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Marcher, une philosophie
Gros Frédéric
CARNETS NORD
17,00 €
Épuisé
EAN :9782355360084
La marche à pied connaît de plus en plus d'adeptes qui en recueillent les bienfaits: apaisement, communion avec la nature, plénitude... Nous sommes très nombreux à bénéficier de ces dons. Marcher ne nécessite ni apprentissage, ni technique, ni matériel, ni argent. Il y faut juste un corps, de l'espace et du temps. Mais la marche est aussi un acte philosophique et une expérience spirituelle. Allant du vagabondage au pèlerinage, de l'errance au parcours initiatique, de la nature à la civilisation, l'auteur puise dans la littérature, l'histoire et la philosophie; Rimbaud et la tentation de la fuite, Gandhi et la politique de résistance, sans oublier Kant et ses marches quotidiennes à Kdnigsberg. Et si l'on ne pensait bien qu'avec les pieds? Que veut dire Nietzsche lorsqu'il écrit que "les orteils se dressent pour écouter"? C'est ce que l'on cherche ici à comprendre. A la fois traité philosophique et définition d'un art de marcher, ce livre en réjouira beaucoup, qui ne se savaient pas penseurs en semelles. Biographie de l'auteur Frédéric Gros est professeur de philosophie à l'université Paris-XII. Il a travaillé sur l'histoire de la psychiatrie (Création et folie, PUE), la philosophie de la peine ("Et ce sera justice", Odile Jacob et la pensée occidentale de la guerre ("Etats de violence", Gallimard). Il a édité les derniers cours de Michel Foucault au Collége de France.
A quoi sert de marcher? Et d'où vient que nous sommes de plus en plus nombreux à randonner? Marche-t-on différemment en ville, en montagne et en forêt? Vaut-il mieux cheminer seul ou accompagné, avec ou sans objectif? Le sac à dos - gage d'équilibre et maison portative - est-il indispensable au marcheur? Quelle liberté, quel rapport à l'espace et au temps expérimente-t-on lorsque l'on est en route? Dans les textes ici rassemblés, des poètes, des philosophes et d'autres écrivains marcheurs d'hier et d'aujourd'hui répondent à ces questions et à bien d'autres - témoignant chacun à sa façon de ce qui le fait marcher. De ce que la méditation allante, la vie motrice, pourvoyeuse d'énergie et de vigueur, a toujours été le meilleur rempart contre la mélancolie.
??partir de l'analyse des oeuvres de Michel Foucault, cet ouvrage montre comment sa philosophie s'élabore dans des récits permettant un nouveau regard, une nouvelle invention des concepts, sans rechercher pour autant une signification ultime.
Résumé : Le problème, c'est l'obéissance. Ce monde va de travers, à tel point que lui désobéir devrait être une urgence partagée et brillante : d'où vient donc notre docilité ? Conformisme social, soumission économique, respect des autorités, consentement républicain ? Pour Frédéric Gros, c'est en repérant les styles d'obéissance qu'on se donne les moyens d'inventer de nouvelles formes de désobéissance. Sous sa plume, la pensée philosophique, en même temps qu'elle nous enjoint de ne jamais céder aux évidences, nous fait retrouver le sens de la responsabilité politique. A l'heure où les décisions des experts se présentent comme le résultat de statistiques glacées et de calculs anonymes, désobéir devient une affirmation d'humanité.
Résumé : En 1632, dans la petite ville de Loudun, la supérieure du couvent des ursulines est brusquement saisie de convulsions et d'hallucinations. Elle est bientôt suivie par d'autres soeurs. Les autorités de l'Eglise les déclarent "possédées" . Contraints par l'exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent bientôt leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville. Cette histoire, qui brasse les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes. Frédéric Gros en fait le roman d'un homme : Urbain Grandier, brillant serviteur de l'Eglise, humaniste rebelle, amoureux des femmes, figure expiatoire toute trouvée de la Contre-Réforme. Un récit d'une modernité troublante, tant les fanatismes d'hier ressemblent à ceux d'aujourd'hui. On est séduit par la subtilité d'une écriture qui saisit les multiples aspects de cette tortueuse affaire. Les Echos. Un livre fascinant. Le Parisien magazine.
René Girard aborde ici l'oeuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de duel , d' action réciproque ou de montée aux extrêmes désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'Europe. Achever Clausewitz , c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.René Girard, membre de l'Académie française et professeur émérite à l'université de Stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Je vois Satan tomber comme l'éclair (1999) et, plus récemment, Les Origines de la culture (2004). Benoît Chantre est directeur éditorial des Editions Carnets Nord.
