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L'èthos de rupture. De Diogène à Donald Trump
Guérin Charles ; Leblanc Jean-Marc ; Pià-Comella J
SORBONNE PSN
19,90 €
Épuisé
EAN :9782379060830
De nombreuses femmes et hommes politiques en Occident cultivent un style pensé pour heurter les conventions et manifester une forme de nouveauté. Ils fondent leur popularité sur des comportements qui valent avant tout parce qu'ils prétendent rompre avec l'habitus politique commun (Donald Trump, P. Iglesias Turrión, Vox et, de manière plus ambivalente que ne le faisait son propre père, Marine Le Pen). Dans les slogans comme dans les attitudes, c'est bien l'idée de rupture—avec le passé, avec les conventions, avec le "système", que mettent en avant, comme un argument politique en actes, ces différents acteurs. Ce livre se propose d'étudier cette construction de la rupture comportementale dans une perspective diachronique, de l'Antiquité à nos jours, en la mettant en relation avec le concept aristotélicien et post-aristotélicien d'èthos tel qu'il est reçu dans la tradition rhétorique, la tradition linguistique, ou celle de l'analyse du discours. L'enjeu est à la fois de situer historiquement cette prétention à la rupture comportementale dans le temps long et d'en analyser les ressorts précis sur des cas d'étude sélectionnés. Un locuteur peut-il projeter une image de soi déchiffrable et efficace en l'absence de tout précédent, en se coupant de toutes les représentations et règles censées modeler sa présentation de soi ? Dans quelle mesure l'ethos de rupture subvertit-il les normes et modèles rhétoriques ? En bousculant les attentes de l'auditoire, cet ethos de rupture est-il voué à l'échec ou est-il le gage du changement et du renouveau ?
Résumé : Dans la Rome républicaine, un procès ne se gagnait pas seulement par le discours des accusateurs et des avocats : les témoins, interrogés par les orateurs eux-mêmes, fournissaient bien souvent le socle réel des débats. A côté des longs plaidoyers et de leurs argumentaires, le témoin, son compte rendu des faits et sa prétention au vrai présentaient aux juges d'autres modalités d'affrontement et d'autres formes de persuasion. En reconstituant cet aspect des pratiques judiciaires à la fin du Ier siècle avant J-C, La Voix de la vérité fait émerger des réalités juridiques, rhétoriques et idéologiques jusqu'ici négligées, et propose une perspective nouvelle sur le rapport latin à l'éloquence et au vrai. Quelles stratégies les orateurs développaient-ils face aux témoins ? Comment ces derniers défendaient-ils leur position ? Et, surtout, comment pouvait-on les croire, eux qui n'avaient parfois ni autorité, ni prestige à faire valoir ? C'est la question de la valeur civique, et bien souvent de la romanité, que font surgir le témoin, son interrogatoire et l'appréciation de sa véracité.
Résumé : Cicéron résume à lui seul l'idée que l'on se fait de Rome : la langue latine, l'éloquence, la philosophie, la littérature. Mais pourquoi est-il devenu un "classique" ? Pour l'expliquer, cet ouvrage retrace l'histoire exceptionnelle d'un avocat et d'un homme politique du Ier siècle av. J. -C. qui, en luttant pour protéger la République romaine contre les pulsions destructrices de l'époque, a réussi à transformer les drames de son temps - les mesures d'exception, le recours à la violence, la division du corps politique, la guerre civile - en questionnements de portée universelle. Agissant en philosophe, philosophant en homme d'action, Cicéron incarne la culture du débat et de l'examen rationnel face à l'exercice dogmatique du pouvoir.
