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CROIRE ET SAVOIR LES PRINCIPES DE LA CONNAISSANCE SELON NICOLAS D AUTRECOURT
GRELLARD
VRIN
41,00 €
Épuisé
EAN :9782711617357
Imaginons un pays peuplé d'aveugles de naissance qui se trouvent incapables de se déplacer sans choir dans un fossé. Les connaissances auxquelles prétendent la majorité d'entre eux se limitent au donné des quatre de leurs sens qui fonctionnent, et beaucoup sont incapables d'imaginer que d'autres connaissances sensibles soient possibles. Certains de ces aveugles cependant feront peut-être l'hypothèse qu'il existe des principes permettant de rectifier le donné sensible et d'élargir nos connaissances. Sans doute, aucune évidence sensible ne fonde cette hypothèse qui n'est qu'une croyance. Mais c'est le rôle du philosophe d'élargir notre horizon intellectuel et de chercher à transformer cette croyance en un savoir en la justifiant correctement. Selon Nicolas d'Autrécourt (ca 1298-1369), nous sommes à bien des égards dans la situation de ces aveugles, bornés par notre ignorance, et l'on doit s'efforcer d'augmenter autant que faire se peut notre connaissance des vérités cachées. Dédiant son principal traité philosophique à ceux qui veulent "chercher et reconnaître la vérité", il élabore dans cette perspective une épistémologie qui fait une large place aux "dissonances cognitives", aux connaissances dont le degré de justification épistémique est incertain, et qu'il faut chercher à améliorer jusqu'à parvenir à l'évidence et la certitude. C'est cette approche à la fois fondationaliste et faillibiliste de la connaissance que l'on se propose d'apprécier ici. On s'est efforcé à la fois de prendre en compte l'aspect nonnatif de la théorie autrécurienne de la connaissance, en reconstruisant de façon systématique les principes qui ont guidé le Lorrain; mais on a aussi voulu, dans une perspective plus généalogique, montrer d'où venait l'intérêt du philosophe pour les objets vagues et les méthodes de raisonnements informels en présentant les principaux aspects de son atomisme. Enfin, une dernière partie replace cette oeuvre dans le contexte qui était le sien en la confrontant aux thèses de Jean Buridan auquel Nicolas s'est directement affronté, alors que le XIVe siècle voit s'intensifier l'attention aux raisonnements informels et aux degrés de justification inférieurs à la seule évidence. Biographie de l'auteur Christophe Grellard est maître de conférences à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).
A l'aune de l'histoire des sciences, le statut de la philosophie naturelle du moyen âge ne laisse pas de dérouter. Entre les sciences gréco-arabes et la révolution scientifique de l'âge moderne, l'impression d'une période stérile qui, engoncée dans des certitudes dogmatiques d'un autre âge, ne pouvait qu'échouer à produire un résultat scientifique, prédomine. Afin de contrebalancer ce portrait et, dans la lignée de travaux récents, ce collectif cherche, en examinant quelques travaux philosophiques et scientifiques de la fin du moyen âge, à mettre en évidence comment le contexte institutionnel et social du bas-moyen âge a permis que se mettent en place certaines des conditions d'émergence de la révolution scientifique du XVIIe siècle. L'idée principale était que les réflexions méthodologiques jouent un rôle fondamental dans l'évolution des différentes conceptions du statut des sciences au point que l'évolution des pratiques scientifiques semblent tributaires, dans une large mesure, de ces changements théoriques. Trois lignes principales de recherche apparaissent à travers ces études. La première concerne le gain d'autonomie progressif de chaque science particulière qui constitue peu à peu son propre champ d'enquête de façon autonome, tant au niveau des outils qu'au niveau des méthodes. La deuxième tient précisément à l'évolution, voire à la réforme, des outils de connaissance. Liée à l'autonomie des sciences, et à une forme de laïcisation du savoir, apparaît le besoin de chercher des outils méthodologiques qui soient conceptuellement neutres. Enfin, dans cette perspective, une place particulière a été faite au statut des mathématiques, à la fois comme science autonome, et comme outils pour la philosophie naturelle. Ce sont ces différentes lignes d'enquête qu'ont exemplifiées les études, réunies ici, en s'appuyant sur des analyses de cas précis.
