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Manet. Inventeur du moderne
Guégan Stéphane
GALLIMARD
18,00 €
Épuisé
EAN :9782070133239
La peinture, c'est une affaire d'intelligence. On la voit chez Manet." Pablo Picasso, 1956. Unique évidemment, érotique et politique, très autobiographique, ironique souvent, et tourné en permanence vers l'espace public, l'art de Manet fut ludique aussi. Mettre en jeu, se mettre en danger, ramasser la mise si possible, les trois choses étaient vitales à ce grand ambitieux. L'ancien marin naviguait à vue et toujours en pleine mer. Nul repli, nulle chapelle, nulle dérobade. Manet eut moins peur de ses doutes que de l'échec et de la routine. S'enfermer dans une formule ou une spécialité eût été le pire des renoncements. Révolutionnaire sans doute, peintre d'histoire à sa façon, il fut surtout un peintre de Salon, prêt à en découdre avec le jury et le public pour imposer le Moderne dans le grand art.
Edouard Manet (1832-1883) sera ce peintre de la vie moderne que Baudelaire, dans son Salon de 1845, appelle de tous ses voeux. Pour le poète-critique d'art, comme pour l'artiste, la couleur, la subjectivité et les passions ne suffisent plus: les peintres futurs devront arracher leurs sujets à la société actuelle, habillée de noir et affligée d'une désespérante monotonie. Car c'est là, au coeur du trivial, du spleen, de l'horreur, comme de sa magie amère et de son tempo vif, que gît la modernité. Elle va trouver en Manet son baromètre. Ce Hors série retrace, en 8 modules, les principales étapes de ce face à face de Manet avec la vie moderne: Les leçons de Couture, dans l'atelier où il se forme six ans durant, a rencontre avec Baudelaire, décisive, l'Espagne au coeur, entre flamenco et toreros, la partie carrée, ou le scandale du Déjeuner sur l'herbe, en 1863, ce quatuor formé de deux étudiants en costume sombre et de deux naïades modernes, d'un chat noir l'autre, ceux que célèbre Baudelaire et celui qui pose aux pieds d'Olympia, de Zola à Mallarmé, le soutien des écrivains et leur influencesur le peintre, toujours en quête de nouveaux sujets, 1879, un tournant: les personnages et les loisirs parisiens, à la façon de Degas et du naturalisme, l'histoire au présent: après le choc de la Commune, une nouvelle peinture d'histoire pour des héros de son temps, tel Henri Rochefort s'évadant du bagne de Nouvelle Calédonie.
Résumé : Deux siècles après sa naissance, Baudelaire jouit d'une position souveraine. En poésie : c'est la révolution des Fleurs du mal, celle d'une langue plus physique et réceptive au présent. En art : c'est l'impératif de la modernité, qui exige qu'on peigne la vie moderne dans son mouvement et sa vérité profonde. Personne n'a mieux saisi Delacroix, Ingres et Daumier, électrisé Courbet et Manet, dissocié bonne et mauvaise photographies, promu l'égale légitimité des cultures ou le divorce entre morale de l'art et morale commune. Ce livre, sans séparer le poète du journaliste, réexamine la déflagration Baudelaire et pourquoi elle agit encore.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.