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Vers un socialisme européen ?
Grunberg Gérard
HACHETTE LITT.
18,50 €
Épuisé
EAN :9782012352605
Les partis socialistes constituent aujourd'hui la plus importante famille politique européenne. Existe-t-il pour autant un socialisme européen ? Les réponses sont sur ce point contradictoires. D'une part, en effet, les différents socialismes ont connu des évolutions convergentes vers une acceptation du libéralisme politique, puis de l'économie de marché, ainsi que la disparition progressive du parti ouvrier. Tous ont finalement rejeté le bolchevisme et assumé leur vocation gouvernementale. Mais, d'autre part, le grave échec de l'Internationale en 1914 a contribué au développement des expériences nationales. Aujourd'hui cependant, une européanisation du socialisme européen semble s'effectuer plus nettement. Construction européenne, économies sociales de marché, remises en cause du keynesianisme, rejet de la xénophobie et embourgeoisement des partis caractérisent cette homogénéisation. Mais le socialisme n'en parvient pas moins difficilement à penser l'Europe en dehors du schéma des Etats-nations. La faiblesse de sa pensée institutionnelle et sa peur de voir les classes populaires sanctionner une politique européenne ambitieuse en sont en partie la cause. Un débat de l'auteur avec Jean-Pierre Delalande et Pascal Perrineau termine cet essai sur les enjeux du socialisme européen. Gérard Grunberg est directeur de recherche au Cevipof (CNRS-FNSP) et professeur à l'IEP de Paris. II a publié récemment, en collaboration avec Alain Bergounioux, Le Long Remords du pouvoir. Le Parti socialiste français, 1905-1992 (Fayard, 1992) et L'Utopie à l'épreuve. Le socialisme européen au vingtième siècle (De Fallois, 1996).
Abstentions record, monte des partis anti-système, mouvements sociaux répétition, rejet des lites, les indices de mécontentement se multiplient en France. Annoncent-ils pour autant la faillite du politique, voire une crise de la démocratie ? Pour le savoir, cette enquête innove, en ajoutant aux questions classiques de sondage, des petites histoires, qui mettent en scène les valeurs démocratiques (liberté, justice, tolérance, etc). Autant d'expériences qui permettent de mieux comprendre ce que signifie la démocratie pour les personnes interrogées, tout en testant la solidité et la cohérence de leurs convictions. Elles mettent, au sens plein du terme, la démocratie l'preuve. Les résultats vont l'encontre des ides reçues. Ils montrent que, sur la démocratie, les citoyens ordinaires ont des opinions, stables et cohérentes, même s'ils n'ont pas fait d'études. Si la défiance l'égard des dirigeants est réelle et profonde, si l'action collective protestataire (manifester, descendre dans la rue) paraît de plus en plus légitime, s'il y a une revendication de démocratie directe, ce rejet l'égard de la politique politicienne ne remet pas en cause l'attachement aux valeurs démocratiques. Bref, les Français demandent plus de démocratie, ils la veulent plus sociale, plus forte, plus participative. Le problème est du coût de l'offre politique, de la capacité des partis et des lites s'ouvrir et se transformer.
Résumé : Le Parti socialiste français a dirigé pour la première fois un gouvernement il y a près de soixante-dix ans. Il a exercé le pouvoir sous trois républiques et il est devenu, plus encore sous le régime actuel que sous le précédent, un parti du système, parvenant enfin, pendant trois législatures, à diriger ce " gouvernement parfaitement normal de la nation tout entière " que Gaston Defferre appelait jadis de ses v?ux. C'est sous ces couleurs que François Mitterrand a conquis la présidence de la République et il est l'un des deux seuls partis français à pouvoir espérer raisonnablement gagner à nouveau cette élection dans un avenir prévisible. Pourtant, paradoxalement, ce parti n'a jamais assumé aisément son action gouvernementale. Il s'est généralement senti soulagé quand il est retourné dans l'opposition, s'accusant lui-même, ou ceux qui avaient gouverné en son nom, d'avoir trahi ses objectifs et son projet, bref, de n'avoir pas conduit une véritable politique de gauche. Après chaque défaite, envahi par le doute, il a recherché dans son identité originelle les ressources nécessaires à l'élaboration d'un projet authentiquement socialiste. Sa vocation gouvernementale, qui paraît établie, ne lui apparaît pas à l'évidence comme le résultat et la preuve de ses succès. Au contraire, elle suscite chez lui méfiance et suspicion. L'exercice du pouvoir ne le satisfait pas, ne lui suffit pas. Il veut autre chose. Comme le remarquait Léon Blum, il veut accomplir des réformes qui laissent " une trace éblouissante ". D'où ses déceptions répétées et son intention, réitérée régulièrement, de mener, la fois suivante, une action enfin résolument transformatrice. Chaque cycle de pouvoir débute ainsi par la réaffirmation de la doctrine, puis, une fois au pouvoir, par un malaise croissant débouchant sur une critique de l'action gouvernementale, des désillusions et l'appel à un retour aux sources avec la réaffirmation d'une volonté de " rupture ".
