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Peaux d'âmes. L'interprétation physiognomonique des oeuvres d'art
Guédron Martial
KIME
18,30 €
Épuisé
EAN :9782841742479
Le discours du connaisseur - cet individu rare qui se distingue par son aptitude à porter un bon jugement sur les ?uvres d'art - est parasité par toutes sortes de mythes et de stéréotypes récurrents dans la littérature artistique. Un des plus rebattus voudrait que tout peintre se projette aussi bien physiquement que mentalement dans ses compositions. Ainsi, le connaisseur véritable serait capable de reconnaître un peintre à travers ses tableaux à la manière dont l'enquêteur identifie un criminel grâce aux indices qu'il a laissés ou dont le physiognomoniste met au jour l'intériorité cachée d'un individu en décryptant les signes de son visage. Mais sur quoi se fonde l'opinion selon laquelle le processus créateur est nécessairement travaillé par un mouvement d'autoprojection de l'artiste et quelles sont les démonstrations qui en ont été tirées ? Pourquoi la touche a-t-elle été considérée comme une empreinte infalsifiable et parfois indécente du peintre sur la toile ? Comment la manière dont chaque époque envisage le passé peut-elle interférer sur le jugement du connaisseur ? Telles sont les quelques questions auxquelles les textes réunis dans ce volume tentent d'apporter des éléments de réponse, avec pour point commun de mettre au jour des articulations étonnantes entre les théories de l'art et la physiognomonie.
Nouvelle édition dans la collection Guides Hazan. Apparues dès les origines de l'art, les figures de l'étrange et de la monstruosité ont composé un répertoire inépuisable, riche de toutes sortes de significations et à l'origine de multiples spéculations. Ce livre est centré sur l'iconographie des monstres et des êtres fabuleux de l'art occidental, les variantes et les réemplois, les filiations et les mutations dont ils ont pu faire l'objet, depuis la mythologie gréco-romaine jusqu'à aujourd'hui. Il brasse toutes les formes d'expression qui ont traité du sujet, des arts graphiques à l'art multimédia, en passant par la peinture, la sculpture, la photographie et les arts décoratifs. Le premier chapitre est consacré aux monstres que l'Antiquité classique a légués à la culture occidentale. Puis viennent les créatures maléfiques : visions cocasses ou répugnantes de l'imaginaire médiéval frappées par la christianisation du sceau de la damnation, du diabolique et du péché. Le troisième chapitre illustre comment les monstres tirés des mythes et des légendes furent intégrés à l'histoire naturelle. Le chapitre suivant interroge le corps humain comme vecteur du sensationnel, de l'effroyable et du scandaleux. Avant que la tératologie ne se constitue en tant que science, la distinction entre les monstres biologiques et les créatures mythologiques ou fantastiques n'était pas entièrement acquise. L'ouvrage se clôt sur l'exploitation des phénomènes monstrueux par le monde du spectacle.
LE LIVRE Souvent reléguée du côté du grotesque, de la farce et du libertinage, voire d'une sorte de dérèglement de l'imagination, la caricature a longtemps été minorée, tout en étant suspectée d'être dangereuse pour les moeurs et de procéder à une désacralisation des personnages ou des institutions qu'elle vise. Or son influence réelle ou supposée est indissociable de l'importance de sa diffusion, largement favorisée par les techniques de gravure mises au point à la Renaissance, puis, à compter du XIXe siècle, par de nouveaux moyens de reproduction qui ont favorisé la démocratisation des images. Dès lors, elle a été enrichie par les marionnettes, avec une médiatisation sans cesse accrue. La caricature a semblé, dès ses origines, déroger aux règles du grand art et du bon goût, mais aussi aux normes morales, sociales et utiltaires. Parcequ'elle remet en cause les principes de la représentation traditionnelle, elle a intéressé les artistes parmi les plus novateurs, comme Goya, Delacroix, Grosz ou Picasso. Elle a aussi été le creuset de la bande dessinée et du dessin animé, deux formes emblématiques de la culture visuelle et populaire.
Quand on examine l'évolution artistique en Europe au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, on s'aperçoit que le nouveau classicisme austère et didactique, expression du rationalisme critique des Lumières, a placé le problème des représentations du corps et plus spécifiquement de la figure nue au cœur de débats théoriques fondamentaux. Chez tous les auteurs pour lesquels le goût, dépravé dans les arts consistait à préférer le précieux et. l'affecté au beau simple et naturel, le nu héroïque a largement participé au rejet de l'illusionnisme, de l'artifice, de l'ornement et de l'insouciance hédoniste. Centré sur la formation des artistes au sein dé l'institution académique, cet ouvrage ne se contente pas de rappeler que l'étude d'après nature y était considérée comme le fondement de la représentation figurée, il situe la question de l'imitation et de l'expression, du modèle vivant: dans une perspective anthropologique et culturelle renouvelée. Traités scientifiques et para-scientifiques, méthodes de dessin, discours et écrits d'une histoire de l'art et d'une critique :alors naissantes éclairent la manière dont le nu a pu tout à la fois être théorisé dans la pratique et l'enseignement, incarné dans l'iconographie et sublimé par l'idéal.
Le terme " caricature " est souvent appliqué sans distinction à la gravure de moeurs, aux cartoons, voire au dessin d'humour en général. Son étymologie indique cependant qu'il vient de l'italien caricatura et du latin caricare qui signifie, au propre comme au figuré, "charger". La caricature attaque donc le corps et le visage par l'exagération de leurs singularités ou de leurs défauts, à des fins comiques ou satiriques. Si ce corps est celui des individus, il peut également accéder à une dimension symbolique et représenter une entité abstraite ou collective. Faire l'histoire de la caricature consiste donc à en suivre les déclinaisons. Le plus souvent, elles transgressent les règles ou les conventions du grand art qui aspire à l'idéal. Mais elles contribuent aussi à le faire évoluer vers des modes d'expression nouveaux.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.