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Descartes et l'ordre politique. Critique cartésienne des fondements de la politique
Guenancia Pierre
GALLIMARD
15,00 €
Épuisé
EAN :9782070131556
À l?effondrement des régimes communistes a succédé le pullulement des nationalismes ethniques et religieux. Des uns aux autres les discours et les symboles ont changé, mais pas l?idée que les hommes, c?est-à-dire des individus, sont d?abord les membres d?un tout (État, parti, nation, ethnie, peuple, communauté religieuse). À ce défi idéologique, il n?est qu?une seule réponse à opposer : un individu n?appartient à personne. Les déterminations qu?il reçoit de l?extérieur (sa race, sa nation, sa religion), pour importantes qu?elles soient, ne tracent pas un cadre dans lequel il doit nécessairement s?inscrire. À tous revient la liberté primordiale de s?inclure dans une communauté ou dans un tout, ou de s?en séparer. C?est le grand enseignement de la critique de l?ordre politique à laquelle se livra Descartes. Critique en apparence paradoxale : si Descartes n?a écrit aucun traité de politique, c?est dans les textes touchant à la morale que se trouvent les deux principaux points d?appui pour résister au politique. C?est d?abord la critique des faux dévots, bigots et superstitieux, qui " sous ombre qu?ils vont souvent à l?église, qu?ils récitent forces prières, qu?ils portent les cheveux courts, qu?ils jeûnent, qu?ils donnent l?aumône, pensent être entièrement parfaits, et s?imaginent qu?ils sont si grands amis de Dieu qu?ils ne sauraient rien faire qui lui déplaise, et que tout ce que leur dicte leur passion est un bon zèle, bien qu?elle leur dicte quelquefois les plus grands crimes qui puissent être commis par des hommes, comme de trahir des villes, de tuer des princes, d?exterminer des peuples entiers, pour cela seul qu?ils ne suivent pas leurs opinions ". De ces lignes, plus actuelles que jamais, qui font du mélange de la politique et de la religion l?essence de la terreur, il résulte que toute conception du monde qui repose sur, ou qui implique une division entre deux catégories d?hommes (fidèles/infidèles ; amis/ennemis ; citoyens/étrangers) est génératrice de violence et de guerre. Les crimes les plus odieux et les plus fréquents dans l?histoire sont inspirés, commandés, justifiés par la politique. C?est ensuite l?idée qu?un individu peut, quelquefois, valoir plus que le collectif et que c?est à lui de le déterminer : " Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois avec mesure et discrétion, car on aurait tort de s?exposer à un grand mal, pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n?aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver ". Ces deux points sur lesquels on peut édifier une politique cartésienne ne sont pas séparables : la politique, trop liée à la contingence, aux individus, aux époques, ne peut être une science et aucune de ses propositions ne peut être appliquée invariablement ? la sagesse et la raison consistant à savoir juger selon les cas. C?est le jugement de chacun et non la règle, la consigne, le commandement, qui remplit l?office de la raison dans le domaine des choses humaines, des actions et des événements. Cette restitution de la pensée cartésienne, confrontée à celles de Pascal, de Hobbes, de Spinoza ou de Rousseau, ne vise pas à construire une théorie politique là où il n?y en a pas, mais à dégager la sortie de la logique qui fait de l?individu un simple élément du corps politique. Cela pourrait s?appeler l?actualité de Descartes.
Résumé : Luttant à la fois contre le culte moderne du moi qui accompagne l'individualisme possessif et contre la transcendance des communautés qui divisent les hommes et les opposent, ce livre, qui mobilise les inépuisables ressources de grandes pensées philosophiques comme celles de Descartes, Pascal, Husserl ou encore Levinas, met en évidence la fonction civilisatrice du Je. Le sujet comme chose qui pense est en chacun le spectateur et le juge du moi mais aussi du nous qui n'en est que la forme agrandie. C'est de chacun à chacun, ensemble infini de sujets libres, que passe le lien humain qui confère ? l'homme sa dimension d'universalité rejetée par les idéologies communautaires ennemies de l'idée d'un monde commun.
Pourquoi lire Descartes ? Parce qu'il n'est pas sûr que les usages scolaires et isolés du Discours de la méthode n'aient pas contribué à une incompréhension de cette philosophie : trop souvent la limpidité de sa langue occulte la complexité de sa pensée. Comment lire Descartes ? En reprenant son mouvement - comme le fait Pierre Guenancia dans la première partie de cet ouvrage -, en réorganisant la lecture de l'oeuvre à partir de ce qui en est la causalité première, l'impulsion et le moteur : l'idée de liberté. D'elle, tout part ; à elle, tout aboutit : la méthode, la physique, le modèle des corps-machines, la métaphysique, dont les principaux "objets" sont l'âme et Dieu, la morale. Lire Descartes, d'autres générations de philosophes l'ont entrepris, posant à l'oeuvre des questions qui ont fini entre autres par constituer le cartésianisme - c'est l'objet de la deuxième partie de ce livre : sur les rapports entre le mécanisme et la finalité, le concept d'institution de la nature, le problème de la technique, la critique de l'histoire, l'absence d'une politique cartésienne, la vérité, la représentation des passions. En cela, l'oeuvre de Descartes, pratique méthodique du questionnement et non pas système clos sur lui-même, demeure ouverte aux interprétations qui toujours la relancent.