Guérin Daniel ; Jacquier Charles ; Schwartz Barthé
A travers tout le pays, les travailleurs étaient en grève, et ils occupaient les usines. Ils avaient trouvé une nouvelle forme d'action directe : la grève sur le tas. Ils l'avaient choisie eux-mêmes, en dehors et contre la bureaucratie syndicale, parce qu'ils estimaient à juste titre que ce moyen de pression serait plus sensible aux capitalistes que les simples grèves d'antan "dans le calme et la dignité". Au lendemain du 1er mai, passant aux actes, les ouvriers de l'usine Bréguet, au Havre, avaient occupé les ateliers. Latécoère à Toulouse, Bloch à Courbevoie avaient suivi l'exemple. Le mouvement avait pris très vite le caractère d'une vague de fond. Le pays que Blum s'apprêtait à gouverner n'était déjà plus celui qui, quelques semaines plus tôt, avait porté le Front populaire au pouvoir. Le rapport des forces sociales était renversé. Cette grève générale avait surgi spontanément de la conscience ouvrière et elle avait des mobiles élémentaires : la crise économique et les décrets-lois déflationnistes qui avaient durement frappé une partie des salariés. L'unité syndicale enfin scellée, l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement populaire ouvraient aux masses paupérisées la perspective d'un changement radical. Comme pour tout grand mouvement social, comprendre les raisons de son échec alimente la mémoire des luttes afin d'en tirer les leçons. En ce sens, ce livre est un véritable classique de l'histoire sociale du XXe siècle.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.
Ce livre ouvre une réflexion, dans le champ de l'esthétique, sur les ressources de l'écriture pour mener une analyse de film. Il s'agit moins d'exposer une méthode que d'étudier les conditions et les processus permettant de rendre compte de l'expérience sensible des oeuvres dès lors que style, composition, fonction poétique du langage ne sont pas apparat ou ornement, mais, simultanément, conduite, pratique et manifestation de la pensée. D'autres écritures analytiques, qui mobilisent des outils sonores et visuels, sont également abordées. Essai filmique, expérimentation numérique ou carte interactive, leurs formes multiples et suggestives continuent de s'inventer, comme autant de propositions performatives et de cheminements à même la matière des sons et des images. C'est l'ensemble de ces gestes d'écriture de l'analyse que cet ouvrage explore.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
Il faut lire Hélène Cixous sur le mode de l'entente. L'entente c'est la rencontre de l'oeuvre de l'autre (écrite, peinte, dessinée) suscitant une lecture, une écoute et une mise en état de réponse qui ouvre et relance l'appel de l'oeuvre. C'est à l'éclat de ce mot - entente - que l'on mesure combien Hélène Cixous compte aujourd'hui parmi les écrivains dont l'oeuvre transforme le plus fondamentalement la pensée et la poétique de la relation entre les arts visuels et l'écriture. Cette écoute radicale des mots, des langues, des autres (écrivains, penseurs et artistes) et jusqu'à soi en tant qu'autre est en effet présente depuis les débuts de l'oeuvre foisonnante et sans cesse renouvelée d'Hélène Cixous. Or, écrire l'entente est aussi un "ouï-dire". C'est sonder l'expérience autant que la pensée de l'écriture telle qu'elle se joue dans le face-à-face toujours contemporain avec l'oeuvre de l'autre, qu'il s'agisse de collaborations récentes (Chevska, Alechinsky, Hantaï, Tuymans, Abdessemed), de dialogues en cours (Derrida, Jeannet, Wajsbrot) ou de la lecture d'oeuvres anciennes (Ovide, Dante, Rembrandt, Goya, Joyce, Mandelstam, Lispector, Celan, Genet) Examinant la notion de l'entente - et donc, avec elle, ses équivoques : la mésentente, l'accord et le dissensus, le partage et la persécution, la communauté et ses désaveux, la co-vivance, le rapport du texte à l'image et à l'oreille - cet ouvrage est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, poètes, artistes et chercheurs, qui ouvrent ici "l'entente" à une diversité d'approches poétiques, philosophiques, historiques, politiques, voire juridiques, permettant de réfléchir sur une tension toujours à l'oeuvre dans les écrits d'Hélène Cixous.