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POUVOIRS DU NEGATIF
GUILLAUMIN JEAN
CHAMP VALLON
18,00 €
Épuisé
EAN :9782876730144
Cet ouvrage collectif entreprend d'étendre la problématique nouvellement retrouvée du négatif à des champs divers de la pensée contemporaine. Tester la fécondité d'un tel questionnement dans des registres cliniques, esthétiques et spéculatifs différents mais amenés au même carrefour logique est le pari de ce livre. Ainsi sont réunis ici deux ensembles d'articles : d'une part, des notes et opinions ou des réflexions approfondies d'auteurs, psychanalystes et écrivains, connus pour leur sensibilité au thème de l'ouvrage ; d'autre part, une série de travaux menés dans le cadre large d'une recherche universitaire, conduite sous la direction de J. Guillaumin à l'Université Lyon II. Ce bel ensemble d'écrits, dominés par une référence, parfois exclusive mais toujours personnelle et critique, à la psychanalyse, est étayé sur des pratiques cliniques particulières à chaque auteur. Il administre la preuve qu'on peut faire confiance à une confrontation sans équivoque identitaire entre des approches conceptuelles et méthodologiques originales qui toutes ont en commun d'appartenir à ce qu'on pourrait nommer - d'un mot d'époque - la génération freudienne. Car c'est de Freud que procède pour une bonne part, aujourd'hui, l'efficace réflexive et créative de la pensée du négatif, telle qu'ici elle s'exprime à plusieurs voix.
Résumé : Par " Arpenteurs romains " (Agrimensores), il est convenu de désigner une collection de traités techniques, de dates diverses, consacrés à la technique de mesure des terrains, au bornage des propriétés, au tracé des voies, etc. , et aux principales contestations que peut rencontrer un arpenteur dans son travail (contestations, comme le précisent souvent les auteurs, de natures purement techniques et solubles toujours par des considérations techniques - à l'exclusion d'argumentations juridiques). Le présent volume (qui fait suite au vol. I, paru en 2005, avec une Introduction générale due à J. -Y. Guillaumin) regroupe les ouvres étroitement liées de deux arpenteurs : d'une part, Hygin (datable des années 97-102, mais que l'on ne doit pas confondre avec aucun des autres Hygin connus) et, d'autre part, Siculus Flaccus. De ce dernier, l'éditeur établit, pour la première fois sur des bases solides, une datation précise : Siculus est contemporain de Dioclétien, entre 292 et 312 ; dès lors, les nombreuses ressemblances que son ouvre présente avec celle d'Hygin doivent être regardées comme des emprunts à celui-ci. Le texte repose sur une collation des quatre témoins autorisés (dont un manuscrit des Ve-VIe s.) ; en dépit de l'ancienneté de ces manuscrits, le texte, comme le montre J. -Y. Guillaumin, est fréquemment corrompu. Une autre circonstance contribue à l'importance de cette édition : on sait que la grande édition des Agrimensores a été faite, au XIXe siècle, par Lachmann : depuis, le texte n'a pratiquement pas été examiné par les philologues, si grande est l'autorité de Lachmann ; or, cette édition est loin d'être parfaite, ses collations sont souvent défectueuses et le mépris dans lequel Lachmann tient ses auteurs n'est que trop clair. Il y avait donc matière à une nouvelle édition. Celle que nous présentons comporte la première traduction française et un grand nombre de notes sur des matières techniques (instruments, mesures, unités, etc.). Elle est complétée par un lexique technique (beaucoup d'attestations de ces mots techniques manquent dans les dictionnaires).
Résumé : La question du meurtre du père associée à la transgression incestueuse sont considérées par Freud comme des organisateurs de la psyché. Jusqu'à présent, il y manquait cependant une suffisante prise en compte d'une figure féminine fondamentale, celle de Jocaste, à la fois inverse et complémentaire de celle, masculine, du meurtre oedipien. Les auteurs ont choisi de privilégier la figure du meurtre de la mère, qui met sur le chemin d'une expérience sans doute plus profonde et même originaire par rapport à celle, classique, du paricide oedipien et des culpabilités qui en découlent. Les auteurs interrogent aussi bien la clinique que les contes et récits mythologiques pour illustrer cette ouverture théorique, qui doit permettre de mieux envisager les nouvelles pathologies.
Vraisemblablement au VIe s. , un magister chrétien dont nous ne savons rien a voulu, sous le prétexte de commenter une partie de l'oeuvre gromatique de Frontin (les Qualités des terres et les Controverses), composer une sorte de digest de la littérature des agrimensores qu'il devait avoir à sa disposition dans sa quasi-intégralité, en s'attachant surtout aux questions d'ordre juridique. Son ouvrage présente donc un témoignage intéressant sur la réception du corpus des agrimensores lors de la période très tardive de l'Antiquité, sur la connaissance que l'on avait à ce moment-là de ces textes techniques, et sur les difficultés que l'on éprouvait à les lire encore et à les interpréter, car le passage du temps, depuis le moment où avaient écrit Frontin, Hygin et les autres auteurs canoniques, avait entraîné des corruptions qui ne sont pas toujours mineures. Sélectionnant, donc, les passages qui lui paraissaient importants, pratiquant un "copier/coller" parfois un peu aléatoire mais souvent avisé, l'auteur du commentum a composé un petit manuel dont les spécialistes n'ont pas toujours saisi le grand intérêt ni la cohérence d'ensemble. Par ailleurs, une originalité remarquable de ce "commentaire" est qu'il est suivi, du propre aveu de l'auteur, d'un album de dessins destinés à illustrer les données théoriques fournies par le texte. Ces illustrations ne sont pas seulement, dans la forme où elles ont été conservées par la tradition manuscrite, des dessins dont la beauté artistique est parfois frappante. Elles accompagnent le texte pas à pas, ce que souligne pour la première fois la présente édition (volume III de la série des Arpenteurs romains dans la CUF), qui s'est attachée à les commenter en tenant compte aussi de leurs liens avec une tradition d'illustration qui remontait aux plus anciens traités des Arpenteurs.
Dans sept études sur l'expérience onirique écrites indépendemment les unes des autres et, pour six d'entre elles, publiées entre 1971 et 1977, Jean Guillaumin invite le lecteur à s'interroger sur l'insistance du thème des rêves.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.