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Le voleur de souffle
Guyon Marc
GALLIMARD
12,40 €
Épuisé
EAN :9782070721528
Il y a en nous beaucoup de pensées, d'arts, de savoirs. Certains explorent des univers, nos désirs, et notre mémoire. Pourtant le passage du vent sur les blés nous parle plus qu'aucun livre ; un simple chant d'oiseau nous creuse parfois d'un vide que rien ne comble ; le vacillement d'un regard, un nuage qui se déchire, nous arrachent soudain à toutes nos certitudes. C'est peut-être que ce qui nous concerne vraiment n'est pas de maîtriser ou comprendre, ni même de veiller ou d'être fraternels. Nos paroles sont-elles si fondamentales, si nécessaires ? Est-ce qu'elles ne commencent pas à vivre seulement lorsqu'elles deviennent peu sûres, passantes et défaites, mourants lambeaux comme nos instants ? Lorsqu'elles nous livrent moins au pouvoir des faits et à l'esprit du moment qu'aux tensions et aux luminescences qui nous en délivrent. Comme si le langage ne nous forunissait aucun moyen ni aucune vérité mais ne s'animait qu'à notre insu dans notre respiration la plus démunie.
Ce soir la nuit viendra. Nous nous retrouverons, Aube et moi. Nous partirons. Je ne sais rien d'elle, elle n'a pas de nom. Aube est le nom que je lui ai donné, qu'elle a accepté, indifférente. Autour d'elle se condense l'air que j'ai respiré. Si je n'ai pas su ce que c'était que vivre, du moins n'ai-je pas fui ce qui m'a saisi. C'est le visage de chaque chose qui m'a bouleversé. Je n'ai jamais pu croire en moi comme en une personne. Toujours il me parut inutile, et même inélégant, de lier et de composer entre eux les lieux, les instants. C'était les habiller, les voiler. C'était mentir. Cette sensibilité inaccomplie ne me laissa percevoir dans chaque être qu'un rayonnement d'errances sournoises ou merveilleuses, dont je guettai en moi les traces comme d'un gibier dans les rosées et les forêts".
Il a quitté Blanche, sa compagne, le seul être qui l'ait approché, écouté. Une violence le tire hors de lui sans cesse. Il part dans la montagne et la forêt. Il erre. Il regarde. Il n'a pas peur. Cependant le jour le fuit. Il se perd. Lorsqu'il rencontre sur un sentier un jeune mongolien égaré, Gabriel, et le raccompagne chez lui, n'est-ce pas en vérité l'enfant qui le guide ?Grâce à Gabriel, à son père, à leur miraculeuse entente, il découvre peu à peu que son existence n'a été qu'une erreur. L'art et l'intelligence n'ont tissé qu'un suaire. Celui, sans doute, de sa petite soeur morte. Il rencontre le silence entre les herbes, la respiration du ciel. S'il n'a rien rejoint, du moins a-t-il épuisé son coeur jusqu'à la nuit.
Résumé : Ces poèmes dialogués entre la Mort et les représentants de tous les degrés de la hiérarchie et de la vie sociales qu'elle emporte tour à tour, sont reproduits dans leur composition originelle (français du XVe siècle en caractère gothique). Sont incluses les gravures sur bois de ces scènes, qui reproduisaient les fresques peintes au cimetière des Saints-Innocents, dont elles sont le seul témoignage depuis sa destruction.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.