Comment écrire aujourd'hui l'histoire de la folie ? Longtemps assimilée au seul discours de la médecine psychiatrique, celle-ci prend désormais de nouveaux chemins. Inscrite dans un champ social plus large, explorant la période méconnue du XXe siècle, et plaçant les individus au premier plan, l'histoire proposée dans ce volume s'applique à renouveler la description de l'"expérience psychiatrique" sous ses diverses formes. A partir de trois situations institutionnelles différentes - judiciaire, militaire, hospitalière - exposées dans leur contexte historique des XIXe et XXe siècles, les auteurs de ce volume s'appliquent à saisir les trajectoires singulières des patients dans leurs interactions avec les configurations institutionnelles de la psychiatrie et les catégories médicales qui définissent la maladie mentale. Comment émerge la figure "limite" du fou dangereux au point de contact de la justice et de la psychiatrie ? Comment les troubles psychiques de la Grande guerre ont-ils été pensés et pris en charge ? Quelle l'ut la place des patients dans l'hôpital psychiatrique du XXe siècle ? A partir de ces trois questions se dessine une autre histoire de la folie dans laquelle les médecins sont acteurs au même titre que les juges, les militaires ou les patients.
Partie I. L'uniformité, un modèle pour une certaine conception de l'organisation étatique Titre 1. Le déficit épistémologique d'une analyse réduite au champ des collectivités locales Sous-titre 1. Le paradoxe de l'évocation d'une notion non définie par les auteurs Chap. 1. Les exposés doctrinaux relatifs à l'uniformité et leurs limites Chap. 2. La diversité institutionnelle et sa signification au regard de l'uniformité Sous-titre 2. L'uniformité territoriale, une argumentation trop restrictive Chap. 1. L'argument territorial, une contestation singulière de l'uniformité Chap. 2. La référence à l'uniformité dépasse l'enjeu territorial Titre 2. L'uniformité, clef d'une théorie de l'Etat contestée Sous-titre 1. L'uniformité, caractéristique de l'Etat moderne Chap. 1. Aux sources de l'uniformité, durant l'Ancien Régime Chap. 2. La période révolutionnaire entre rupture et continuité Chap. 3. L'uniformité des choses et des mots, preuve de la globalité du processus révolutionnaire Sous-titre 2. De la disparition de l'uniformité à sa renaissance Chap. 1. Quelques éléments du réquisitoire pluraliste Chap. 2. Le marché, nouveau fondement aux règles juridiques Partie II. L'uniformité dans les grandes problématiques du droit administratif français Titre 1. Fonction publique et actes administratifs : l'uniformité, caractéristique des moyens d'action administrative Sous-titre 1. De l'uniformité à sa remise en cause dans la fonction publique territoriale Chap. 1. Les logistiques gouvernant la fonction publique territoriale Chap. 2. Localisme et management, les nouvelles clefs d'une fonction publique territoriale plurielle Sous-titre 2. Les oscillations des actes administratifs, entre l'uniformité "autoritaire" et l'uniformité "négociée" Chap. 1. L'uniformité de et au service de l'action administrative Chap. 2. Le contrat administratif, entre la contestation de l'uniformité et la nouvelle conception de l'action publique Titre 2. De la présence de l'uniformité comme caractéristique de l'activité de service public Sous-titre 1. Service public et uniformité, une "réalité juridique" à définir Chap. 1. L'uniformité et la notion de service public Chap. 2. Investigations sur le terrain des "Lois" du service public Sous-titre 2. La contestation du lien entre service public et uniformité Chap. 1. La remise en cause de la conception uniforme du service public Chap. 2. La crise du service public, crise de l'uniformité : entre mythe et réalité
Résumé : Foncer, changer de route, recommencer. Depuis qu'elle est née, Sophie ne fait que ça. Un jour, elle a voulu comprendre. Elle a appuyé sur pause, bien décidée à aller chercher là où il le faudrait - biologie, psychologie, neurosciences, philosophie, littérature et bar du coin - des réponses susceptibles d'éclairer ses choix. Alors que nos choix sont ce par quoi nous écrivons notre vie et affirmons notre liberté, que savons-nous d'eux ? Pourquoi les faisons-nous, et comment ? Dans cette enquête passionnante, où les réflexions de penseurs et scientifiques viennent éclairer de folles histoires de vie, l'auteure invite le lecteur à s'interroger sur les ressorts de ses propres décisions. Pour, peut-être, demain choisir une autre route...
