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Le théâtre est-il nécessaire ?
Guénoun Denis
CIRCE
16,30 €
Épuisé
EAN :9782842420239
Qu'en est-il de l'identification au théâtre ? Denis Guénoun établit la généalogie du concept, dissipant le flou théorique et pratique dans lequel était maintenue jusqu'ici la double relation d'identification au personnage : celle du spectateur et celle de l'acteur. Pour ce faire, il distingue trois grandes époques. La première (l'époque de la mimèsis) est marquée par la Poétique d'Aristote, qui semble ignorer l'identification comme telle, tout comme elle paraît ignorer l'illusion, et la différence entre l'acteur et le personnage. La deuxième (l'époque de la représentation) est celle de l'établissement de la distance esthétique entre la scène et la fable, l'acteur et le rôle, et du triomphe concomitant d'un théâtre d'identification fondé sur la toute-puissance de l'imaginaire. La troisième (l'époque du jeu), la nôtre, s'ouvre dès lors qu'un art nouveau, le cinéma, s'étant approprié l'imaginaire, laisse du même coup libre cours à un théâtre "désidentifié", affranchi de sa propre irréalité. Mais la question de l'identification participe d'une problématique plus large de la nécessité du théâtre comme lieu de l'agir et lieu du regard. D'un théâtre qui, s'il veut renaître aujourd'hui, doit impérativement, selon Guénoun, se désencombrer de modèles qui ne correspondent plus en rien à sa pratique.
A partir de l'?uvre de Yasmina Reza, qui mêle théâtre, récit et roman, et déjoue les catégories habituelles, Denis Guénoun s'interroge sur ce que ces livres nous disent de nous-mêmes, de la matière de notre temps, de nos affrontements et de nos esquives. La disposition obstinée à l'évitement de la tragédie et le déplacement du comique sont les ressorts profonds quel'auteur analyse avec brio, risquant la confrontation avec de grands prédécesseurs comme Molière ou Brecht. Avez-vous lu Reza?, essai autant qu'invitation philosophique, renoue avec une grande tradition de la critique littéraire, qui questionne le sens et la valeur d'une ?uvre, son unicité et ses filiations, pour tenter de mieux comprendre le monde et l'époque.
Cet essai cherche à définir ce que désigne, dans le champ de la pensée philosophique, le mot Europe - réalité géographique, historique, spirituelle ? - et propose d'y reconnaître une certaine articulation entre le mouvement de l'universel et l'histoire d'une terre. L'auteur tente de confronter cette définition avec divers moments de l'aventure européenne, et avec quelques conflits qui l'ont déchirée : rapports étranges noués entre l'idée de nation et celle de révolution, croisements et rivalités entre apports grec, chrétien, judaïque, musulman. L'analyse ouvre sur une interrogation quant à la situation de l'Europe dans l'espace de la mondialité, présente et en devenir dans le monde des marchandises et des images. Ce livre voudrait contribuer, d'un point de vue philosophique, au débat présent sur la recherche de nouveaux modes de la vie commune.
Au croisement entre théâtre et philosophie, Denis Guénoun développe une interrogation radicale sur l'essence du théâtre et sa place dans les mouvements du monde. Mais la réflexion n'est pas ici confinée au domaine esthétique : elle questionne l'art sur sa soumission ou sur son courage (sur sa responsabilité en tant qu'art) devant les formes contemporaines de la domination.
Sémite, nom et adjectif, a été dérivé (1845) du latin Sem, nom d'un fils de Noé (Genèse, 10-11). Le mot désigne une personne qui appartient à un groupe ethnique originaire d'Asie occidentale, dont les peuples parlent ou parlèrent des langues apparentées, dites sémitiques. Abusivement, le nom s'applique (fin XIXe siècle) aux Juifs seuls (1933, adj.), alors que le concept englobait les Arabes. " Le Robert, dictionnaire historique de la langue française
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."