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Méthodes et statut des sciences à la fin du Moyen Age
Grellard Christophe
PU SEPTENTRION
20,00 €
Épuisé
EAN :9782859398392
A l'aune de l'histoire des sciences, le statut de la philosophie naturelle du moyen âge ne laisse pas de dérouter. Entre les sciences gréco-arabes et la révolution scientifique de l'âge moderne, l'impression d'une période stérile qui, engoncée dans des certitudes dogmatiques d'un autre âge, ne pouvait qu'échouer à produire un résultat scientifique, prédomine. Afin de contrebalancer ce portrait et, dans la lignée de travaux récents, ce collectif cherche, en examinant quelques travaux philosophiques et scientifiques de la fin du moyen âge, à mettre en évidence comment le contexte institutionnel et social du bas-moyen âge a permis que se mettent en place certaines des conditions d'émergence de la révolution scientifique du XVIIe siècle. L'idée principale était que les réflexions méthodologiques jouent un rôle fondamental dans l'évolution des différentes conceptions du statut des sciences au point que l'évolution des pratiques scientifiques semblent tributaires, dans une large mesure, de ces changements théoriques. Trois lignes principales de recherche apparaissent à travers ces études. La première concerne le gain d'autonomie progressif de chaque science particulière qui constitue peu à peu son propre champ d'enquête de façon autonome, tant au niveau des outils qu'au niveau des méthodes. La deuxième tient précisément à l'évolution, voire à la réforme, des outils de connaissance. Liée à l'autonomie des sciences, et à une forme de laïcisation du savoir, apparaît le besoin de chercher des outils méthodologiques qui soient conceptuellement neutres. Enfin, dans cette perspective, une place particulière a été faite au statut des mathématiques, à la fois comme science autonome, et comme outils pour la philosophie naturelle. Ce sont ces différentes lignes d'enquête qu'ont exemplifiées les études, réunies ici, en s'appuyant sur des analyses de cas précis.
Imaginons un pays peuplé d'aveugles de naissance qui se trouvent incapables de se déplacer sans choir dans un fossé. Les connaissances auxquelles prétendent la majorité d'entre eux se limitent au donné des quatre de leurs sens qui fonctionnent, et beaucoup sont incapables d'imaginer que d'autres connaissances sensibles soient possibles. Certains de ces aveugles cependant feront peut-être l'hypothèse qu'il existe des principes permettant de rectifier le donné sensible et d'élargir nos connaissances. Sans doute, aucune évidence sensible ne fonde cette hypothèse qui n'est qu'une croyance. Mais c'est le rôle du philosophe d'élargir notre horizon intellectuel et de chercher à transformer cette croyance en un savoir en la justifiant correctement. Selon Nicolas d'Autrécourt (ca 1298-1369), nous sommes à bien des égards dans la situation de ces aveugles, bornés par notre ignorance, et l'on doit s'efforcer d'augmenter autant que faire se peut notre connaissance des vérités cachées. Dédiant son principal traité philosophique à ceux qui veulent "chercher et reconnaître la vérité", il élabore dans cette perspective une épistémologie qui fait une large place aux "dissonances cognitives", aux connaissances dont le degré de justification épistémique est incertain, et qu'il faut chercher à améliorer jusqu'à parvenir à l'évidence et la certitude. C'est cette approche à la fois fondationaliste et faillibiliste de la connaissance que l'on se propose d'apprécier ici. On s'est efforcé à la fois de prendre en compte l'aspect nonnatif de la théorie autrécurienne de la connaissance, en reconstruisant de façon systématique les principes qui ont guidé le Lorrain; mais on a aussi voulu, dans une perspective plus généalogique, montrer d'où venait l'intérêt du philosophe pour les objets vagues et les méthodes de raisonnements informels en présentant les principaux aspects de son atomisme. Enfin, une dernière partie replace cette oeuvre dans le contexte qui était le sien en la confrontant aux thèses de Jean Buridan auquel Nicolas s'est directement affronté, alors que le XIVe siècle voit s'intensifier l'attention aux raisonnements informels et aux degrés de justification inférieurs à la seule évidence. Biographie de l'auteur Christophe Grellard est maître de conférences à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).
