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Cahiers Jean Cocteau N° 17 : Correspondance 1910-1920
Gullentops David
NON LIEU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782352702856
Cette livraison des Cahiers Jean Cocteau rassemble trois correspondances jusqu'à présent inédites et illustrant chacune une évolution marquante du poète dans les années 1910-1920. Dans les lettres à Marie Scheikévitch, apparaît un Cocteau bien introduit dans les milieux mondains de la capitale, mais cherchant à obtenir, pour son dernier recueil paru La Danse de Sophocle, des comptes rendus substantiels et élogieux de la part des quotidiens et des revues importantes de l'époque. Composé d'une édition des lettres de Cocteau à Tzara et d'une étude sur les rapports entre ces deux artistes, l'ensemble suivant montre un poète bien installé cette fois dans l'avant-garde, mais demeurant critique à l'égard d'un dadaïsme que certains — en premier lieu ceux qui émergeront de ce mouvement en tant que surréalistes — veulent ériger en "système". La dernière correspondance entre Cocteau et Julien Lanoë révèle l'ambition du poète de se présenter comme le chef de fée d'un tout nouveau mouvement de jeunes écrivains, en s'inscrivant d'abord dans le sillage de Jacques Maritain, puis en s'en distanciant pour des raisons existentielles et idéologiques. Ces articles sont accompagnés de productions de dessins, de photos et de documents rares et inédits.
Pour commémorer le cinquantenaire du décès de Jean Cocteau, cette double livraison des Cahiers Jean Cocteau rassemble une série d'articles et de contributions ayant pour thème les amis du poète. Amitié " étoilée ", selon la formule reprise à Nietzsche, faite de hauts et de bas, construite à partir de succès et d'échecs, vécue dans l'intimité ou à distance, traduite par l'amour ou par la douleur et dont témoignent au fil des pages de ce volume les rapports entretenus par Cocteau avec des personnalités diverses.
Conçu sous la forme d'un dossier, ce Cahier "Jean Cocteau et la Côte d'Azur" donne un aperçu de l'ensemble des oeuvres picturales, plastiques et architecturales que le poète a réalisées sur cette partie du littoral méditerranéen. Les lieux où l'on peut découvrir le résultat de cette activité créatrice fructueuse sont la villa Santo-Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la chapelle des Pêcheurs à Villefranche-sur-Mer, la salle de mariages de la mairie de Menton, le théâtre du Cap d'Ail, le musée du Bastion à Menton, la chapelle Notre-Dame de Jérusalem à Fréjus et, à partir de novembre 2011, le musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman à Menton. Le Cahier met en évidence les aspects les moins connus de ces réalisations : la genèse des différents projets, les solutions apportées aux difficultés techniques rencontrées et l'apport des différents collaborateurs jusqu'à l'aboutissement de l'oeuvre en question. Apparaissent alors la variété des modes d'expression auxquels le poète a fait appel : fresques, céramiques, mosaïques, vitraux, gemmaux, résines polyester, tapisseries, ferronneries, et la spécificité des contributeurs dont il s'est entouré : artistes ou artisans peut-être moins connus mais ouverts à l'innovation dans la technique et dans l'expression artistique. Aussi ne s'étonnera-t-on pas si Cocteau a placé la réussite de ces oeuvres sous l'égide de trois principes essentiels : une volonté de décentralisation vis-à-vis de l'emprise culturelle de la capitale, un retour vers le savoir-faire artisanal en toute activité artistique et une inscription dans la tradition créatrice méditerranéenne, allant de l'Antiquité grecque à la peinture italienne de la Renaissance. Ce dossier rassemble aussi des textes et propos divers inédits dans lesquels le poète s'exprime sur la conception et la réalisation de ses oeuvres. Il contient de nombreuses illustrations également inédites, principalement des esquisses ou des documents photographiques permettant de suivre les différents stades de gestation.