Biographie de l'auteur Gérard Grunberg est directeur de recherches au CNRS (Cevipof) et directeur scientifique de Sciences Po. Il a coécrit avec Alain Bergounioux, L'Ambition et le remords, Le Parti socialiste français et le pouvoir, 1905-2005 (Fayard, 2005) et, avec Nonna Mayer et Paul Sniderman, La Démocratie à l'épreuve. Une nouvelle approche de l'opinion des Français (Presses de Sciences Po, 2002). Zaki Laïdi est chercheur au CERI et professeur à Sciences Po. Il est notamment l'auteur de La Grande Perturbation (Flammarion, 2004) et La Norme sans la force. L'Énigme de la puissance européenne (Presses de Sciences Po, 2005).
Résumé : Le socialisme est-il soluble dans le parlementarisme ? Les grands ancêtres, Fourier, Marx, Engels, avaient tranché la question : non, le parti du prolétariat, opposé au régime représentatif, ne saurait composer avec le parlementarisme "bourgeois". Il faudra attendre l'entre-deux-guerres pour que les héritiers de Jean Jaurès, au premier rang desquels Léon Blum, se rallient pas à pas au régime d'assemblées et troquent le mythe du Grand Soir contre une approche plus réaliste, réformiste, républicaine, de la pratique du pouvoir. Une mue qui conduira les socialistes, sous l'influence de François Mitterrand, à s'adapter puis à revendiquer la présidentialisation du régime née de la Constitution gaullienne. La manière dont le socialisme français a pensé et géré, tout au long de son histoire, son rapport au régime représentatif, forme la trame de cette vaste fresque destinée à devenir un classique. Des premiers disciples de Marx à l'acceptation du libéralisme par François Mitterrand et François Hollande, de Jaurès à Jospin en passant par Marcel Pivert, Daniel Mayer, Guy Mollet, Paul Faure, voici retracés deux siècles d'histoire politique et intellectuelle qui éclairent d'un jour neuf, ô combien d'actualité, la difficile question des socialistes face à la pratique du pouvoir.
De 1840 à 1940, l'Eglise a multiplié les efforts pour conquérir, ou reconquérir, un milieu social qui lui échappait. Pierre Pierrard montre pourquoi en partant d'une série d'interrogations fondamentales. De quelle Eglise s'agit-il ? De quels ouvriers ? Pour quelle société? Il part d'une constatation : l'indifférence envers la religion du monde ouvrier. Pour y pallier, les politiques les plus contradictoires se succéderont, de l'amorce d'un socialisme chrétien aux patronages contre-révolutionnaires, de l'Ordre moral à l'encyclique Rerum Novarum. Ce siècle, marqué par une formidable mutation technologique et sociologique et secoué par deux guerres mondiales, suscite une nouvelle réflexion des chrétiens sur les problèmes économiques, sociaux et missionnaires. Avec lucidité et scrupule, Pierre Pierrard en décrit, pour la première fois, la genèse.
