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Phénoménologie de l'intotalisable
Grosos Philippe
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204097840
Face à une logique de système qui entend ressaisir le sens de ce qui est en le totalisant, l'existant fait l'épreuve délicate d'une réalité qui toujours lui échappe, qui n'est jamais ce qu'il attend qu'elle soit, qui ne cesse de contredire toute espérance de maîtrise. Or, penser cette réalité signifie précisément renoncer à l'exigence philosophique de système, selon laquelle nous pourrions clôturer la signification des êtres, des choses comme des événements. Mais il ne s'agit nullement de renoncer à la philosophie, et cela ne nous voue pas davantage à l'absurdité ou au tragique supposé du monde. D'une tout autre façon, il nous faut accéder à un type de rationalité dont la vocation n'est pas de totaliser le sens, mais de décrire ce qui est comme ce avec quoi l'on ne peut jamais en avoir fini. Telle est la vocation originaire de la phénoménologie, qui n'est pas de transformer en thème chaque phénomène qu'elle aborde, mais à l'inverse de le décrire dans la façon qu'il a de nous apparaître.
De Kant au dernier Schelling, la spéculation philosophique fut essentiellement liée à l'inquiétude de la question théologique. Biblique et le plus souvent chrétienne, elle obligea Fichte, Hegel, comme tous les autres penseurs, célèbres ou plus obscurs, à se poser la double question du statut et de l'enjeu de la Révélation au sein de la discursivité conceptuelle. Cette étude s'efforce de comprendre comment chacun d'eux a prétendu résoudre ce problème de l'articulation de la foi biblique au logos philosophique.
La première image n'est pas la plus ancienne. C'est celle qui, dès sa révélation, brise le cours du temps, crée un avant et un après, nous obligeant à changer notre regard sur l'histoire autant que sur le devenir de notre humanité. Tel fut l'effet produit par la publication, due à Sanz de Sautuola, en 1880, du premier relevé d'art pariétal paléolithique : celui du plafond orné de la caverne espagnole d'Altamira, en Cantabrie. De cette première image, avons-nous désormais pleinement pris la mesure ? Et que signifie, pour nos constructions historiques (Préhistoire, Antiquité) ou disciplinaires (Art, Philosophie), en prendre la mesure ? Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage, qui vise à rendre accessible l'art des cavernes ornées, s'efforce simplement de répondre.
Résumé : Que disent de nous les premiers essais artistiques de nos plus lointains ancêtres ? Comment l'homme a-t-il commencé de façonner l'espace et le temps avec l'art pariétal ? Serait-ce la beauté qui a engendré le monde ? Une plongée inégalée dans nos origines. Animaux et environnement dans l'art depuis le paléolithique supérieur L'expression artistique figurative est, chez l'homo sapiens que nous sommes, aussi ancienne que notre arrivée en Europe ou en Asie (40 000 ans). Or, durant presque 30 000 ans notre ancêtre a essentiellement figuré des animaux sans jamais représenter aucun élément d'environnement naturel. La prise en compte de ces deux considérations nous oblige à repenser entièrement l'évolution autant que les enjeux de ce double rapport problématique que nous entretenons à la totalité du vivant, animaux et environnement compris. Et de cela précisément, l'art, depuis 40 000 ans, est le témoin lucide.
Et si c'était la préhistoire qui nous faisait sortir de nos illusions sur l'histoire ? Méprisée, oubliée, l'archéologie préhistorique a pourtant à nous offrir une approche fraîche et renouvelée de l'anthropologie fondamentale. Bouleversant, à tous les sens du mot ! Depuis cent cinquante ans que la préhistoire a été inventée, la philosophie n'y a prêté qu'une attention médiocre, voire nulle. Pourquoi ? Que gagnerait-elle à s'y intéresser ? Prenant appui sur cet essentiel témoignage que constitue l'art figuratif des cultures concernées, du Paléolithique récent jusqu'à la fin de l'âge des Métaux, Philippe Grosos tente de répondre à ces questions en repensant conjointement le sens de ce qu'on nomme " préhistoire " et " philosophie ". Ainsi s'agit-il, d'une part, de concevoir les différents moments de cette histoire d'homo sapiens en termes de mode d'être au monde ; d'autre part, d'en méditer les incidences sur la philosophie elle-même en se rappelant que son invention date du second âge du Fer.