Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Origine de la peinture. Sur Rembrandt, Cézanne et l'immémorial
Guérin Michel
ENCRE MARINE
32,00 €
Épuisé
EAN :9782350880716
Alors que disparaissent nombre d'espèces vivantes et que se brouille l'idée de Nature, que s'étend l'empire du virtuel et de l'immatériel loin des flagrances esthétiques traditionnelles, n'est-il pas déplacé d'appeler la peinture, non pas à relever son histoire, mais à descendre dans sa mémoire ? Le paradoxe serait de découvrir qui a toujours été là, mais que les yeux voyaient sans la regarder, une inactualité de la peinture, une certaine inadaptation au temps historique ; et cette incommensurabilité traduirait bien moins l'infirmité d'un art "dépassé par les événements", arc-bouté sur ses recettes et ses rites, que sa faculté renouvelée de se faire, à tout instant de la durée, contemporain de sa naissance. Sous cet angle, qui restaure une violente espérance dans le devenir sauvage, la peinture retrouverait, au présent perpétuel, les gestes de son origine. Elle relèverait alors, non plus de Clio, muse terrible et sans pitié, non d'une soi-disant mémoire réquisitionnée par l'histoire et tombée sous sa coupe, mais d'un immémorial : d'une mémoire si profondément lointaine qu'elle a fini par s'oublier elle-même pour mieux refaire de la présence. Les trois essais, aussi bien, qui composent cet ouvrage, témoignent chacun de façon singulière de la vérité de l'immémorial. La relation de Rembrandt à l'autoportrait, l'intuition d'une parenté de la peinture avec la bête, le sentiment enfin d'un possible âge d'or hantant la "réalisation" cézannienne débouchent sur trois visions : l'individu, l'animal, l'espace révélé Temps.
Quelles seront les politiques culturelles qui contribueront demain à renouveler les goûts, les formes et la pratique de la participation démocratique ? Quelles orientations donner à nos politiques culturelles pour inventer de nouvelles façons d'être et de vivre ensemble ? Dans un contexte où la "démocratie", comme système de gouvernante politique, a de plus en plus de mal à valoriser ses performances de service public et où, dans le même temps, les logiques de marché sont survalorisées et les inégalités économiques et sociales se creusent de manière accélérée, nous souhaitions réfléchir aux relations qui pourraient se construire entre politiques culturelles et enjeux d'émancipation. Quelles politiques culturelles pour quelles ambitions démocratiques ? Telle était la question centrale de ce colloque.
Comment s'expliquer le succès d'un penseur qui affiche avec une sorte de verve son go-t exclusif pour les valeurs aristocratiques et clame à qui veut l'entendre son mépris pour la démocratie et le socialisme, auprès de ceux-là mêmes pour qui l'idée seule d'une " hiérarchie " est haïssable ? N'y a-t-il pas là contradiction, malentendu, impossibilité ? Reste que ce paradoxe fait sans doute le tissu le plus secret de notre vie intellectuelle et politique. Comment pouvons-nous à la fois nous réclamer de Marx et de Nietzsche ? Cette question n'est pas une question d'école ; elle n'attend pas une résolution " logique ", qui soit, comme on dit " satisfaisante pour l'esprit ". Elle est, par chacun de nous, éprouvée comme paradoxe. M. G.
Confrontant de façon originale - jusqu'à les opposer - la pitié et l'altruisme, Michel Guérin, lui-même athée, se risque à une apologie du christianisme.
Voilà ce qui rapproche le Boléro et le poème le plus célèbre de Paul Valéry : le sentiment, qui n'en reste pas à la représentation mais s'insinue par le corps, d'une entité libre, d'un engin dynamique chargé de communiquer à tout ce qui passe à proximité une vibration incomparable. Or, cette tension retenue, accumulée, qui va crescendo sans modification du tempo, m'évoque dans les deux cas la chimère d'un reptile qui finirait par s'inventer oiseau. J'espère qu'on sentira dans ce qui suit, ce serpent annelé qui s'envoûte lui-même par ses flûtes successives. Quel est donc, à la fin, ce souple animal qui rampe et vole, va glissando ? Incarne la paresse charnelle en couvant la conscience acide ? L'instrument du mal ? Cela ne convainc guère. L'enroulement du bien et du mal ? Faut-il chercher si loin ? Plutôt la concentration en une bête qui tient à la terre tout en quêtant l'air des hauteurs, de deux emblèmes de signes opposés (on pense à l'aigle et au serpent de Zarathoustra). Comme le boléro (je parle ici en général) n'articule ses pas que pour en lisser la marche, prépare ses soulèvements par le geste de coller au sol, le poème déroule ses vingt-quatre anneaux dans lesquels, singulièrement, se nouent les fils de la méditation ; elle tresse l'énigme triple de l'univers, du mortel et de la pensée humaine".
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."