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La constitution de l'Europe
Habermas Jürgen ; Bouchindhomme Christian
GALLIMARD
18,90 €
Épuisé
EAN :9782070137534
L'union européenne est-elle désormais contre la démocratie? Avec l'épisode du référendum grec et l'effroi qui saisit tous les dirigeants de voir un peuple, auquel on avait imposé une cure problématique. entrer en résistance, la crise de la dette a révélé le déficit démocratique des institutions européennes. Jürgen Habermas nous alerte sur les risques que prend l'Europe à s'engager dans une voie "postdémocratique" pour régler la question de la dette des pays de la zone euro. L'union monétaire européenne ne disposant pas d'un contrôle supra-national à sa mesure, les dirigeants allemand et français veulent une collaboration intergouvernementale renforcée. Le Conseil européen doit s'employer à la mettre en place. Ce changement en apparence minimal devrait se traduire par une perte progressive de contrôle des Parlements nationaux sur les lois de finances: cette réforme insidieuse asphyxierait petit à petit le poumon de la démocratie à l'échelle nationale, sans que cette perte soit compensée au niveau européen. Le processus grec ouvre-t-il le passage d'une Europe de gouvernement à une Europe de la "gouvernance" - joli euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique. qui ne repose que sur le fondement faiblement légitimé des traités internationaux? La "démocratie d'un seul pays" n'est plus à même de se défendre contre les injonctions d'un capitalisme forcené, qui franchissent, elles, les frontières nationales. Il faut avancer vers et dans la constitution de l'Europe, pour que les peuples regagnent des latitudes d'action au niveau supranational, sans pour autant sacrifier la démocratie. La crise de l'Europe des gouvernements doit conduire à la constitution d'une Europe des peuples. Telle est la conviction de Jürgen Habermas dans ce petit traité de démocratie, vif, tonique et constructif.
L'État-nation à l'épreuve de la mondialisation.La multiplication des échanges dans les domaines de l'information et de l'économie a des effets dévastateurs sur la société : paupérisation, dissolution de la solidarité, exclusion, rejet de l'étranger... Parce que la mondialisation modifie aussi les structures de l'État traditionnel, ce dernier a du mal à trouver un mode d'action approprié à cette nouvelle donne.Une politique intérieure à l'échelle de la planète est-elle possible ?Aujourd'hui, l'apparition d'hommes politiques issus du monde de l'entreprise comme l'incapacité des gouvernements à résister à la dérégulation des marchés semble montrer qu'on ne fait plus confiance à la politique comme moyen d'imposer une justice sociale. Or en dépit des modifications que la mondialisation lui fait subir, c'est à l'État de créer une solidarité sociale, à former les citoyens à l'idée d'une communauté à l'échelle mondiale.Un fédéralisme élargi au niveau de la planète.Les organisations mondiales ont des moyens d'action limités parce qu'elles ont une conception trop statique de leur cadre gouvernemental. À l'échelle planétaire, seule une conception dynamique de la politique, conçue sur le modèle fédéraliste d'une interaction entre les différents États du monde, peut relever le défi de la mondialisation. -- Idées clés, par Business DigestLe titre de l'ouvrage laisse attendre un texte de philosophie politique alors que ce que l'on y découvre est plutôt un commentaire de l'actualité politique de la mondialisation - certes au-delà de l'actualité politicienne. L'auteur se place face à ce thème pour évaluer les positions de ceux qui mettent en avant l'impossibilité de tenir les acquis de l'État-Providence.Il va ainsi souvent utiliser des termes tels que ceux "d'État administratif", "d'État fiscal", "d'État-Nation" bien sûr, "d'État social" et "d'État régulateur". Ces différents termes - si l'on excepte le concept d'État-Nation - sont à contenu fonctionnel. Et pourtant il est surprenant de ne pas voir l'auteur mentionner Hannah Arendt (en particulier Les origines du totalitarisme) qui avait indiqué que la crise réelle de l'État -Nation commençait avec la Première Guerre Mondiale et avait débouché sur les formes totalitaires que l'on sait du fait de la disparition brutale des corps intermédiaires et la substitution de catégories telles que le parti ou la race à ces institutions là.Les questions que nous pose Habermas concernent la mutation du champ de la raison d'État. Il nous conduit à nous faire une opinion sur le concept de mondialisation avec ses commentaires, du moins pris au second degré. Quelle est, au fond, la nature de ce qui est à l'oeuvre ? S'agit-il de l'avènement d'un État qui tendrait à redevenir gendarme et qui se pose en même temps la question de l'efficience de ses services publics ? S'agit-il du résultat d'une pression active de la part des dirigeants des plus grandes entreprises qui conduirait ainsi à la contestation de l'appareil d'État, même si aucune réelle concertation en ce sens ne puisse être retenue contre eux ? S'agit-il du terme des contradictions d'un État-Nation qui viendrait alors se dissoudre