Dans un environnement social et politique de plus en plus contraint et face à des problématiques de population de moins en moins saisissables, les établissements et services d'intervention sociale sont conduits à élaborer des réponses innovantes, à façonner de nouvelles lectures des situations rencontrées. Dans ce contexte en tension croissante, construire une démarche d'expertise en intervention sociale représente un enjeu essentiel pour les professionnels de l'action sociale et médico-sociale, comme pour l'ensemble des acteurs impliqués dans son développement (conseils d'administration associatifs, pouvoirs publics...). Désormais, l'expertise est une compétence instituée dans la formation de la nouvelle génération de travailleurs sociaux et cadres du secteur social et médico-social. Elle leur permet non seulement de définir et d'adapter l'offre de services, de la situer sur son territoire, mais également de positionner sa qualité tant à l'égard des situations spécifiques des personnes prises en compte qu'en référence aux orientations des politiques publiques. Note d'aide à la décision (CAFDES), dossier technique (CAFERUIS), étude terrain (DEIS), expertise sociale (DEASS)... sont autant de supports au service des organisations sociales, elles-mêmes au service des populations. L'approche de cet ouvrage est double : conceptuelle : partant des différents cadres de référence de l'expertise développés dans le champ social, et de ses enjeux, les auteurs proposent une définition de l'expertise spécifique à l'intervention sociale ; méthodologique : ils développent une démarche fondée sur l'analyse et la confrontation des trois polarités de l'intervention sociale (politiques publiques/population/ offre de services) et un pilotage de l'expertise dans différents contextes (élaboration d'un projet d'établissement ou de service...). La méthode est illustrée par des exemples tirés de la pratique professionnelle. Ce livre s'adresse aux professionnels (cadres, formateurs, consultants, praticiens...), aux bénévoles (administrateurs, membres associatifs...) et aux stagiaires en formation désireux de comprendre et mettre en oeuvre la démarche d'expertise.
Richard Arnaud ; Hailon Fred ; Guellil Nahida ; Mo
Les questions identitaires traversent les époques et les cultures. Elles façonnent les connaissances et les sciences, investies par l'ethnologie, les sciences politiques, la psychologie, la linguistique, formant les objets d'étude que sont l'ethnie, la nation, l'individu, le langage. Les questions identitaires connaissent aujourd'hui de nouvelles implications de part et d'autre des territoires, des nationalités, des épistémologies. Elles sont le lieu de nouveaux investissements scientifiques et l'enjeu d'un enrichissement pluriel des savoirs. Le discours politique identitaire dans les médias cherche à couvrir des thématiques ouvertes sur la Méditerranée, sur l'Europe, sur les Amériques. II rassemble des chercheurs soucieux d'apporter leurs réflexions sur les connaissances identitaires du sens politique médiatique. Qu'il s'agisse du Brésil, du Chili, d'Haiti, de l'Algérie, de l'Ukraine, de la France, ceux-ci se sont attachés à mieux comprendre les implications analytiques d'une histoire en miroir aux sources et aux contours de l'interculturalité. Ce volume constitue de fait un apport substantiel dans l'histoire en train de se faire des études de discours des sociétés actuelles grâce à son ancrage dans une transdisciplinarité encore à construire et à penser.
