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Dans les coulisses du genre : la fabrique de soi chez les Drag Kings
Greco Luca
LAMBERT-LUCAS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782359352528
Entrée en matière dans les coulisses du genre, le présent travail se penche sur les pratiques de construction et de présentation de soi des participant-e-s d'un atelier Drag King de Bruxelles. Il montre comment une approche interactionnelle et multisémiotique du genre ne peut pas faire l'économie de l'histoire individuelle et collective telle qu'elle est à la fois présente et remise en cause dans cet atelier. L'articulation de multiples dispositifs de genre issus de contextes plus ou moins éloignés dans le temps débouche sur une vision politique et polyphonique des pratiques de transformation corporelle par les Drag Kings. Cet atelier ne se situe pas uniquement dans une tradition des pratiques Drag et de travestissement qui tout à la fois les contraint et les inspire : il suscite également de futures constructions et présentations de soi qui font que de nouveaux corps, de nouveaux soi et de nouveaux langages verront bientôt le jour. Complémentaires plutôt que contradictoires, les approches théoriques mises en oeuvre (Goffman, Butler) permettent à l'auteur de prendre en compte les dimensions multiples des données recueillies — linguistiques, interactionnelles et corporelles, collectives et personnelles, quotidiennes et artistiques, historiques et politiques — dans des cadres habituellement séparés par les frontières disciplinaires. Quant à l'ethnographie polyphonique dont se réclame Luca Greco, elle lui permet de comprendre "de l'intérieur" quels procédés sont mobilisés par les Drag Kings pour construire un soi pluriel — parfois paradoxal — ainsi que la façon dont ce soi se construit et se donne .à voir comme résultat.
Juliette Gréco se livre et se souvient. Les cafés au Flore avec son ami Maurice Merleau-Ponty et les soirées en compagnie de Boris Vian; ses premiers essais au théâtre, les concerts dans des salles mythiques, de Bobino à l'Olympia, et la conquête de l'Amérique... Sans détour, elle évoque les meurtrissures de son emprisonnement à Fresnes, la déportation de sa soeur et de sa mère mais aussi les rencontres inoubliables qui changeront sa vie - Charlie Parker, Miles Davis, Prévert, Queneau, Gainsbourg, Sagan... Juliette Gréco raconte ses révoltes et ses engagements, refusant de se parodier et de s'enfermer dans le mythe. C'est une femme vivante, qui, en dépit de son goût du secret, se prête ici, avec élégance, au jeu des souvenirs.
Rapport de sexage, effet idéologique et notion de sexe en françaisClaire MichardCet article expose le cheminement d'une recherche menée depuis la fin des années 1970. La première étape a eu pour objectif l'analyse des formes linguistiques de l'idéologie sexiste dans des discours scientifiques. À partir de l'interprétation sémantique de ces formes, j'ai fait l'hypothèse qu'il était possible de les faire toutes dériver du type de relation entre notion de sexe et notion d'humain selon qu'il s'agit des objets de discours «femmes» ou «hommes». Cette hypothèse a eu pour conséquence de me faire entreprendre ensuite l'analyse critique du traitement sémantique du genre en linguistique lorsqu'il s'applique aux référents humains.À l'opposé des analyses linguistiques traditionnelles qui postulent l'autonomie de la langue par rapport aux effets mentaux des structures sociales de domination, et de la plupart de celles qui ont été menées d'un point de vue féministe, ma démarche est ancrée très explicitement dans un ensemble de recherches féministes matérialistes s'intéressant aux rapports de pouvoir concrets et à leurs effets mentaux. Mon travail, qui s'inscrit dans la critique féministe de la connaissance, se situe à l'intersection de deux perspectives: la perspective des opérations énonciatives en linguistique - en particulier les travaux d'Antoine Culioli (1990, 1999 a et b), de Catherine Fuchs et Anne-Marie Léonard (1979), de Catherine Fuchs (1982, 1994) et de Pierre Le Goffic (1981) - parce qu'elle est la moins enfermée dans une pseudo-autonomie du linguistique, tout du moins en théorie; et la perspective sociologique matérialiste des rapports de pouvoir construisant les classes de sexe, tout particulièrement les oeuvres de la sociologue Colette Guillaumin (1992, 1995) et de l'anthropologue Nicole-Claude Mathieu (1991).L'intérêt de la théorie des opérations énonciatives est d'être centrée sur la production de signification et d'inscrire le sujet énonciateur dans la langue, ce qui a pour conséquence d'annuler l'illusion de transparence du langage et de neutralité de la langue. La relation entre un énoncé et l'événement extra-linguistique (au sens large, réel ou imaginaire) auquel