Le présent ouvrage a pour sujet la mise en musique des textes de Jean Cocteau. Il est constitué de deux parties complémentaires et interactives d'une part, un catalogue raisonné décrivant l'ensemble des textes de Cocteau mis en musique à travers le monde et jusqu'à notre époque; d'autre part, une série de contributions scientifiques analysant les conditions et les possibilités qui ont permis un tel foisonnement de création musicale. En effet, plus de 600 textes ont été recensés ayant donné naissance aux genres et aux styles musicaux les plus divers, de la musique classique à la chanson contemporaine, des mélodies orchestrales aux rythmes de jazz, des cantates et oratorios aux musiques de scène, des opéras-comiques aux musiques de film. C'est dire si cet ouvrage est en mesure de révéler bien des surprises en ce qui concerne l'impact de Cocteau sur le champ musical moderne et contemporain. Chacune des contributions scientifiques étudie non seulement le contexte qui a incité tant de musiciens à s'intéresser à Cocteau, mais s'interroge aussi sur la dimension musicale que le poète a prévue et inscrite dans l'ensemble de ses ?uvres S'expliquent ainsi l'étonnante aptitude de Cocteau à collaborer avec les plus grands musiciens de son époque, son talent exceptionnel à transférer et à adapter certaines techniques musicales dans ses propres créations - songeons à ses films et ses dessins -, mais surtout le succès que ses textes ont remporté et continuent encore à susciter dans le monde musical. Signalons la présence dans ce volume du texte entièrement inédit de l'une des dernières grandes ?uvres de Cocteau, l'oratorio Patmos.
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Le match sans fin- Lève-toi!Meduna fait une belle passe à Srba. Celui-ci avance résolument balle au pied; à peine le temps de dire «ouf» et le ballon fait trembler les filets...- Lève-toi! te dis-je.... immédiatement le public envahit le terrain... Eman sent que le policier le tient au col et le secoue. Il se débat...- Tu m'entends? Combien de fois dois-je te dire de te lever?Le froid s'immisça sous la couverture. Eman replia ses jambes; il se défendait, refusant de quitter ce rêve plein de suspense! Mais Eman senior, debout au-dessus de lui, lui arracha la couverture et répéta sans ménagement:- Tu vas te lever, oui? C'est toi qui es de service aujourd'hui!Eman s'étira et bâilla bruyamment.- Pourquoi vous tempêtez? demanda-t-il plaintivement à Eman senior. Il n'y a pas le feu. On ne peut vraiment pas...Et il se blottit à nouveau dans son coin, dans l'espoir d'apprendre l'issue de son beau match.Mais Eman senior était intraitable. Il attrapa la jambe de son fils et le tira du lit en criant:- Fini de dormir! Faire la fête avec des amis et refuser de te lever le lendemain matin, eh bien non, il n'en est pas question!Eman junior s'assit sur le lit et entama les pourparlers. Et si, aujourd'hui, le vieux s'occupait du service, non? C'est qu'Eman junior ne se sentait pas très bien. Il va de soi qu'en guise de compensation Eman junior en ferait le double plus tard.Eman senior lâcha un rire narquois. Que nenni! On essaie de l'avoir avec une astuce politique? Ce morveux se mettrait-il en tête que son vieux père se taperait le boulot à sa place? Eh bien non, tout se fera dans le respect des règles. Aujourd'hui, c'est le tour du fils, point final! Toute autre considération est à proscrire.Eman junior pensa que c'était là beaucoup de bruit pour rien. Il glissa les mains sous sa tête et s'étira délicieusement. Il savait qu'il avait tort mais enfin... où s'était-on arrêté tout à l'heure? Ah oui, Srba ralentit la course du ballon et...
Que reste-t-il des Printemps arabes ? Le succès relatif de la révolution dans un seul pays, la Tunisie, et un échec général dans les autres ? Pourquoi la Tunisie ? Pour répondre à cette interrogation, après une remise en perspective historique nationale et internationale de la présomption d'une "exception autoritaire arabe", une comparaison s'impose des trajectoires des insurrections tunisienne et arabes. Dans ces Printemps, le temps insurrectionnel tunisien occupe une place à part : il les précéda tous et servit aux autres peuples de moteur et de modèle. Il fut particulièrement complexe dans son déroulement et son issue, la chute du président Ben Ali, résulta d'une exceptionnelle, voire aléatoire, combinatoire de facteurs qui est ici reconstituée. Aux portes d'une Libye chaotique et au terme de quatre années de combats et débats souvent durs, la Tunisie est entrée dans une phase post-révolutionnaire et bénéficie depuis et jusqu'ici d'un régime démocratique d'une "solide fragilité". S'agissant des autres pays du front des Printemps arabes, voire de l'ensemble du monde arabe, qui peut sérieusement dire, au regard d'un retour dans ces régions du séculaire "Grand Jeu" international, que les apparents échecs et les impasses actuelles sont imputables à un déficit démocratique des peuples arabes, qui peut assurer que, là où elles semblent en panne actuellement, la page des révolutions est définitivement tournée ?