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Suzanne Hommel. Une vie de désir
Guyader Michaël
MJW
24,00 €
Épuisé
EAN :9782487513945
Susanne Hommel est une figure incontournable de la psychanalyse en France de la fin du XXème siècle et du début du XXIème siècle. Elle a été analysée par J. Lacan, a traduit les oeuvres de S. Freud, est devenue psychanalyste à son tour et a participé à la vie des écoles psychanalytiques avec autant d'engagement qu'elle s'est destiné à l'art. Elle est également la traductrice du grand poète Thomas Bernhard. Férue de théâtre, elle est comédienne autant qu'elle le peut, aujourd'hui encore. Attirée par la peinture depuis son très jeune âge, elle a épousé un peintre, Fred Hommel. Pourtant, sa vie a commencé de façon bien moins rocambolesque au coeur de l'Allemagne à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Cette biographie retrace ses jeunes années dans un pays dévasté qui ne reconnaissait pas sa culpabilité dans le drame que venait de traverser le monde. La jeune Susanne prit à 18 ans le parti de venir vivre en France où elle réside encore aujourd'hui. Sa façon parfois extraordinaire de ne jamais céder sur son désir malgré les drames qui l'ont marquée mais aussi ses rencontres, ses passions et son exigence de chaque instant l'ont amenée à vivre en quelque sorte plusieurs vies. L'auteur, racontant ce parcours exceptionnel, insiste aussi sur des similitudes inquiétantes entre ce qui est arrivé en Allemagne au début du XXème siècle et ce qui se passe actuellement en Europe, y compris en France : la montée et la banalisation d'un discours d'extrême droite de plus en plus proche du pouvoir ici et là, utilisant toujours les mêmes arguments éculés, excluant ceux qui ne seraient pas comme " nous " ou " de chez nous ". Il s'agit ici de l'histoire d'une femme remarquable mais aussi d'une diatribe contre le glissement progressif de notre société vers le risque du pire. Une apologie donc de ce qui permet de résister et d'espérer.
Ajzenberg Armand ; Castelli André ; Guyader Michaë
Sous le régime de Vichy (1940-1945), 76 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Morts de faim. Pétain, Darlan, Laval connaissaient-ils les dangers auxquels les fous étaient exposés ? Oui, dès le printemps 1941. Etaient-ils en mesure de leur accorder quelques suppléments alimentaires représentant pour chaque Français une ou deux miettes de pain par jour ? Oui, puisque cela a été fait en décembre 1942. Trop tard cependant et en quantité insuffisante pour inverser le cours des événements. La population française aurait-elle été mise en danger par une telle action ? Non, bien sûr. Ces trois questions, et les réponses apportées, définissent précisément la notion de non-assistance à personne en danger, notion inventée par Vichy et maintenue depuis dans le code pénal français. Non-assistance que certains historiens nient. Ce qui autorise un journal d'extrême-droite à s'écrier : "Le régime de Vichy est enfin innocenté...". Après la reconnaissance par le président Chirac de la complicité active de l'Etat français de Vichy dans la déportation des Juifs de France, la responsabilité directe de ce même régime dans la famine mortelle sévissant dans les hôpitaux psychiatriques doit, elle aussi, donner lieu à une reconnaissance officielle. L'histoire de l'hôpital de Montdevergues-les-Roses est un exemple, au jour le jour, de l'abandon à la mort des fous sous Vichy.
Simple hypothèse au début du XIXe siècle, l'évolution devient réalité cinquante ans plus tard. Peu à peu se met en place le cadre conceptuel d'une nouvelle science historique: la biologie évolutive. Il y a une histoire de la vie sur Terre! Tandis que la cosmologie décrypte l'histoire de l'Univers, la biologie, elle aussi, concurrence le mythe. On comprend, dès lors, pourquoi elle fascine, ou fait peur, d'autant qu'elle donne aux questions simples que les hommes se posent des réponses qui vont à l'encontre des intuitions du sens commun. Pas à pas, le livre suit les hypothèses, les orientations divergentes, les tâtonnements qui ont conduit à la mise en place du modèle qui établit les fondements de la biologie évolutive moderne. Décrire l'histoire de la vie sur Terre ne suffit pas: il faut en expliquer les mécanismes intimes. Or, l'organisme vivant, dans son environnement, est, de prime abord, considéré comme une "machine vivante", créée par un concepteur:créationnisme simple ou déguisé sous l'apparence du "dessein intelligent", finalité brute ou déguisée sous l'apparence de la téléonomie. Progressivement, la biologie évolutive se dégage des options finalistes pour décoder, grâce à la génétique, le mystère du génotype, et les relations complexes qu'il entretient avec le phénotype et l'environnement. Les méandres de ces recherches délicates et ô combien! difficiles passent, à un moment décisif, par des interactions fortes avec la physique quantique et les mathématiques, pour culminer avec la découverte de "l'atome d'hydrogène" de la biologie, l'opéron lactose, modèle de la régulation de l'expression du gène chez la bactérie. Pourtant, alors que l'essentiel semble acquis, les conséquences de ce décryptage ne sont toujours pas universellement comprises ni admises, tant la conception classique de la causalité linéaire se trouve bouleversée par les interactions à l'infini des boucles autoréférentes qui rythment la structure et l'évolution du vivant.