il réfère est vue comme toujours indirecte, médiatisée par les sujets, autrement dit, il n'y a pas d'énoncé sans point de vue sur ce qui est énoncé.Du point de vue sociologique, les recherches de Guillaumin sur l'idéologie naturaliste et celles de Mathieu sur la dissymétrie dans la conceptualisation des sexes en anthropologie ont nourri ma réflexion et m'ont apporté des éléments pertinents pour envisager le statut de l'idéologique en sémantique linguistique.L'article de Guillaumin «Pratique du pouvoir et idée de Nature», paru en 1978, dans les n° 2 et 3 de la revue Questions féministes, c'est-à-dire en plein milieu de mon travail de thèse, a été capital pour l'interprétation des phénomènes linguistiques observés. La relation sociale qui produit les sexes en tant que classes y est conceptualisée comme rapport d'appropriation physique directe du corps des femmes par les hommes, rapport de pouvoir généralisé nommé «sexage», et qui préexiste logiquement à l'appropriation individuelle dans le mariage. Voici comment est défini l'effet idéologique propre au rapport de sexage:L'effet idéologique n'est nullement une catégorie empirique autonome, il est la forme mentale que prennent certains rapports sociaux déterminés: le fait et l'effet idéologique sont les deux faces d'un même phénomène. L'une est un rapport social où des acteurs sont réduits à l'état d'unité matérielle appropriée (et non de simples porteurs de force de travail). L'autre, la face idéologico-discursive, est la construction mentale qui fait de ces mêmes acteurs des éléments de la nature: des «choses» dans la pensée elle-même. (Guillaumin, 1992, [1978]: 17)
Est-il possible d'éduquer sans autorité ? Sur quoi se fonde l'autorité d'un maître ? D'où provient-elle ? Sous quelle forme se manifeste-t-elle ? Notre époque semble avoir remis en question l'autorité, et son discrédit suscite de nombreuses interrogations, en particulier dans le champ de l'éducation, où il devient nécessaire de la penser et de l'exercer autrement. La figure du " maître ignorant " dont le philosophe Jacques Rancière retrace l'histoire, amorce une analyse qui réunit autorité et émancipation, autorité et rapport d'égalité. Il s'agit de donner une autre forme au pouvoir du maître sur l'élève pour faire une place au désir d'apprendre par soi-même. Rancière, philosophe actuel, et Jacotot, ce maître du XIXe siècle qui croyait à l'égalité des intelligences, nous proposent ainsi de réfléchir à cet intéressant paradoxe : enseigner en émancipant. Par l'examen et le questionnement de positions paradoxales, au moyen de critiques et de propositions nouvelles, ce livre envisage les différents aspects de la notion d'autorité et de la relation pédagogique. Il montre que lorsque la transmission a lieu, il se crée un lien entre les élèves et leur maître, et que s'ouvrent des espaces nouveaux de liberté.
Dans une région montagneuse et tourmentée de l'Afrique Occidentale, où le problème de la subsistance se pose de façon aiguë, une population a frappé depuis longtemps les observateurs par la hardiesse de son architecture, la qualité de son artisanat, la vitalité de ses rites et la beauté de ses manifestations culturelles. Depuis les travaux classiques de Marcel Griaule, les Dogon sont un des hauts lieux de la littérature ethnographique. Geneviève Calame-Griaule, sa fille, en renouvelle l'étude. Civilisation du verbe : le mythe même de la création y atteste le rôle primordial de la parole. Les ancêtres des hommes, êtres proches du poisson, descendus sur la terre avec "l'Arche du monde", reçoivent le miracle de la parole de Nommo, leur compagnon, lui-même fils de l'oeuf fécondé par la "parole" d'Amma. Dans ce monde créé, tout "parle". L'homme cherche son reflet dans tous les miroirs d'un univers à son image, dont chaque brin d'herbe, chaque moucheron, est porteur d'une "parole", d'un symbole. Si la réalité est ainsi comme un livre dont il faut, pour un esprit dogon, interpréter les signes et décoder le message, il est clair que ces "archives de la parole du monde" se sont constituées, au cours des siècles, selon des habitudes et des lois qui dominent la mentalité dogon. D'où une théorie et une mythologie de la parole ; d'où l'inventaire de ses rôles dans la vie amoureuse et religieuse comme dans la solution des conflits sociaux ; d'où sa place enfin parmi les autres moyens d'expression que sont la plastique et la musique. C'est toute la conscience qu'une collectivité a d'elle-même et du monde qui nous est ainsi restituée. Vaste inventaire. Patient déchiffrement. Mais cette analyse exemplaire que fait Geneviève Calame-Griaule des rapports entre le langage et une société particulière revêt alors un sens universel." (Présentation de la première édition, Paris, Gallimard, 1965) Geneviève Calame-Griaule.