Résumé : Peut-on décider de croire à la vérité d'une proposition, sans motifs, ou du moins sans motifs rationnels apparents ? Un tel acte d'adhésion peut-il procéder de la seule volonté, à l'exclusion de toute autre forme de détermination ? Ces questions sont récurrentes dans l'histoire de la philosophie. Elles ne sont pas étrangères, loin s'en faut, à la philosophie médiévale : les philosophes et théologiens d'alors, dans l'horizon de la réflexion sur le statut de la foi chrétienne, ont été amenés à examiner les modalités psychologiques de l'adhésion au dogme défendu par l'Eglise. Parmi ces théologiens, il en est un que l'historiographie a fréquemment présenté comme un partisan radical du volontarisme : Guillaume d'Ockham (1285-1347). Ce dernier étant, de surcroît, nominaliste, il était tentant de lier volontarisme et nominalisme, et de rapprocher le nominalisme des crises intellectuelles du Moyen Age tardif. L'ambition de la présente étude est de reprendre à nouveaux frais cette question, en se focalisant d'abord sur un argument de Guillaume d'Ockham en faveur d'un fondement volontaire de la foi, et sa critique par le dominicain Robert Holcot (1349). L'enjeu du débat semble davantage concerner la portée de la naturalisation des états mentaux défendue par la plupart des nominalistes. Face à cette alternative, les théologiens nominalistes postérieurs, de Pierre d'Ailly (1351-1420) à Jean Mair (1467-1550), vont chercher une voie moyenne entre volontarisme et naturalisme, et revenir à des positions plus classiques, refermant en quelque sorte cette parenthèse naturaliste. Pourtant, ce dont témoignent de façon symptomatique ces débats, c'est du renforcement de l'approche purement interne de la foi, de l'importance accordée à la conviction intime, à l'intention pure. A ce titre, ils accompagnent indubitablement les mutations de la religion chrétienne à la fin du Moyen Age.
Résumé : Le service implique une hiérarchie et se fonde sur une réciprocité : il revient au sujet de satisfaire et d'assister les détenteurs du pouvoir, comme aux détenteurs du pouvoir de reconnaître, d'accréditer et de récompenser le service rendu. Le service s'accompagne d'un discours mettant en exergue le dévouement voire le sacrifice, tout en demandant à être confirmé en actes. Ainsi est-il un fondement de la fidélité aux princes, doit-il être profitable à chacun, et ouvre-t-il la porte à la négociation. Comment comprendre, dans une perspective européenne et au sein de la première modernité, le service comme ce lien fondamental qui innerve tous les rapports d'autorité ? La réponse ne tient pas à une construction hiérarchique décidée du sommet mais à des interactions entrecroisées. Elle ne tient pas seulement à des éléments de discours, mais à des comportements individuels et collectifs entre les sujets et leurs dirigeants. Elle ne se limite pas aux élites sociales sur lesquelles l'historiographie a jusqu'ici concentré son attention, mais elle concerne l'ensemble des acteurs qui invoquent leur attachement indéfectible à un prince ou à une communauté quelle qu'elle soit (une République, une Eglise, une ville, etc.). Au-delà de ces rapports vécus sur un mode personnel et même charnel avec les dirigeants, le service met en concurrence les convictions politiques et religieuses. Alors que nombre d'Etats s'affirment au cours de la première modernité comme des entités autonomes, le service rendu à la personne du dirigeant et les obligations ressenties envers l'Etat, le bien commun ou l'Eglise, tendent à se dissocier, voire à entrer en conflit dans le cadre de guerres civiles et de guerres de Religion. C'est au coeur de ces périodes de déchirures que le service et la relation au service vivent une mutation décisive. C'est en leur sein que s'éclairent le plus vivement les pratiques et les conceptions politiques fondées sur le service dans ses différentes formes, dans ses actes, dans les imaginaires qu'il met en jeu, dans les négociations et les conflits qu'il suscite.
Certains prétendent ne jamais rêver, droits dans leurs bottes. D'autres rêvent éveillés tout au long de leur existence. Au-delà de la frontière qui sépare la vraie vie du leurre, il y a l'espoir. Un espoir tellement fort qu'il peut soulever des peuples, ressusciter des damnés. Et il y a le voyage pour nous transporter corps et âmes vers d'autres lueurs quelquefois salvatrices.
Nogry Sandra ; Boulc'h Laetitia ; Villemonteix Fra
Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ? C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée. Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.
L'ouvrage propose en cinq chapitres panoramiques un parcours des principales questions posées par l'oeuvre de Ponge : dans quelle mesure élabore-t-il, après Descartes et Valéry, un nouveau "discours de la méthode" ? Comment "faire oeuvre de salut public" en fondant une nouvelle rhétorique ? Que reste-t-il de "1'oeuvre" quand on exhibe ses brouillons ? Comment et pourquoi parler, si on "écrit contre les paroles" ? Une éthique de l'écriture est-elle nécessaire ? Des jalons biographiques, bibliographiques et des éléments de rhétorique complètent cet ouvrage.