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Archives de sciences sociales des religions N° 165, Janvier-mars 2014 : Les capitales catholiques
Gugelot Frédéric ; Vanderpelen-Diagre Cécile ; War
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713224317
Dans les pays les plus catholiques, les capitales comme Bruxelles, Paris, Port-au-Prince, Québec ou Rome ont cristallisé l'opposition traditionnelle entre les métropoles, lieux de perdition morale, et les villages, lieux de préservation de la foi ancestrale. Quelles stratégies de reconquête urbaine les catholiques ont-ils déployées depuis au moins deux siècles, conscients que l'avenir se joue aussi au centre ? Quelles lectures du monde urbain et quels imaginaires des villes ont-ils proposés ? Dans ce dossier thématique, des spécialistes de différentes disciplines montrent que les mouvements catholiques ont engendré des dynamiques propres où la capitale s'est imposée comme "terre de mission" et objet de "croisades" pastorales à travers la popularisation de lieux de culte et l'inscription de signes visibles dans l'espace et le temps des villes. Il s'agissait surtout de sauvegarder une communauté catholique bouleversée par les transformations rapides des sociétés occidentales aux XIXe et XXe siècles. Les étapes de la vie (naissance, initiation religieuse, mariage, mort) et les sphères de la société (mouvement de jeunesse, relations amicales et conjugales, loisirs, transmission des valeurs) ont été balisées à un moment où le maillage géographique et social s'est éloigné de la paroisse. Mais la reconquête de l'espace public par des tentatives de représentation politique s'est heurtée à la privatisation croissante de la croyance.
Il vendait autant de disques que Brassens, remplissait les plus grandes salles de spectacles, le jésuite Aimé Duval a triomphé dans la variété dans les années 1950-1960. Mais peut-on être prêtre et vedette de variété ? Y a-t-il une place pour un apostolat chanté ? De 1957 à 1964, un chanteur surprenant monte sur scène et triomphe dans les plus grandes salles parisiennes, du Gaumont-Palace au Vel d'Hiv, du Palais de Chaillot à l'Olympia, en Europe puis dans le monde entier, avec sa soutane et sa guitare. Le jésuite Aimé Duval, surnommé le " guitariste du Bon Dieu ", vend des millions de disques, engrange des royalties, suscite des fans et fait l'objet d'images pieuses. Son but est de répandre la parole de Dieu, d'évangéliser les foules éloignées de l'Eglise, de nourrir la foi des fidèles. Son apostolat chanté est justifié par des théologiens de renom dont l'allemand Karl Rahner, un des futurs acteurs du concile Vatican II. D'autres prêtres et religieuses, d'ailleurs, comme Didier Mouque, Maurice Cocagnac et Soeur Sourire l'accompagnent dans cette nouvelle forme de mission. Mais le succès et les addictions, les réserves et les critiques conduiront au naufrage de cet apostolat. Au-delà de ces prêtres chanteurs, c'est tout un choix missionnaire qui défaille, une Eglise catholique qui ne parvient pas à proposer une alternative chrétienne au déferlement des cultures populaires.
Près de cinquante ans après Vatican II et face à une multiplication des formes de la foi, l'institution catholique reste traversée par de fortes tensions, qui la font osciller entre changement et maintien de la tradition. Dans un monde où tout monopole religieux est exclu, elle se trouve confrontée à un double défi, celui de la perte du contrôle de la société et d'une réforme interne. Prenant comme terrain d'enquête la France et d'autres pays autrefois marqués par un catholicisme majoritaire - Espagne, Italie, Canada (Québec), Argentine -, Catholicisme en tensions dessine un panorama des principales mutations qu'il connaît au tournant du XXIe siècle. Après une recension des contextes nationaux, les évolutions les plus récentes sont analysées tant par le haut, à travers le discours magistériel romain, que par le bas, au plus près des petits arrangements ordinaires effectués par les croyants. La variété des sujets abordés - clergé, pratiques, croyances, genre, sexualité, culture, etc - renouvelle les approches, grâce aux lieux d'observation souvent inédits retenus par les contributeurs. Issu de travaux pluridisciplinaires, cet ouvrage permet de confronter les acquis de recherches récentes, innovantes, témoignant d'un renouveau d'intérêt des sciences sociales pour le catholicisme.
Au XXe siècle, alors que la sécularisation de la société s?amplifie, que les vocations ecclésiastiques s?effondrent, des écrivains catholiques aspirent à obtenir une vraie reconnaissance littéraire tout en revendiquant leur étiquette de croyant. De Barbey d?Aurevilly à Bernanos, de Bloy à Cesbron, de Bourget à Michel de Saint-Pierre, ils offrent aux lecteurs deux veines d?une littérature d?inspiration catholique profondément différentes. Ils développent une nouvelle forme de fiction, le roman sacerdotal, où un prêtre de papier est au coeur du drame, mêlant inextricablement écriture d?engagement et recherche littéraire. Enjeux spirituels, politiques, sociaux et littéraires ne se séparent pas. Même les choix esthétiques répondent à un projet tant littéraire que spirituel.
De la fin du XIXe siècle aux années trente, un phénomène collectif sans précédent vient bouleverser le monde de l'art et de la pensée: la conversion des intellectuels au catholicisme, alors même que l'Eglise se constitue en citadelle assiégée face aux coups de boutoir de la déchristianisation. Au-delà des noms bien connus de Claudel, Foucauld, Péguy ou Maritain, ce retour à la religion concerne plus de cent cinquante personnalités dont le romancier à succès Paul Bourget, de nombreux membres de la NRF naissante comme Henri Ghéon, Jacques Copeau, Jacques et Isabelle Rivière, et des poètes, Max Jacob, Jean Cocteau ou Pierre Reverdy. Témoins désenchantés de la faillite du lien social, ces intellectuels travaillent ardemment à sa refonte, dans des lieux aussi divers que les coopératives de prières ou les écoles d'art chrétien. Dans cette étude devenue un classique, Frédéric Gugelot montre l'étendue de ces conversions, l'originalité des parcours spirituels et l'ampleur de leur influence au moment où l'Eglise est confrontée aux interrogations de la modernité. Une contribution déterminante à la connaissance d'un phénomène qui annonce les mouvements catholiques de masse de la fin du XXe siècle.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.