Les douze études qui composent ce volume portent toutes sur des questions centrales du cartésianisme. Questions relatives à la connaissance du monde matériel et à la nature de l'âme, cette chose qui pense... Questions relatives à des problèmes plus ponctuels mais tout aussi essentiels, comme le jugement de Descartes sur Le Prince de Machiavel, ou les conseils donnés à la princesse Elisabeth sur la sagesse, la conduite de la vie, la nature du bonheur, la maîtrise des passions. Ce n'est donc pas un Descartes systématique et purement spéculatif que ce livre cherche à expliquer, un Descartes déjà fait pour ainsi dire, mais plutôt un Descartes se faisant, au fil des rencontres avec les problèmes et les personnes. C'est une pensée qui n'a cessé de s'élaborer et de progresser d'une question à une autre, d'un domaine à un autre, une pensée en chemin, que cette suite d'études s'efforce de suivre au plus près de son développement et de sa progression, afin d'en montrer la puissance intacte et l'actualité toujours présente, comme on peut le voir dans les réflexions de Michel Foucault sur le sujet cartésien, ou dans la réappropriation par Paul Valéry de la philosophie cartésienne à laquelle on doit l'avènement en philosophie d'un "Moi mémorable".
Guenancia Pierre ; Sylvestre Jean-Pierre ; Zarka Y
Pierre Guenancia est professeur d'histoire de philosophie moderne à l'Université de Bourgogne. Jean-Pierre Sylvestre est professeur de sociologie dans cette même université.Ils sont l'un et l'autre membres du Centre Gaston Bachelard de recherche sur l'imaginaire et la rationalité. Ils ont déjà publié en collaboration: Le sens commun (EUD, 2004), Homme et animal, la question des frontières (Quae, 2009) et Continuité et transformations de la nation (EUD, 2010).
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Pascal Blaise ; Descotes Dominique ; Escola Marc ;
Résumé : En 1656, après une existence mondaine où il cherche la gloire par l'exploitation de ses recherches scientifiques, Pascal entreprend une apologie de la religion chrétienne que sa santé ne lui laissera pas le temps d'achever et dont il reste seulement des fragments. Cette édition d'extraits de l'oeuvre permet l'étude de l'argumentation et du classicisme dans les classes de 2de et 1re.
Léviathan de Hobbes (qui paraît en 1651) est un des rares textes fondateurs de la philosophie, comme la République de Platon, auquel son auteur le comparait. Il jette, en effet, les bases de la tradition politique moderne, en inventant le mythe de la souveraineté : considérant leur état naturel, effrayés par l'exacerbation mortelle de leurs passions, les hommes décidèrent, par leur faculté propre de vouloir et de penser, de se doter d'une loi commune, artificielle, qu'un individu ou une assemblée aura pour tâche d'élaborer et de mettre en oeuvre. Avec Hobbes, l'histoire se substitue à la théologie : ce n'est plus dans le divin que la loi se fonde, mais dans l'humanité. Voici désormais cette oeuvre majeure de la philosophie politique occidentale rendue accessible à chacun, grâce à la traduction intégrale et inédite de Gérard Mairet.
Édition bilingue latin-français (page par page) des Oeuvres complètes sous la direction de Pierre-François Moreau. Est déjà paru Traité théologico-politique (publié en 1999). --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
Résumé : " Cet effrayant génie ", dit Chateaubriand. L'impression dominante n'est pourtant pas l'effroi, mais la fascination. Une fascination que les siècles n'altèrent pas et que Pascal explique lui-même : " On s'attendait de voir un auteur et on trouve un homme ". Pascal ne se comporte pas en auteur, il ne construit pas une ouvre littéraire : il se contente de répondre aux sollicitations de Port-Royal, et de se battre pour la vérité, scientifique, morale, religieuse. À côté des Provinciales et des autres polémiques religieuses, le premier volume de cette nouvelle édition des Ouvres complètes de Pascal contient des documents sur le personnage, ses travaux touchant la géométrie, les probabilités, l'arithmétique (dont la célèbre " machine arithmétique ") et la physique - tous textes qui, pour être ceux d'un scientifique de génie, n'ne sont pas moins écrits dans la langue d'un honnête homme. Outre des Lettres, différents Opuscules et autres écrits, le tome II et dernier contient les Pensées. Les Pensées sont les papiers d'un mort. Non pas une ouvre posthume. Nous n'avons pas l'ouvre, mais nous avons l'atelier. Depuis trois siècles, les interprétations n'ont pas manqué. Si les Pensées ont continué à susciter un intérêt aussi aigu, c'est que chaque époque les a comprises de manière différente. Puisque les Pensées sont les papiers d'un mort, il faut les présenter dans l'état où on les a trouvées, dans le même ordre, même si l'on n'y voit que désordre, et se laisser prendre par leur vertige.