition nominaliste d'Ockham, Hobbes, Locke, Hume, Mill et peut-être Russell. C'est même sans doute l'ignorance de cette tradition qui a rendu l'enjeu de la "nouvelle énigme de l'induction" difficile à comprendre : montrer que classer et généraliser sont une seule et même activité.
Hacking Ian ; Brumberg-Chaumont Julie ; Revol Bert
Résumé : Peut-on " réécrire l'âme ", la façonner, créer de nouveaux troubles psychologiques ? Depuis le XIXe siècle, la mémoire est l'instrument de cette réécriture. Nous " nous " pensons désormais largement à travers cette question de la mémoire. Mais elle est venue en percuter une autre : celle des traumas et, en particulier, des violences sexuelles faites aux enfants. Le mélange pourrait bien être explosif. Ignorée jusque dans les années 1970, la question des violences sexuelles faites aux enfants a envahi notre quotidien. On a vu apparaître des experts, attestant la véracité des propos des enfants. " L'enfant ne ment pas " est devenu un slogan politique. Après la bio-politique de Michel Foucault, Ian Hacking propose de s'intéresser à la mémoro-politique. Ce n'est pas seulement la mémoire collective mais aussi la mémoire individuelle qui est devenue une question politique. Ian Hacking interroge les troubles psychologiques qui se répandent de manière privilégiée à certaines époques (en particulier le trouble de la personnalité multiple) puis disparaissent.
Résumé : Ne nous y trompons pas : la modestie technique de ce livre et la simplicité de son style ne doivent pas inciter à sous-estimer l'ampleur des questions philosophiques abordées ici, souvent avec humour. C'était d'ailleurs le pari à relever : présenter un texte vivant et accessible au plus grand nombre, mais susceptible de stimuler aussi bien le philosophe inquiet du hasard que le scientifique désireux de prendre le temps de réfléchir, peut-être autrement, à des concepts fondamentaux ou familiers dans sa pratique. Même le joueur invétéré devrait y trouver, sinon son compte, du moins quelques défis ! Au fil des chapitres le lecteur croisera des mises au point sur les concepts élémentaires de la logique inductive, un exposé des enjeux associés au probable et une initiation à la théorie de la décision. Il découvrira quelques grandes figures du domaine et disposera d'un aperçu sur les divers points de vue qui s'y affrontent. En fin de chapitre, des exercices d'applications lui permettront de se faire la main sur les notions examinées. A l'issue du périple, il sera à même d'évaluer l'ampleur du fameux problème philosophique de l'induction, ainsi que la portée de diverses tentatives censées le résoudre ou du moins le dissoudre. Aucune maîtrise préalable en logique formelle ou en mathématiques - hormis les quatre opérations ! - n'est requise pour prendre le risque de la lecture. Les certitudes se font rares dans un monde où nous sommes, toujours davantage, soumis au probable, aussi bien dans le registre du savoir que dans celui de l'action. Paradoxalement, le fait que l'incertain est maître de la nature comme de la société constitue l'une de celles qui organise nos existences. Si vivre c'est se résoudre à faire face au risque, il faudra sans doute se raccrocher à la survivante de l'infernale boîte de Pandore, l'espérance. La logique inductive fait en quelque sorte ce choix moins assurée que sa cons?ur déductive, elle fait cependant fructifier tout un nouveau style de rigueur venu maîtriser la probabilité au fil des quatre derniers siècles.
Hawking Stephen ; Chevalley Catherine ; Bouquet Al
Sous le titre "Commencement du temps et fin de la physique?" on trouvera rassemblés deux textes de Stephen Hawking d'époques différentes. Le premier, "La fin de la physique théorique est-elle en vue?", est le texte de la "Leçon" inaugurale que Stephen Hawking prononça en avril 1980, à Cambridge, lorsqu'il prit possession de la chaire de Mathématiques, succédant à... Newton et à Dirac. Le second, "Le bord de l'espace-temps", a été publié en 1989, et est donc quasiment contemporain de "Une brève histoire du temps". Mais tous deux participent de la même fascination pour la question des origines et le caractère inévitable des lois qui décrivent l'univers. Peut-on - et comment - parvenir à une théorie du monde au niveau le plus fondamental, la microphysique, et peut-on appliquer cette théorie à l'univers entier, au macrocosme? La réflexion de Hawking nous conduit au coeur de la physique contemporaine.
Résumé : L'évêque anglican Joseph Butler proclama, au XVIIIe siècle, que " la probabilité est le guide même de la vie ". Aujourd'hui, probabilités et statistiques ont envahi quasiment tous les domaines de nos vies privées et publiques. Les politiques gardent les yeux rivés sur les sondages, les organismes de retraite nous annoncent des années noires au vu des courbes démographiques, et dans l'intimité de nos salles de bains, perchés sur la balance, nous nous demandons si notre poids est conforme à la moyenne. Dans le domaine scientifique, l'usage de la probabilité semble avoir détrôné un goût de la certitude plus cartésien : l'irruption de la mécanique quantique et de sa fameuse fonction d'onde a fait couler des fleuves d'encre philosophique. Mais une querelle d'interprétation continue à opposer deux conceptions irréductibles : selon l'une, la probabilité est une affaire foncièrement subjective qui relève essentiellement de l'état des croyances de chacun ; selon l'autre, elle est avant tout une question objective relative à la fréquence d'apparition de phénomènes dits aléatoires. De ce concept essentiel et délicat, Ian Hacking tente ici l'archéologie. Comment la probabilité a-t-elle pu devenir aussi envahissante, en politique comme en science, et qu'a-t-elle à voir avec l'opinion ? Comment une notion apparemment aussi fugace est-elle devenue l'objet d'un calcul ? Quels défis lance-t-elle au raisonnement et à la logique ? Dans cette quête aux allures de roman policier, Pascal, Leibniz ou Huygens côtoient des politiques mettant en place un système de rentes à vie, des amateurs tentant de déceler dans des épidémies un ordre sous-jacent, des joueurs impénitents et des inconditionnels de la loterie.
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.
La géométrie non euclidienne fut non seulement un bouleversement sans précédent dans l'histoire des mathématiques, mais également une bouffée d'air pur pour les partisans d'une "vérité sans les dogmes". Par ce "non" augmentatif, elle affirmait l'existence d'un en-dehors de l'Être, vingt-quatre siècles après le Parménide de Platon, et plaçait, more geometrico, la philosophie dans l'espace de la spiritualité occidentale, ouvrant la voie à la liberté dans le domaine des sciences rigoureuses. C'est aux implications philosophiques de cette révolution mathématique qu'est consacré l'essai d'Imre Toth, qui étudie également certains aspects de la pensée de Gottlob Frege, farouche adversaire de la géométrie non euclidienne, pour en démontrer les impasses et les fourvoiements.