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Signe et forme. Philosophie de l'art et art paléolithique
Grosos Philippe
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204121095
La reconnaissance d'un art pariétal du paléolithique supérieur n'est intervenue qu'au tout début du XXe siècle. Depuis, tout en prenant cet art au sérieux, les préhistoriens n'ont cessé de voir dans ces formes peintes et gravées l'expression d'un univers symbolique. En cela, ils n'ont pas seulement remarqué que les hommes du paléolithique associaient des formes et des signes ; ils ont interprété ces formes comme des signes. Mais une telle démarche n'aboutit-elle pas à faire disparaître ces oeuvres en tant qu'oeuvres d'art ? Car peut-il exister un art qui ne soit art des formes ? Prenant appui sur l'analyse des peintures de Lascaux (Dordogne) comme sur celle des pierres gravées de La Marche (Vienne), il s'agit de faire valoir l'enjeu expressif des formes afin de proposer un tout autre modèle d'interprétation et de jeter les bases d'une philosophie de l'art paléolithique.
Et si c'était la préhistoire qui nous faisait sortir de nos illusions sur l'histoire ? Méprisée, oubliée, l'archéologie préhistorique a pourtant à nous offrir une approche fraîche et renouvelée de l'anthropologie fondamentale. Bouleversant, à tous les sens du mot ! Depuis cent cinquante ans que la préhistoire a été inventée, la philosophie n'y a prêté qu'une attention médiocre, voire nulle. Pourquoi ? Que gagnerait-elle à s'y intéresser ? Prenant appui sur cet essentiel témoignage que constitue l'art figuratif des cultures concernées, du Paléolithique récent jusqu'à la fin de l'âge des Métaux, Philippe Grosos tente de répondre à ces questions en repensant conjointement le sens de ce qu'on nomme " préhistoire " et " philosophie ". Ainsi s'agit-il, d'une part, de concevoir les différents moments de cette histoire d'homo sapiens en termes de mode d'être au monde ; d'autre part, d'en méditer les incidences sur la philosophie elle-même en se rappelant que son invention date du second âge du Fer.
Nous sommes mortels et le temps qui est le nôtre ne se déploie que selon l'irréversibilité de son ordre. Cela est entendu. Et cependant, le sens de nos existences ne peut s'interpréter à partir de cette seule irréversibilité biologique. En elle, et non contre elle, nous ne cessons d'être confronté à la réversibilité de nos situations d'existence, lesquelles nous sont aussi inanticipables que décisives. Prendre dès lors au sérieux cette réversibilité, c'est ne plus pouvoir se satisfaire du privilège que, depuis les Grecs, la philosophie reconnaît à la tragédie, tant le tragique présuppose l'irréversible. C'est pourquoi, porter attention à la réversibilité, c'est défendre un autre modèle d'interprétation de nos existences : celui du tragicomique et de l'ironie.
De Kant au dernier Schelling, la spéculation philosophique fut essentiellement liée à l'inquiétude de la question théologique. Biblique et le plus souvent chrétienne, elle obligea Fichte, Hegel, comme tous les autres penseurs, célèbres ou plus obscurs, à se poser la double question du statut et de l'enjeu de la Révélation au sein de la discursivité conceptuelle. Cette étude s'efforce de comprendre comment chacun d'eux a prétendu résoudre ce problème de l'articulation de la foi biblique au logos philosophique.
Si tant est que l'on accorde quelque attention à la façon dont les philosophies peuvent elles-mêmes s'auto-désigner, l'on remarquera alors que le nom qu'elles se donnent est toujours lourd de présupposés métaphysiques. Donner sens, contre toute anesthésique équivalence neutre du terme de philosophie, il engage celle-ci vers une certaine conception de l'essence de la manifestation, tel est le propos fondamental de ce livre. Mener à bien ce projet, cela suppose de prendre enfin au sérieux la revendication de système, telle qu'elle apparaît, de façon unique dans l'histoire de la philosophie, avec l'idéalisme allemand. De Reinhold à Hegel, de Fichte à Schelling, c'est en effet tout le post-kantisme qui, volens nolens, se débat avec le sens de ce concept. L'analyse de sa genèse et de sa formation, des réticences qu'il suscita, comme de celles des concepts que lui-même requiert -telle l'idée riche et ambiguë de subjectivité -, ne jette pas seulement une lumière nouvelle sur le sens philosophique de cette période ; elle oblige aussi à repenser le sens général de toute ontologie, et avec elle toute essence de la manifestation.