L'autisme occupe une place déterminante dans l'organisation sanitaire, et singulièrement dans le domaine de la santé mentale. La situation des patients autistes soulève de nombreuses questions, notamment quant à l'étiologie de cette souffrance psychique si particulière, aux modes de soins et à l'inadéquation entre les besoins et l'offre de lieux d'accueil. Ce numéro apporte quelques clarifications à ces problèmes et montre comment l'autisme se trouve au carrefour des tentations simplificatrices.
Guyader Hervé ; Laporte Nadine ; Lecomte Henry ; J
Pour Nicolas Bouvier, la musique est souveraine, et elle est la dernière marche avant le silence. Ce livre explore l'univers musical tel que l'a parcouru le voyageur, l'oreille dressée, de trois façons qui s'entremêlent, avec un accent particulier sur le Japon. Musicologues et critiques littéraires présentent les diverses facettes des musiques - classiques, traditionnelles ou populaires - que Nicolas Bouvier a enregistrées et aimées. Les musiciens et les instruments de musique ont fasciné le photographe passionné de l'instant que fut Bouvier. Ses photographies évoquent avec intensité le rapport intime et concentré - mains et visages - de la musique en train de se faire et de se donner. De courts textes de Nicolas Bouvier, relevés dans ses carnets de route ailleurs ou ici, permettent de saisir des moments de grâce que la musique tient ensemble et que les mots et les images de l'écrivain éclairent. Faire et vivre de la musique, en mourir, tel fut le rêve de Nicolas Bouvier qu'il nous a laissé en partage. Un CD accompagne le livre, reproduit deux entretiens sur la musique réalisés par la Radio Suisse Romande avec Nicolas Bouvier. Biographie de l'auteur Hervé Guyader, de l'Université de Brest, est l'initiateur des travaux sur Nicolas Bouvier et la musique, le thème de ce livre, et d'une exposition à la Bibliothèque d'Etudes de Brest.
La période entre 1986 et 1990 est particulièrement féconde car elle définit les bases permettant aux psychanalystes d'envisager une collaboration avec d'autres disciplines ainsi que d'autres orientations méthodologiques. Les textes ici regroupés sont le résultat de nombreux colloques et collaborations sur les plans national et international, d'où la reproduction d'articles de presse en portugais, justifiée par les nombreux séjours de Pierre Fédida au Brésil et en particulier à São Paulo. En effet, préparant la création du laboratoire de psychopathologie fondamentale au sein de l'Université Paris 7, inauguré en 1989, P. Fédida a développé une sorte de "filiale" de ce laboratoire à l'université de Campinas. Les textes de présentation, de la postface et de l'éditorial témoignent de l'inauguration d'une fédération de l'activité éditoriale des travaux scientifiques dont l'apothéose a été la création de la Revue Internationale de Psychopathologie, co-dirigée par lui et Daniel Widlöcher. Cette revue a modernisé la psychopathologie de l'époque et est devenue l'organe de publication fruit d'une collaboration intense entre les nombreux membres prestigieux du comité scientifique et du comité éditorial international. Par cette revue passait les travaux de recherche dans le domaine de la psychopathologie et chacun d'eux était discuté et examiné par un comité qui se réunissait avant chaque publication. Cette exigence dans la dynamique entre recherche scientifique et collaboration éditoriale est devenue exemplaire à partir des années 1990 et a été prise comme modèle de norme dans les évaluations du CNU, dont les membres du comité faisaient en général partie. Loin de la dérive bibliométrique que l'on observe aujourd'hui, le but était de fixer des conditions précises pour une activité vivante d'un travail scientifique publié dans une revue de recherche. Les travaux devaient donc être discutés et de préférence par un collègue d'une autre orientation, donc non acquis à ces recherches. Ainsi, dans ses publications, P. Fédida insiste sur les bases métapsychologiques de l'activité de recherche du psychanalyste, laquelle passe d'abord par une réflexion sur le cadre et les conditions de la parole recueillie, traitée dans une psychanalyse. Le point nodal par lequel se passe une telle observation est le transfert et le contre-transfert. Cette observation dans le contre-transfert n'est pas indemne de l'affect comme le souligne le texte de P. Fédida traitant de l'angoisse dans le contre-transfert. De plus, cette observation dans la langue, dont la poésie est l'équivalent littéraire, est ce que dont tout psychanalyste doit prendre conscience s'il veut étendre son champ de collaboration scientifique, notamment comme ici, à la chirurgie esthétique naissante ou encore aux techniques dites "du corps" . Loin d'être un pêle-mêle de textes, chacun d'eux contribue à paramétrer une recherche psychopathologique effectuée à partir du référentiel psychanalytique.