Sans nos objets internes, nous ne pouvons pas vivre. Mais nous pouvons aussi être étouffés par eux, jusqu'à en mourir. C'est de leur fait que nous devenons lâches ou héroïques dans l'adversité, courageux ou pleutres au quotidien. Ce sont eux qui nous poussent à nous tourner vers les autres, eux aussi qui nous incitent à demeurer dans un isolement narcissique superbe. D'où viennent-ils donc, ces compagnons internes incontournables? Comment se sont-ils emparés de notre force pulsionnelle? Quel est leur degré de parenté avec les personnes qui nous entourent, et tout spécialement avec ceux qui ont présidé à nos premières expériences du monde dans un environnement donné? En quels termes peut-on se figurer leur surgissement premier et leurs relations avec ce qui fait notre originalité propre - notre Moi? Quel rôle joue notre mémoire subjective dans leur constitution et leurs modifications ultérieures? Que devient leur compagnonnage avec le Moi, lors des séparations et des pertes inhérentes au déroulement psycho-biologique de la vie et, pis encore, lors des traumatismes graves qui peuvent briser le cours d'une existence? Si l'on se souvient que le but de la cure analytique est le remaniement de la névrose infantile au travers de l'organisation d'une névrose de transfert dans l'expérience de la relation analytique, y compris dans la cure psychanalytique de l'enfant? Sur ces multiples questions, l'auteur de cet essai propose un mode de réflexion, bien davantage qu'elle ne prétend apporter de réponses. A la suite d'une première partie plus théorique, la deuxième partie du livre regroupe des études cliniques intéressant l'interprétation, dans la cure analytique, de la relation d'objet et des identifications au masculin et au féminin qui leur sont corollaires.
La sous-traitance est omniprésente en matière de transport dans chacun des modes. Elle y reste cependant une réalité mai connue, voire insaisissable. Il est vrai que l'approche doctrinale traditionnelle ne porte guère à l'étudier. Dans cette approche, en effet tout transporteur qui sous-traite est ipso facto commissionnaire de transport ; or le commissionnaire ne sous-traite pas lorsqu'il s'adresse à un transporteur, il exécute sa mission. Le présent ouvrage - le premier sur le sujet - part du postulat inverse : la commission de transport n'est rien d'autre qu'un statut spécial du " sous-traiteur " et le transporteur peut sous-traiter en tant que tel au regard du droit privé. La grille de lecture ainsi proposée permet d'éclaircir la question des rapports entre transport et commission de transport qui est l'une des plus anciennes et difficiles du droit des transports. Elle permet également de rapprocher les solutions du droit français de celles retenues dans les conventions internationales en matière de transport qui pourtant ignorent le contrat de commission. Ces enseignements n'intéressent pas seulement les spécialistes de la matière. Dans tous les cas, en effet la solution consiste à refouler l'application entre extrêmes du droit commun de la responsabilité civile délictuelle. La sous-traitance des opérations de transport est juridiquement neutre en ce sens que le régime de responsabilité de l'opérateur est toujours le même, qu'il traite en direct avec le client - comme commissionnaire ou comme transporteur - ou qu'il intervienne comme sous-traitant. Il y a là un exemple de solution alternative à celle retenue en droit commun. Ce particularisme ne doit pas foire illusion. Si le droit des transports règle depuis longtemps le problème de la responsabilité, il a attendu 1998 pour s'attaquer - en transport routier de marchandises, où les problèmes sont les plus aigus - à celui du paiement du sous-traitant et 2001 pour y doter la sous-traitance d'un contrat type. Il reste agité aujourd'hui par des requalifications judiciaires périodiques de faux contrats de sous-traitance en contrats de travail ou de location avec délit de marchandage. La sous-traitance n'est donc pas encore maîtrisée dans le domaine des transports. Au moins sa théorie générale est-elle désormais faite.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.