Résumé : Ce livre s'intéresse à l'action politique de Catherine de Médicis et pose la question de la place de la reine mère auprès de ses fils et de ses moyens d'action. Il examine la manière dont la prise de décision politique ou diplomatique est modelée par l'échange épistolaire.
L es Petits traités d'histoire naturelle ou Parva naturalia d'Aristote proposent, pour la première fois dans l'histoire de la philosophie occidentale, une analyse systématique des états "communs à l'âme et au corps": la sensation, la mémoire, le sommeil et les rêves, la respiration ou encore la vie et la mort. Désormais la physiologie trouve une place nécessaire et parfaitement légitime dans le cadre de l'enquête psychologique. Appliquant les grands principes formulés dans le traité De l'âme, les Parva naturalia établissent un lien nouveau, avec une précision encore inégalée dans le corpus philosophique, entre la traditionnelle et vénérable conception de l'âme comme principe de mouvement et de connaissance, et celle qui naît avec la science du vivant, cette partie de la philosophie naturelle que développe le Stagirite. Héritage considérable, aussitôt perçu comme tel dans l'Antiquité et au Moyen Age. Les lectures, commentaires, traductions et paraphrases d'Aristote témoignent d'une attention constante à ces textes et aux questions qu'ils posent, ouvrant dès lors la philosophie naturelle à de nouveaux domaines comme la médecine, la cosmologie, l'anthropologie, etc. Avec ou contre Aristote, on doit lire et commenter les Parva naturalia. Ce volume examine leur réception et leur fortune, dans la longue durée, et dévoile ainsi un aspect essentiel de l'histoire des rapports de l'âme et du corps.
Résumé : Peut-on décider de croire à la vérité d'une proposition, sans motifs, ou du moins sans motifs rationnels apparents ? Un tel acte d'adhésion peut-il procéder de la seule volonté, à l'exclusion de toute autre forme de détermination ? Ces questions sont récurrentes dans l'histoire de la philosophie. Elles ne sont pas étrangères, loin s'en faut, à la philosophie médiévale : les philosophes et théologiens d'alors, dans l'horizon de la réflexion sur le statut de la foi chrétienne, ont été amenés à examiner les modalités psychologiques de l'adhésion au dogme défendu par l'Eglise. Parmi ces théologiens, il en est un que l'historiographie a fréquemment présenté comme un partisan radical du volontarisme : Guillaume d'Ockham (1285-1347). Ce dernier étant, de surcroît, nominaliste, il était tentant de lier volontarisme et nominalisme, et de rapprocher le nominalisme des crises intellectuelles du Moyen Age tardif. L'ambition de la présente étude est de reprendre à nouveaux frais cette question, en se focalisant d'abord sur un argument de Guillaume d'Ockham en faveur d'un fondement volontaire de la foi, et sa critique par le dominicain Robert Holcot (1349). L'enjeu du débat semble davantage concerner la portée de la naturalisation des états mentaux défendue par la plupart des nominalistes. Face à cette alternative, les théologiens nominalistes postérieurs, de Pierre d'Ailly (1351-1420) à Jean Mair (1467-1550), vont chercher une voie moyenne entre volontarisme et naturalisme, et revenir à des positions plus classiques, refermant en quelque sorte cette parenthèse naturaliste. Pourtant, ce dont témoignent de façon symptomatique ces débats, c'est du renforcement de l'approche purement interne de la foi, de l'importance accordée à la conviction intime, à l'intention pure. A ce titre, ils accompagnent indubitablement les mutations de la religion chrétienne à la fin du Moyen Age.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.