Le mémoire est une étape clé dans le cursus de l'étudiant. L'objectif n'est pas seulement de philosopher mais d'écrire, de " produire " pour une date donnée, un document de 50 à 120 pages, issu d'une expérience personnelle dans le domaine du travail social. II s'agit de donner la preuve de ses capacités d'analyse, de réflexion et d'action, d'implication et de distanciation, mais aussi de synthèse et de communication, autant de qualités de plus en plus nécessaires aux nouveaux diplômés dans leurs responsabilités. L'auteur, riche de son expérience de membre de jurys sanctionnant des diplômes supérieurs, a conçu cet ouvrage comme un véritable mode d'emploi, concret, exploitable aussi bien avant la mise en route du mémoire que pendant toute sa réalisation, jusqu'à la conclusion et la soutenance. Cette édition à jour des réformes des diplômes du travail social, poursuit un triple objectif : accompagner l'étudiant pas à pas dans les différentes étapes qui jalonnent la réalisation d'un mémoire : - la préparation (choix du sujet, choix du directeur de recherche), - la planification du chantier d'écriture, - les recherches, - la structuration, la rédaction et la présentation, - la soutenance. Offrir un aide-mémoire : de manière synthétique, à chaque étape sont énoncés et explicités les points clés et concepts à maîtriser pour la réussite du mémoire. Apporter une méthodologie pour relier les faits sociaux à des concepts et fonder des propositions d'intervention et d'action applicables dans le domaine social et médico-social. Véritable guide pratique méthodologique, cet ouvrage s'adresse à un large public : étudiants en formation initiale, mais aussi travailleurs sociaux et cadres de l'action sociale désireux d'acquérir une formation qualifiante requérant la production d'un mémoire (DEIS, CAFDESIS, CAFERUIS).
Françoise Gil est sociologue. Elle travaille sur les questions de sexualité, et notamment de prostitution, depuis plusieurs années. Par ailleurs, elle enseigne dans différentes écoles de travail social (Buc-Ressources, EFPP, IRTS de Paris).
Les écrits professionnels en travail social ne sont pas statiques, conçus et réglés une fois pour toutes. Non seulement ils sont porteurs d'une force particulière, mais ils mutent au rythme des variations du milieu professionnel et participent aux métamorphoses du secteur et au développement de pratiques nouvelles. Cet ouvrage montre tout d'abord l'importance qu'il faut accorder en écriture au contexte dans lequel sont énoncés les messages scripturaux, aux divers effets produits par ces messages et aux interactions entre scripteurs et lecteurs. En ce sens, il fait référence à la notion de pragmatique. Il aborde ensuite : le fonctionnement de l'activité scripturale, à travers la présentation de deux "modèles" qui permettent de mieux comprendre les différents éléments qui sont mobilisés et qui interagissent dans les pratiques d'écriture ; l'émergence dans le secteur social de références idéologiques importées, associées à l'utilisation d'un vocable spécifique influençant particulièrement les pratiques scripturales en travail social ; la confrontation à des écrits nouveaux ou en mutation, qui irriguent le travail social aujourd'hui et qui nécessitent la mise en place de pratiques d'écriture adaptées. Cet ouvrage présente enfin de nombreux écrits en usage dans les établissements et services du secteur social et médico-social et propose parallèlement des éléments méthodologiques pour professionnaliser l'activité scripturale. Les travailleurs sociaux trouveront dans cet ouvrage pédagogique matière à se perfectionner dans le champ des écrits professionnels. Pour autant, les partenaires des associations du travail social (instances de contrôle et de tarification, cabinets d'évaluation externe, officines d'expertises de toute nature, fédérations d'associations gestionnaires, instituts de formation...) pourront eux aussi trouver matière à alimenter leurs réflexions sur un sujet qui reste particulièrement prégnant en travail social : l'écriture.
Rester à distance" ou "être dans la proximité" ? Tel serait le dilemme du travailleur social - et plus largement de l'homme - face à l'énigme de la relation humaine. Les deux termes définiraient les deux seules positions entre lesquelles le professionnel serait sommé de choisir. Là serait l'unique alternative qui s'offrirait à celui qui accompagne des personnes dites "fragilisées". Mais n'y a-t-il pas un piège à présenter les choses ainsi ? Par ailleurs, la proximité est-elle synonyme de fusion ? Dominique Depenne s'attache ici à différencier les trois termes : distance, proximité et fusion. La proximité est ce qui s'oppose radicalement et conjointement à la distance et à la fusion. Cet essai dénonce l'idéologie de la "mise à distance", destructrice de toute relation et rejette, conjointement, toute idée de fusion. La fusion annule Autrui par absorption tandis que la distance détruit les possibilités de relation par l'exclusion de l'Autre. Prenant appui sur l'oeuvre d'Emmanuel Levinas, l'auteur soutient qu'il n'existe qu'un "lieu" pour établir une relation : la proximité, qui seule permet l'Accueil et la Rencontre éthiques entre l'accompagnant et l'accompagné. Cet ouvrage invite tous les professionnels du travail social, quels que soient leurs métiers et leurs postes, à reconsidérer la relation et plus spécifiquement : la relation d'accompagnement.