dans nuées d'organisations supra-étatiques ?L'auteur va d'ailleurs souvent se confronter aux arguments issus des développements actuels de la pensée libérale. De nombreux fils dépassent du texte et Habermas nous invite, par là même, à les tirer. C'est par exemple le cas de la question du totalitarisme : alors, cette mondialisation qui conduirait à la dissolution de l'État-Nation est-elle, une fois de plus, un projet finalement totalitaire ? C'est aussi le cas de l'impact de la technique : les nouveaux contours de l'organisation technique sont-ils potentiellement nuisibles ? Certains traits de la thèse de "l'horreur économique" se retrouvent ainsi de façon diffuse dans les trois textes qui constituent l'ouvrage. Et la valeur du travail, quelle place lui reste-t-il ? Que devient l'universalisme des droits de l'homme hérité de la philosophie des Lumières au regard de l'ambiguë multiculturalisme ? Il est en effet troublant de constater, avec lui, comment le thème de la mondialisation va de pair avec celui de la reconnaissance - voire de l'exacerbation - des différences.L'intérêt d'un tel ouvrage pour l'acteur d'entreprise est important : il offre des pistes de réflexion pour l'aider à soupçonner l'évidence de la mondialisation. Au lieu de rester sur le plan de la relation de cause à effet - la mondialisation aurait conduit à la dissolution des frontières - il permet ainsi se demander en quoi mondialisation et organismes supranationaux font système.Il permet aussi de trouver un commentaire aux thèses politiques de la philosophie des Lumières (celle de Kant et de Rousseau) au regard de la philosophie libérale de l'époque (celle de Hobbes et de Locke) et de constater le déclin des concrétisations de l'une au profit de celles de l'autre.Mais l'homme d'entreprise peut aussi mesurer les contradictions à l'oeuvre au fur et à mesure des concrétisations en développement issues de la philosophie politique libérale et évaluer ainsi le risque encouru finalement par l'entreprise.Nous sommes responsables des institutions que nous créons et, à ce titre, le déclin de l'État-Nation et l'émergence actuelle de formes beaucoup plus floues en ont long à nous dire sur les contours de cette responsabilité là. Tel est le message d'Habermas. -- Business Digest
Ce livre est un livre décisif pour cette fin de siècle. Il a été salué comme tel lors de sa publication. Il apporte un démenti formel à la rumeur selon laquelle la philosophie serait condamnée à la futilité et à l'inaction. S'appuyant sur une analyse lucide de la modernité, Habermas montre que si la tâche philosophique de la médiation de la rationalité demande à être réévaluée, elle est non seulement possible mais essentielle. Pour le prouver, Habermas met en oeuvre une conception de la philosophie liée à la critique de la société qu'il a lui-même construite et qui préconise une coopération de toutes les activités intellectuelles revendiquant une exigence de rationalité. Il développe une théorie proprement philosophique des relations humaines dans les sociétés contemporaines, une morale non prescriptive dont les principes ne sont liés qu'à la garantie de l'inter-compréhension.
Face aux progrès des biosciences, au développement des biotechnologies, au déchiffrement du génome, le philosophe ne peut plus se contenter des déplorations sur l'homme dominé par la technique. Les réalités sont là, qui exigent de lui qu'il les pense à bras-le-corps. Désormais, la réponse que l'éthique occidentale apportait à la vieille question "Quelle vie faut-il mener?": "pouvoir être soi-même", est remise en cause. Ce qui était jusqu'ici "donné" comme nature organique par la reproduction sexuée et pouvait être éventuellement "cultivé" par l'individu au cours de son existence est, en effet, l'objet potentiel de programmation et de manipulation intentionnelles de la part d'autres personnes. Ainsi se trouve rompue la symétrie de responsabilité qui existe par principe entre des personnes libres et égales. Cette possibilité, nouvelle à tous les plans: ontologique, anthropologique, philosophique, politique, qui nous est donnée d'intervenir sur le génome humain, voulons-nous la considérer comme un accroissement de liberté qui requiert d'être réglementé, ou comme une autorisation que l'on s'octroie de procéder à des transformations préférentielles qui n'exigent aucune autolimitation? Trancher cette question fondamentale en la seule faveur de la première solution permet alors de débattre des limites dans lesquelles contenir un eugénisme négatif, visant sans ambiguïté à épargner le développement de certaines malformations graves. Et de préserver par là même la compréhension moderne de la liberté.
C?est dans cet ouvrage fondamental, dont la version allemande date de 1976, que Jürgen Habermas, dernier représentant en date de l?École de Francfort, fixe les bases de sa théorie de la communication. Recueil d?articles ou de conférences, cet essai décisif s?inscrit dans un mouvement de critique et d?approfondissement de l?analyse marxiste de la société, profitant entre autres de l?apport nouveau des sciences sociales.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.