Il est des lieux où souffle le vent du malheur et de la déshérence ; il est des lieux où souffle le vent salvateur de l'ironie et de la rage. Il est des lieux où l'on perd la tête et où l'on est censé plus ou moins essayer de la retrouver... A partir de quatorze variations sur le séjour en hôpital psychiatrique, Le Vent noir évoque les limites ? oues entre la folie et la normalité, le désespoir et la révolte, l'emprisonnement et la liberté ; car on peut être prisonnier des murs de l'asile, prisonnier de sa propre tête, et laisser souffler en soi, comme un éclat de rire, un vent démystificateur. Alternant récits de vie bousculées par la maladie mentale et saynètes du quotidien hospitalier, Le Vent noir tente de poser des mots sur le sentiment de décalage, l'impression de n'être pas tout à fait d'ici, et sur le regard distancié qu'une telle position, bien que subie, permet de poser sur les petites et grandes absurdités du réel.
L'auteur, passionné de J.-P. Sartre, propose une lecture à travers la philosophie, l'histoire et la littérature pour aborder des questions fondamentales sur notre société d'aujourd'hui. Il nous raconte comment Sartre a pris conscience de l'engluement dans des héritages, à commencer par celui de la civilisation. Cette civilisation comme étant le logos, la parole, la logique, le discours écrit, la loi du monde, l'intelligence, la science, la rationalité, la raison. Pour cela l'auteur nous fait voyager dans l'histoire depuis avec "la raison grecque" qui a procédé méthodiquement à une liquidation des dieux de l'Olympe, à une émancipation de la "raison mythologique", pour finalement s'imposer au fil des siècles, des millénaires comme Civilisation ou Raison. En effet de sa "naissance" à nos jours, la Raison ne sait faire que trois choses et rien d'autre : mater, formater, colmater la nature en l'homme et hors de l'homme. Alors, Bassidiki Coulibaly fait dialoguer les grands penseurs entre eux autour de l'Occident qui file, sans frein ni marche arrière ; progrès, développement, croissance ! "Nous sommes embarqués", a écrit Pascal. "Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action", constate Sartre. Sartre a traversé le XXe siècle en choisissant d'incarner le personnage du fou de dame Raison. Il a décidé en toute souveraineté, c'est-à-dire après s'être débarrassé des idoles héritées, d'affronter la Raison en retournant contre elle ses propres armes, en tout lieu et sans répit. Projet humaniste au sens de Térence, engagement planétaire que Sartre a mené par générosité, par amour, avec passion, avec l'intime conviction de l'"homme total", de l'"individu souverain" qui sait qu'il ne faut se fier qu'à sa propre raison car la Raison ne peut avoir raison que par la force et la mystification.
En amour, nous pensons être à l'abri de manipulations... la société est là pour s'en charger. L'auteur, ethnologue, enquête sur un événement qui provoque l'émotion dans ce village de nomades de la mer, les Badjos d'Indonésie. Il interroge les habitants, consulte les chamans, fini par découvrir une forme inhabituelle d'éthique, déterminante. Pourquoi cette société interdit-elle les désirs qui portent atteinte à l'ordre social, et malgré tout offre les moyens pour les réaliser ? Comment l'individu se retrouve-t-il ? Bientôt, à la fois les lettres de son amie et sa vie dans le village, le conduisent à une introspection : comment ne plus être complice des règles imposées par l'amour ? Lentement, l'ethnologue se fait explorateur du psychisme dans ces deux civilisations, si loin l'une de l'autre. Les conclusions de son enquête sont étonnantes. S'y révèle un chef-d'oeuvre de l'art badjo : celui de créer une société équilibrée et solidaire. Avec justesse, et non sans subjectivité, à travers des situations de la vie quotidienne, l'auteur réussit à nous transmettre l'âme de cette culture unique. L'ouvrage ouvre sur des questions, qui sont les nôtres : quelle place une société donne-t-elle aux contraintes de l'amour ? La conscience morale peut-elle cohabiter avec le vice et la tentation ? La magie avec le marivaudage ?