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NI DIEU NI MAITRE. Anthologie de l'anarchisme, tome 2
Guérin Daniel
LA DECOUVERTE
11,90 €
Épuisé
EAN :9782707130358
Dans ce livre désormais classique qui rassemble les textes des grands noms de l'anarchisme, Daniel Guérin retrace l'aventure d'un mouvement politique et intellectuel dont la force de contestation n'a jamais faibli depuis sa naissance au XIXème siècle. En offrant un panorama complet, sur deux siècles, de la pensée anarchiste, ce choix de textes politiques et théoriques s'efforce d'en restituer la richesse, et les controverses qui l'ont animée. Daniel Guérin entend ainsi combattre le discrédit dont fut victime l'anarchisme, souvent réduit par ses détracteurs à une idéologie individualiste "réfractaire à toute forme d'organisation". Le premier volume de cette anthologie présente le travail théorique des anarchistes du XIXème siècle à travers des textes de Stirner, Proudhon, Bakounine, Guillaume et Kropotkine. Le second volume, plus historique, dresse le portrait des grandes figures du mouvement à la fin du XIXème siècle et au XXème siècle, Malatesta, Henry, Pelloutier, Voline, Makhno, Durruti. Il met en lumière le rôle intellectuel et politique des anarchistes pendant la révolution russe et la guerre d'Espagne.
Résumé : Se retournant sur sa vie, son action militante et son oeuvre alors qu'il avançait en âge, voici ce que disait Daniel Guérin en 1979 dans un entretien au sujet d'un livre qu'il venait de faire publier : "Si j'ai tenu à ce que ce livre-là soit intitulé Son testament, c'est que je pense que l'homosexualité a joué un rôle si primordial dans mon existence... que le message que je souhaite laisser de moi, c'est celui-là et non pas un autre". Et pour bien faire comprendre la relation qui avait existé sa vie durant entre son action militante et une sexualité dont il dut longtemps éviter l'expression publique, il publiait quelques années plus tard Homosexualité et révolution. Dans cette nouvelle édition, ce texte est précédé d'un entretien qu'il eut à l'époque avec Jean Le Bitoux et dans lequel il retrace à grands traits ses engagements et les étapes de son existence. Aujourd'hui, et malgré les changements apparents des attitudes, mais aussi l'importation troublante des pays anglophones des débats sur le "genre" , l'expérience et la vision de Daniel Guérin, sa conviction que les individus, quelle que soit leur sexualité, ne pourront connaître un plein épanouissement que dans une société libérée de l'exploitation et des dominations autoritaires, offrent encore une riche matière à la réflexion.
Daniel Guérin admire en Proudhon le toujours actuel pourfendeur de l'autorité et de l'État, le critique social de haute volée, le père de l'autogestion, en même temps qu'un très grand écrivain. Mais il ne l'accepte pas en bloc. Dans une oeuvre prolixe et touffue abondent les paradoxes, les outrances, les vues idéalistes et utopiques. Déconcertante est sa manière de balancer entre révolution et réaction, entre prolétariat et petite bourgeoisie, entre propriété privée et collective. Ce plébéien autodidacte, à la culture immense et brouillonne, est emporté souvent par sa faconde, son tempérament passionné, l'exubérance de son génie. L'homme, tel que le révèlent les écrits intimes où il est plus directement lui-même (correspondances, notes de lecture, carnets) est un tourmenté, à la fois généreux et vindicatif, athée et spiritualiste, robuste et maladif, chaste et luxurieux. Les quatre facettes de Proudhon qui sont traitées ici suggèrent, chacune, une appréciation positive et négative.
De toutes les doctrines sociales, l'anarchisme est la plus méconnue et la plus défigurée. Daniel Guérin s'est essayé, textes et faits à l'appui, à lui restituer son vrai visage. Des théories de Proudhon, Bakounine et Stirner jusqu'à la révolution russe et aux expériences contemporaines (révolution espagnole de 1936, Yougoslavie, Algérie), il confronte théorie et réalité, en montrant l'influence toujours vivante de la pensée libertaire anarchiste.
Depuis sa parution en 1946, cette interprétation nouvelle de la Révolution française n'a pas cessé d 'être commentée avec passion. Certains critiques ont prétendu, à tort, qu'elle travestissait une révolution bourgeoise - la révolution bourgeoise par excellence - en révolution prolétarienne alors que l'auteur avait seulement prétendu éclairer les embryons de révolution antibourgeoise que la révolution bourgeoise recélait dans ses flancs. D'autres ont injustement restreint le terrain couvert par l'étude en laissant croire qu'elle ne touchait qu'un seul aspect de la révolution, - les luttes sociales qui l'agitèrent - alors qu'elle aborde tous les problèmes économiques, militaires, diplomatiques, administratifs et philosophiques, posés par cette remise en question radicale de l'ancien ordre établi. C'est pourquoi, à cette nouvelle édition entièrement refondue, Daniel Guérin a ajouté, à titre de complément, les divers écrits qu'il a publiés sur la question depuis la première édition de cet ouvrage devenu classique.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !