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Descartes, chemin faisant
Guenancia Pierre
ENCRE MARINE
42,00 €
Épuisé
EAN :9782350880259
Les douze études qui composent ce volume portent toutes sur des questions centrales du cartésianisme. Questions relatives à la connaissance du monde matériel et à la nature de l'âme, cette chose qui pense... Questions relatives à des problèmes plus ponctuels mais tout aussi essentiels, comme le jugement de Descartes sur Le Prince de Machiavel, ou les conseils donnés à la princesse Elisabeth sur la sagesse, la conduite de la vie, la nature du bonheur, la maîtrise des passions. Ce n'est donc pas un Descartes systématique et purement spéculatif que ce livre cherche à expliquer, un Descartes déjà fait pour ainsi dire, mais plutôt un Descartes se faisant, au fil des rencontres avec les problèmes et les personnes. C'est une pensée qui n'a cessé de s'élaborer et de progresser d'une question à une autre, d'un domaine à un autre, une pensée en chemin, que cette suite d'études s'efforce de suivre au plus près de son développement et de sa progression, afin d'en montrer la puissance intacte et l'actualité toujours présente, comme on peut le voir dans les réflexions de Michel Foucault sur le sujet cartésien, ou dans la réappropriation par Paul Valéry de la philosophie cartésienne à laquelle on doit l'avènement en philosophie d'un "Moi mémorable".
Guenancia Pierre ; Sylvestre Jean-Pierre ; Zarka Y
Pierre Guenancia est professeur d'histoire de philosophie moderne à l'Université de Bourgogne. Jean-Pierre Sylvestre est professeur de sociologie dans cette même université.Ils sont l'un et l'autre membres du Centre Gaston Bachelard de recherche sur l'imaginaire et la rationalité. Ils ont déjà publié en collaboration: Le sens commun (EUD, 2004), Homme et animal, la question des frontières (Quae, 2009) et Continuité et transformations de la nation (EUD, 2010).
Résumé : Lorsque Descartes fait de la connaissance de l'esprit humain la principale tâche de la philosophie, il lui applique l'idée moderne de la science comme connaissance certaine et évidente. Durant les 150 ans qui suivront, aucun penseur ne reniera cette étincelle cartésienne. Dans son sillage mais aussi contre elle, dans le ciel de la philosophie apparaît une constellation de penseurs de premier ordre : Pascal, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume. La recherche philosophique accompagnant la "révolution scientifique" commencée avec Galilée s'engage alors dans "la voie des idées". C'est donc sur cette voie que Pierre Guenancia nous entraîne, soulignant toujours dans les différences et les oppositions entre les philosophes la perspective épistémologique qui leur est commune : l'analyse de la connaissance doit précéder la connaissance des choses de l'univers, car ce n'est qu'à partir de nos idées que nous pouvons connaître les choses.
Résumé : La phénoménologie est sans doute le courant philosophique le plus dynamique, le plus original et le plus fécond du XXe siècle. Ce livre suit les grandes étapes du développement de la voie de la conscience à travers les figures de Husserl, le fondateur de la méthode phénoménologique, de Sartre, dont la pensée a dominé la seconde moitié du XXe siècle, de Merleau-Ponty, qui a relié la conscience au corps, et de Ricoeur, auteur d'une oeuvre puissante d'herméneutique phénoménologique. Les critiques qu'ils s'adressent les uns aux autres montrent que ce courant n'est pas une "école de pensée", ou un système philosophique de plus. Il ne constitue pas une doctrine, mais apporte des façons nouvelles d'aborder les questions récurrentes de la philosophie : la nature de la conscience, la liberté, la relation de l'âme et du corps, la relation entre le soi et l'autre. La philosophie retrouve ainsi la force de la pensée qui caractérise les grands moments de son histoire.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").