AVANT-GOIl faut se méfier du retour des beaux jours; ils se manifestent, parfois, sans crier gare. Ainsi, vous êtes un matin de carême dans un tortillard qui joue les prolongations sur une voie unique parmi les labours gras et les boqueteaux dénudés. On sent le froid venir quand l'omnibus fend des poches de brume glacées qui figent les frêles pousses du blé d'hiver. Ce n'est pas la Sibérie ni l'Alaska. Juste un hiver, incertain comme l'époque, qui s'en va mornement dans cette campagne en pente douce. Pour un peu, on se rendormirait sur la banquette défraîchie du wagon Corail qui sent le vieux canapé de brocante. Mais soudain, il y a ce rai de soleil, venu de nulle part, qui vient nous tutoyer l'humeur ferroviaire engourdie. Ce n'est déjà plus la lumière blafarde de la morte saison. Mais ce n'est pas encore, non plus, le grand soleil de mai qui caracole comme un poulain de l'année. Ce soleil-là, tiède et écru, c'est simplement une promesse des beaux jours à venir qui vous donne envie de mirer votre existence dans ce ciel redevenu soudainement bleu azur après les mois gris. Et l'on se voit déjà jeter notre ballot en gare de Tonnerre, Bretoncelles ou Boujailles pour aller courir les pâtures et débusquer les premiers pissenlits qui tutoieront l'oeuf poché et les lardons dans le saladier. Car dans le frichti de nos vies, la cuisine est la ponctuation du temps qui passe, la métrique de nos souvenirs et de nos rites. Elle raconte l'agneau et les asperges de Pâques; les premiers radis de dix-huit jours; les bonnottes de Noirmoutier; les cerises de l'orée de l'été; les noix vertes de la Saint-Jean en juin; les olivettes gorgées du soleil d'août.Il y a eu Tu mitonnes!... l'hiver puis maintenant Tu mitonnes!... l'été parce que la cuisine ne peut être que de saison. Il suffit de goûter une tomate à Noël ou une framboise en janvier pour mesurer à quel point ces fruits décalés sont des impostures gustatives et des anachronismes néfastes par l'énergie qu'ils nécessitent pour leurs transports et leurs cultures sous serre chauffée. Se mettre aux fourneaux en suivant le fil des saisons, c'est aussi embrasser l'encyclopédie du règne végétal et animal et donc préserver notre diversité alimentaire. C'est en fouillant les recoins de l'automne que l'on redécouvre fruits et légumes dits oubliés comme la pomme «museau de lièvre» ou le persil tubéreux.Écouter la petite musique des mois au jardin et au marché n'est pas seulement bon pour la planète, c'est aussi une façon de ré-étalonner son quotidien dans la marche naturelle du temps. A l'ère du micro-ondes, du congélateur et du prêt-à-manger, la démarche peut paraître anecdotique, voire surannée. Mais elle peut se révéler salutaire à l'heure de la massification des clics et des flux - comme on dit sur l'Internet - qui chamboulent notre rapport au temps et à l'espace. Il ne s'agit pas d'opposer les écrans aux fourneaux mais juste de préserver ce temps mijoté qui vous enlumine l'humeur et les papilles quand, un soir de mai, vous préparez vos premières fèves de l'année - petits bijoux de tendreté - avec une poignée de pétales de coppa. On se dit alors que les beaux jours sont un précieux exhausteur du goût de vivre.
Nous sommes tous religieux sans le savoir. Pire encore: parce que nous ne voulons pas le savoir! C'est cet aveuglement paradoxal qui fonde la raison contemporaine. Ce livre, conçu comme un polar métaphysique et théologique, traque des indices, des traces: la marque du sacré dans des textes ou des arguments qui se prétendent uniquement rationnels. Avec la rigueur du logicien, mais aussi la passion du polémiste, Jean-Pierre Dupuy réveille les esprits empêtrés dans leur idéologie. La catastrophe (écologique, nucléaire, nano-bio-technologique...) a commencé, mais notre refus du religieux nous empêche de la voir. Seule une perspective apocalyptique nous permet de comprendre que c'est le sacré qui nous a constitués. La désacralisation du monde nous apparaît ainsi pour ce qu'elle est: un processus inouï qui peut nous laisser sans protection face à notre violence, mais qui peut également déboucher sur un monde où la raison ne serait plus l'ennemie de la foi. Autobiographie intellectuelle, mais aussi analyse lucide des détraquements en cours, qui tous s'enracinent dans notre refus de voir le pire, ce livre s'ouvre par une interprétation de la panique financière de 2008; il se poursuit par une démystification des grandes formes de la rationalité moderne, incapables de gérer ce sacré qu'elles refoulent; il se clôt enfin, dans une mise en abyme vertigineuse, sur une méditation autour de Vertigo, le chef-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock. Biographie de l'auteur Jean-Pierre Dupuy, ancien professeur à l'Ecole polytechnique, enseigne à l'Université Stanford. Il est notamment l'auteur de: L'Enfer des choses; René Girard et la logique de l'économie (avec Paul Dumouchel, 1979); Le Sacrifice et l'envie (1992); Pour un catastrophisme éclairé (2002); La Panique (2003); Petite métaphysique des tsunamis (2005).
Jacky Durand est journaliste et chroniqueur gourmand àLibération. Il aime le bleu de Gex, la marche en ville eten forêt, Simenon et Maxime Gorki. Quand il ne travaillepas, il écoute les conversations de bistrot. Il est l auteurde « Cuisiner, un sentiment » (Carnets Nord, 2010).