Puis-je vous parler ?..." "Vous avez un peu de temps ?" ... Parler, se dire, est vital pour chacun. On ne se trouve vraiment qu'en parlant à un autre. Parler suppose donc d'être accueilli par quelqu'un qui se rend compte de ce qu'écouter veut dire. Ecouter, c'est se taire, ne pas juger, c'est accepter l'autre tel qu'il est, comme il est, différent de soi, sans pourtant se renier soi-même. C'est permettre à l'autre d'aller aussi loin qu'il veut, qu'il peut, dans l'expression de ce qu'il vit. Intervenir ? Oui, mais comment ? L'écoute ne s'improvise pas. Elle exige d'être réfléchie, travaillée, sans quoi l'autre très vite de parler retombe dans le silence. L'écoute est sans prix pour celui qui la pratique comme pour celui qui en bénéficie. Elle ouvre sur une richesse autre, sur le plaisir de l'échange, de la rencontre.
Nous les côtoyons tous les jours. Souvent ils sont ivres et peinent à mendier. Ils sentent mauvais, vocifèrent et font un peu peur. Nos regards se détournent. Qui sont ces marginaux au visage ravagé ? Ce sont les clochards. Fous d'exclusion. Fous de pauvreté. Fous d'alcool. Et victimes surtout. De la société et de ses lois. Du marché du travail et de ses contraintes. Mais au-delà, c'est contre la vie même qu'ils se révoltent. Hallucinés, ivres, malades, c'est un autre et impossible ailleurs dont ils s'obstinent à rêver furieusement. Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue, a suivi la population des clochards de Paris durant plus de quinze ans : dans la rue, dans les gares, dans les centres d'hébergement, au Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre, au Samu social. En 1986, dans le cadre de Médecins du Monde, il a ouvert la première consultation d'écoute destinée aux SDF en France.
Résumé : Le concept d'islamophobie est un leurre, une illusion, une intoxication ! Il complique ce qui est simple, il obscurcit ce qui est clair. Il entretient le ressentiment au lieu de favoriser la concorde. Il pousse à la sécession au lieu d'encourager le rassemblement. Pour rendre meilleur les rapports entre l'Occident et le monde de l'islam, il faut échapper à cette manipulation et cultiver un regard de vérité. Une telle clarification n'aiderait-elle pas le monde musulman à s'interroger sur lui-même ? En faisant croire aux musulmans qu'ils sont des victimes systématiques, ne les prive-t-on pas de leur sentiment de responsabilité ?
Ce livre est consacré à certaines formes de prise en charge réalisées auprès de personnes (enfants, adolescents, adultes) manifestant des difficultés d'intégration sociale en lien avec des difficultés d'ordre psychologique. Des institutions construites en dérivation par rapport au modèle traditionnel de l'internat accueillent ces personnes et leur offrent, à côté de traitements spécifiques, un milieu de vie dans lequel elles côtoient des professionnels éducateurs ou soignants qui partagent avec elles le quotidien ou l'ordinaire de la vie. Chez les personnes accueillies, cette "présence proche" a des effets importants de changement psychologique quand elle est l'objet d'un travail d'approfondissement clinique qui en dévoile les enjeux, les avatars, et les tâtonnements. La métaphore du "corridor" désigne ces espaces-temps ambigus au sein desquels se déploient, sous une apparente banalité, des échanges complexes qui permettent une reconstruction du lien social.