Résumé : Affrontements de talents, combats entre générations, découverte des ressorts de l'imagination, Remix est plus qu'un recueil collectif de nouvelles. C'est l'adaptation à la littérature du procédé qui triomphe dans le hip hop ou les musiques électroniques le " remis ", la réappropriation d'une création passée. Le principe : 5 nouvelles originales remisées 2 fois, par 2 écrivains différents. Le résultat : 15 textes inédits où les romanciers contemporains se volent leurs histoires, leurs ambiances, leurs styles ou leurs mots. Et au final, nous parlent d'eux-mêmes comme jamais. Publié deux fois par an, Remix est à la fois un rendez-vous régulier de " combats d'écrivains " et une réflexion ludique sur la création.
Tout a-t-il été dit sur "le mystère Lawrence" ? Depuis sa mort, en 1935, le héros de l'aventure arabe s'avance masqué. De nombreuses zones d'ombres subsistent. Est-il vraiment le seul, le vrai vainqueur du désert, le libérateur de Damas ? A-t-il subi, inventé ou enjolivé le supplice commis par les Turc : flagellation cruelle suivie de viol collectif ? Pourquoi, au faîte des honneurs et de la gloire, a-t-il choisi de terminer les douze dernières années de sa vie comme simple soldat, dans des circonstances dégradantes ? Pour expier - mais quoi ? Par volonté de mortification et d'humiliation - mais pourquoi ? Dans quelles conditions est-il mort : accident, attentat, suicide ? Explorant toutes les sources inédites disponibles à ce jour, Monteil restitue dans leurs ambivalences les plus troublantes - homosexualité, masochisme, mythomanie... - les différentes facettes d'une personnalité complexe trop souvent perçue de manière univoque à travers le film à grand spectacle de David Lean (1963). La statue n'en est pas déboulonnée : elle y trouve une profondeur de chair et de sang. Auteur d'une trentaine d'ouvrages sur la culture et la civilisation arabo-musulmanes, Vincent-Mansour Monteil est un familier de l'Orient, que ses expériences au Sahara occidental et au Maroc avaient fait surnommer le "Lawrence d'Arabie français". C'est dire que la biographie qu'il consacre aujourd'hui à l'illustre Colonel Lawrence n'est pas dénuée d'élans affectifs et passionnés...
Résumé : Durant un siècle, de 1801 à 1905, l'Eglise de France a vécu sous le régime du Concordat conclu entre Bonaparte, Premier consul, et le pape Pie VII. Ce Concordat faisait des prêtres français des fonctionnaires du culte, salariés, dépendant étroitement de leur évêque et de l'administration. Et cependant, jamais le clergé français n'a été aussi nombreux : 140000 jeunes gens ordonnés en un siècle. Qu'est-ce qui a pu pousser tant d'adolescents, en majorité des fils de paysans, à franchir le seuil des séminaires ? La sécurité attachée à un traitement fixe et assuré ? Une promotion sociale incontestable ? Certainement. Mais aussi l'attrait du service de Dieu et des âmes, la réalisation d'une haute vocation. L'exercice de cette vocation, au cours du XIXe siècle, est rendue de plus en plus malaisée par la formidable mutation économique, sociale, idéologique, religieuse qui fait que la France républicaine et logique de 1905, avec ses 4 millions de travailleurs industriels, est très différente de la France de 1801, dont les campagnes surpeuplées vivaient encore selon un rythme ancien, auquel l'existence du prêtre était accordée. A travers la vie quotidienne du prêtre français au XIXe siècle, c'est toute une nation qu'on voit évoluer, c'est la France profonde qu'on entend respirer, une France à la fois très éloignée et très proche de nous. Pierre Pierrard Né à Roubaix, Pierre Pierrard est professeur honoraire à l'Institut catholique de Paris. Après avoir soutenu une thèse de doctorat sur La Vie ouvrière à Lille sous le Second Empire, il a orienté ses recherches et ses travaux vers une meilleure connaissance des courants sociaux et religieux contemporains. Chroniqueur à La Croix président de l'Amitié judéo-chrétienne de France, il a reçu le Grand Prix catholique de littérature en 1984 pour son livre : l'Eglise et les ouvriers en France, 1840-1941 (Hachette-Littérature). Il est également l'auteur d'une Vie quotidienne dans le Nord au XIXe siècle.