En 1996, le designer français Martin Szekely prend la décision de placer son travail sous l'égide d'une règle : ne plus dessiner. Il s'agissait d'un principe de création et d'un principe de procédure auxquels le designer reste fidèle encore aujourd'hui. L'ouvrage Ne plus dessiner est publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Centre Pompidou à Paris du 12 octobre 2011 au 2 janvier 2012. A travers les différents textes et projets qui y sont présentés (ceux montrés dans l'exposition), il revient sur les fondements de cette démarche singulière et permet d'en constater les effets sur les réalisations des quinze dernières années. Chaque projet, des éditions de meubles et d'objets de recherche aux produits industriels, est accompagné d'un texte écrit par le designer lui-même avec Françoise Guichon, conservatrice et chef du service Design au Musée national d'art moderne - Centre Pompidou. En fin d'ouvrage, le théoricien de l'art Philippe-Alain Michaud, conservateur chargé de la collection des films au Musée national d'art moderne - Centre Pompidou, revient sur le film de Mark Lewis, Black Mirror at the National Gallery, créé spécialement pour l'exposition. Fruit de la rencontre entre le designer et l'artiste, cette oeuvre met en scène Soleil Noir, un miroir conçu par Martin Szekely en 2007, dans les salles de peintures hollandaises de la National Gallery de Londres. Modeste dans son format et par son nombre de page, Ne plus dessiner est un joli complément de l'ouvrage Martin Szekely, une monographie en grand format publiée en 2010 aux éditions JRP/Ringier.
Résumé : Les technologies numériques offrant de nouvelles modalités d'enseignement de l'oral, cet ouvrage, qui a réuni un collectif de chercheurs autour d'un même corpus d'interactions pédagogiques conduites par le biais de la visioconférence, a un double objectif : comprendre le fonctionnement de cette situation didactique encore mal connue pour en révéler les spécificités et déduire les compétences que doivent développer les enseignants de langue pour enseigner dans cette configuration. Les auteurs revendiquent une approche multimodale des interactions en examinant toutes les ressources sémiotiques dont disposent un enseignant en ligne (gestes, images, clavardage, prosodie) et comment celles-ci s'orchestrent. Comprendre les interactions pédagogiques requiert de porter un regard minutieux sur leur texture particulière avec les entrées méthodologiques que permet l'approche multimodale.
Edmond est le plus gentil des chiens... Il a du mal à aboyer et ne mord que dans sa pâtée ! Mais, un juor, sa famille décide d'en faire un chien de garde et l'inscrit à la fameuse école Saint-Bernard. C'est le début des ennuis pour ce pauve Edmond !
La collection de design du Centre Pompidou est sans doute l'une des plus importantes du monde. Fondée au début des années 1990, elle s'est d'abord constituée autour d'un noyau d'oeuvres-icônes, incontournables jalons d'une histoire de la discipline au XXe siècle. Aujourd'hui forte de près de 8 000 oeuvres, elle couvre l'ensemble des périodes et des mouvements esthétiques du XXe siècle, jusqu'aux domaines de recherche et d'expérimentation les plus contemporains. Elle rassemble des oeuvres extraordinaires, le plus souvent uniques, qui jalonnent l'histoire du design, tels le prototype du célébrissime Fauteuil Grand Confort de Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret (1928) ou Bureau pour Robert Mallet-Stevens de Pierre Chareau (1927). Elle accueille également des objets ayant gagné une reconnaissance universelle comme le Bic Cristal (1950), vendu à plus de 100 milliards d'exemplaires. Ces 100 chefs-d'oeuvre du design permettront à tous les amateurs de découvrir les plus belles pièces de cette collection. Une collection qui évolue sans cesse et dont les cent chefs-d'oeuvre de demain seront, prenons-en le pari, une liste largement renouvelée.
Schulman Sarah ; Burtin Zortea Julia ; Gross Josép
Dans cet essai, Sarah Schulman fait le pari de lier les relations intimes, les luttes contemporaines autour du racisme ou du sida et la politique internationale. Elle met en avant la persistance, ici et là, de fallacieuses accusations d'agressions mobilisées pour décliner la responsabilité de chacun dans une situation conflictuelle. Ce travail profond, aussi courageux qu'impertinent, montre comment la sanction et la répression prennent le pas sur l'auto-analyse à l'échelle individuelle et collective, et comment l'altérité sert de justification à la violence et à l'exclusion. En décrivant l'action de "groupes nuisibles" dans les mécanismes de l'engrenage de la violence, Schulman expose la manière dont les groupes affinitaires, les communautés, les familles, ainsi que les groupes religieux, ethniques ou nationaux tissent des liens à travers leur refus, partagé, de changer leur manière de se percevoir mutuellement. Elle montre également comment les comportements dominants et les comportements traumatisés se rapprochent par leur commune incapacité à tolérer les différences des autres. Le Conflit n'est pas une agression est un livre à la fois militant, géopolitique, témoignage historique et essai féministe. Pouvant aussi bien servir de manuel comportemental pour la vie en collectivité que de guide militant permettant de comprendre les grands enjeux sociétaux de ces dernières années, il analyse en détail des événements tels que le conflit israélo-palestinien, Black Lives Matter, ou encore la lutte contre le sida et fait remarquablement écho à des événements antérieurs à sa publication, comme l'affaire Weinstein et le mouvement Me too. Plus largement, cet ouvrage tente d'offrir des solutions à une question complexe : comment désamorcer un conflit ? En distinguant le conflit de l'agression, Sarah Schulman revalorise la notion même de conflit et lui offre une valeur tant ontologique que symbolique. Loin de constituer une agression, celui-ci doit être mis en avant comme une façon d'entamer le dialogue entre les différentes strates constituant la société, en dépit des questions de nationalité, classe sociale, race et/ou genre.
S'appuyant sur le postulat de Ju ? rgen Habermas selon lequel la modernité est un "projet inachevé" , Robin Kinross situe les débuts d'une véritable pratique moderne de la typographie aux alentours de 1700, avec la publication, en Angleterre, du premier traité de typographie, les Mechanick exercises (1683-1684) de Joseph Moxon, et la création du romain du roi en France. Il livre ici une histoire de la typographie moderne envisagée dans un sens large, bien au-delà du modernisme formel, en privilégiant les démarches et les praticiens qui, en Europe ou aux Etats-Unis, ont su articuler savoir et pratique - à l'instar des réformateurs anglais ou des membres de la nouvelle typographie. En prenant en compte les avancées techniques et le contexte dans lequel les typographes opèrent, Robin Kinross met ainsi l'accent sur les aspects sociaux, politiques, techniques et matériels qui informent leur pratique. L'originalité de cet essai se situe à plusieurs niveaux : récit vivant et critique des développements de la typographie au cours des siècles, il est enrichi par des exemples représentatifs, rarement montrés auparavant, et propose une ouverture pour d'autres investigations.