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Levie et son territoire. Familles, propriétés, transmissions culturelles
Graziani Antoine-Marie
ALAIN PIAZZOLA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782364790599
Etablir une monographie sur une communauté, cest dabord travailler sur un territoire et sur la population qui lhabite. Or demblée nous découvrons que le territoire lévianais est difficile à appréhender : pendant des décennies les habitants de Levie ont partagé leur temps entre leurs habitations des poghji, au fur et à mesure de leur apparition, Figari, une partie de leur territoire qui conservait pourtant une délimitation particulière et une partie de la communauté voisine en grande partie inhabitée de Porto-Vecchio où ils résidaient sans droit. Leur territoire, les Lévianais ont pourtant décidé de le partager et ce dès le milieu du XVIII e siècle en faisant disparaître pratiquement toute propriété communale, ce qui en fait un cas particulier dans la Corse du temps. Mais ce nest pourtant pas là une victoire de la propriété privée : la propriété à Levie est lignagère, le propriétaire au fond nest que lusufruitier dun bien quil lui faudra transmettre à son ou ses héritiers. Tout dailleurs à Levie est affaire de transmission : au-delà des biens du lignage, cest bien un mode de vivre et de mourir quil convient de faire passer aux générations futures. La population lévianaise est installée dabord dans les poghji, ce que lon appellera par la suite des quartiers. Les maisons y sont "nommées" rappelant la construction habituelle en Corse casa/casata. Et les premiers noms de famille qui y apparaissent sont ceux des familles dominantes, qui se sont engagées en faveur de lEtat génois. Mais dès le début du XIX e siècle, les bergers issus généralement du Taravo transforment leurs cabanes en maisons en dur et créent un second habitat : les hameaux. Deux populations cohabitent donc sur le territoire de Levie, qui dialoguent mais ne se mélangent pas, une autre des caractéristiques lévianaise. A travers ce portrait contrasté apparaît plus que jamais limage générale dun archipel corse où ce qui rapproche les différentes communautés de lîle est contrebalancé par ce qui les différencie.
Seize études autour d'un sujet, "La Corse génoise" . Les questions posées par les organisateurs nous ont obligés à nous confronter à des questions "actuelles" . Comment la Corse s'est-elle protégée des épidémies ? Comment les présides corses géraient-ils leurs déchets ? Qu'en était-il de l'existence d'animaux dans les villes ? A nous préoccuper de nouvelles approches : si la Corse n'était pas ce "grenier à blé" vanté par l'historiographie depuis 1960 et qu'elle n'avait été conservée par Gênes que pour des raisons stratégiques, quel était le poids réel des élites locales dans son gouvernement, et notamment des notables ruraux ou urbains dans l'économie de l'île ? Si la question fiscale avait été à l'origine des révolutions de l'île, pourquoi était-elle présentée de manière sommaire par les historiens insulaires ? Et si l'île était cet espace "non-civilisé" , pour reprendre les auteurs génois du temps, comment des mutations comme la réforme tridentine avaient pu y être réalisées ?
Entre le début du XVIe siècle et les années 1620, pour s'opposer aux descentes et aux razzias des Turcs et des Barbaresques, une centaine de tours a été construite sur le littoral corse. Contrairement à une idée commune, ces tours n'avaient ni le même statut, ni la même destination et ne constituaient en rien une ligne de défense, mais davantage un poste d'observation ou de protection des villages, des cultures et des embarcations. Elles devaient par contre faire face à une menace protéiforme : un navire agissant seul quelquefois, des petites escadres le plus souvent, des flottes entières rarement. Elles étaient considérées par les autorités comme la meilleure solution possible pour essayer de résister à ce "mur de bois" que vit passer le commissaire de Bunifaziu en 1583, la construction d'une flotte s'avérant trop chère.
Résumé : " Toute l'Europe est corse ! " s'exclame Voltaire, ému, fasciné même par l'héroïsme de Pascal Paoli dont la légende, de son vivant, passionne l'Europe des Lumières. Héros de l'indépendance de la Corse, Paoli s'employa à faire de son peuple une nation et de son île un Etat, avec sa constitution (pour laquelle Jean-Jacques Rousseau proposa sa plume), son armée, sa monnaie, son Université. Né en 1725, il combattit l'occupant génois, puis les Français, et multiplia les alliances, notamment avec l'Angleterre, qui lui offrit sa protection, avant qu'il ne s'y exile pour toujours. République autonome qui inspira de nombreux pays (dont l'Amérique), puis royaume sous contrôle britannique, la Corse s'affirme alors dans un esprit d'indépendance que n'affaiblira pas son rattachement à la France en 1796. Mais parler de Paoli, c'est aussi évoquer sa rencontre avec le mémorialiste écossais Boswell qui donna aux Corses une aura de champions de la liberté et à Paoli la stature d'un héros. Parler de Paoli, c'est enfin se pencher sur le mythe paolien. De Catherine de Russie à Frédéric II, l'Europe des Lumières communie alors dans une admiration qui culminera après la défaite de Ponte Novu contre les Français. Alors, " législateur démocrate " ou " despote éclairé " ? La réalité est sans doute plus complexe, elle n'en est pas moins passionnante et fait de Paoli le "Père de la Patrie corse" en même temps qu'une figure majeure de l'histoire universelle de la Liberté.
Sartène, c'est d'abord l'histoire d'une ville particulière où une partie des maisons sont plus anciennes que les murs érigés par Gênes au milieu du XVIe siècle et qui sort du modèle traditionnel des cités-présides littoraux. Une ville qui sera aussi marquée par le sac de 1583 par Hassan Veneziano, roi d'Alger et qui connaîtra un lent développement au cours de la période génoise. Mais c'est le XVIIIe siècle qui voit la ville subir, au cours des Révolutions, plusieurs sièges, dont celui bien connu de 1800, tandis que se développe le Borgu, à l'extérieur de la cité. Mais Sartène ce ne sont pas que des murs, ce sont aussi des hommes. Les quatre familles nobles tout d'abord, les Pietri, les Susini, les Ortoli , les Rocca Serra et les Durazzoet nombre d'autres familles fixées dans cette cité au fil du temps. Sartène c'est enfin un grand territoire où se sont installés de nombreux bergers et agriculteurs dans des hameaux, jusqu'à un quart de lapopulation sartenaise au milieu du XIXe siècle. .
Une terre exotique aux moeurs archaïques, peuplée de bandits et marquée par la vendetta : c'est ainsi qu'a principalement été représentée la Sardaigne, pendant de nombreuses années, par un cinéma dit "sarde" s'inspirant des classiques de la littérature deleddienne et de certains faits divers, et le plus souvent réalisé par des non Sardes. L'image de l'île et de ses habitants a été forgée par le recours à un grand nombre de stéréotypes, parfois perçus comme outranciers par les spectateurs sardes. A la fin des années 80 apparaissent les premiers signes significatifs d'une "réappropriation" du cinéma sarde par les Sardes eux-mêmes. Progressivement (et surtout dans les années 2000), plusieurs réalisateurs proposent de nouvelles approches des représentations filmées de leur île, jusqu'à la constitution plus ou moins consciente d'un mouvement non officiel appelé "nouveau cinéma sarde" : G. Cabiddu, G. Columbu, P. Sanna, S. Mereu et E. Pau en sont les représentants. Cette étude se propose d'analyser, par le traitement des oeuvres significatives et une approche sociologique du mouvement, le phénomène collectif du "nouveau cinéma sarde" et les démarches individuelles des auteurs qui le composent, plaçant l'identité au coeur de la question.